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justice2Son cas n’est pas visiblement aussi alarmant que celui de l’autre accusée internée, mais il n’en est pas vraiment bien loin. A la barre hier jeudi 16 août 2018, l’accusé Seikou Camara, de nationalité Gambienne, a été admis à suivre les soins dans un Centre psychiatrique.

Seïkou Camara n’ira pas en prison. Se fondant sur les rapports médico- psychiatriques combinés, la Cour a estimé que son caractère impulsif causé par des troubles de schizophrénie nécessite un suivi régulier dans un centre psychiatrique. Mais de quoi l’accuse-t-on ? En effet, courant juin 2015, ayant eu vent d’une opportunité de séjour au Gabon, il l’a partagé avec son ami Gambien Saibo Drammeh. Au cours des échanges, une dispute s’est éclatée et les deux hommes en sont venus aux mains. Ayant suivi de loin la scène, Doukoure Hague, un ami Gambien, est venu les séparer, mais Seikou, par esprit de revanche, est allé chercher un couteau et a poignardé son ami. Inculpé pour meurtre, il a reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure. En dépit de son discours très peu accessible à la barre hier, l’accusé a quand même réussi  a reconnaître les  faits portés à sa charge. Le Ministère public représenté par l’avocat général Gilbert Togbonon a relevé les éléments constitutifs de l’infraction de coups mortels au regard de l’article 309 Al 4 du code pénal. Le dossier de Seikou Camara comporte 3 différents rapports médico-psychiatriques. Le premier produit par l’expert psychologue Idelvert Igue, en juin 2015, a établi que l’accusé ne souffre d’aucune affection psychologique au moment des faits. Mais l’etat de l’accusé en milieu carcéral a nécessité d’autres examens. Deux autres  rapports ont été alors faits cette fois-ci par le professeur psychiatre Grégoire Gansou. Le premier document datant de novembre 2017 a révélé, par contre, que l’accusé souffre d’une affection psychiatrique notamment la schizophrénie et l’impulsivité ; ce qui nécessité son internement. Seikou a donc été interné à l’époque. En juillet 2018, le médecin psychiatre a produit un second rapport qui a rendu compte de l’avancée notable de la santé de l’accusé au regard du suivi qui a été fait. A la barre hier, le Ministère public a pris pour appui ce second rapport concluant que l’accusé est apte à subir une mesure carcérale. Il a requis de le retenir dans les liens de coups mortels et le condamner à 10 ans de travaux forcés. Son avocat, Maître Paul Kato Atita a demandé à la cour d’écarter le premier rapport pondu selon lui par  »un non spécialiste ». Il a épluché les 2 rapports du médecin Gansou et relevé que le spécialiste a bien signalé que la maladie décelée en novembre 2017 est susceptible d’être à l’origine des faits. Il a soutenu que son client est malade et inaccessible à la peine pénale et demandé à la cour de ne pas renvoyer en prison un accusé impulsif et imprévisible, capable de tuer ses co-detenus et même les agents pénitenciers. Il a plaidé l’acquittement pur et simple au principal et la condamnation au temps déjà passé, au subsidiaire. Dans sa décision, la Cour s’est fondée sur le rapport du médecin psychiatre. Elle  a jugé de la nécessité de procéder à un suivi régulier du malade et décidé de son internement en hôpital psychiatrique pour poursuivre les soins.

HA