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justiceEn plein agape fraternel, une bagarre s’est instaurée entre amis paysans. L’accusé du mardi 31 juillet 2018 a frappé durement la victime André Lokonon qui a succombé. La Cour l’a condamné à 8 années de réclusion. L’accusé ayant déjà passé 9 ans en détention recouvre sa liberté.

C’est une tradition pour ces amis paysans du village de Gandaho à Sékou commune d’Allada, de se retrouver après les travaux champêtres autour de repas pour des instants de réjouissance. C’était de véritables moments de bonheur et de partage qu’ils ne rataient sous aucun prétexte. Ce jour 11 septembre 2009, le rendez-vous était donc pris. Le menu, comme on pouvait s’en douter, était la pâte et la sauce. Mais au cours de la dégustation, il y a eu un des amis qui a paru plus glouton que tous les autres. Sa voracité expressive lui a été sèchement reprochée par le plus âgé du groupe qui se trouve être le père de l’accusé Barthélémy. Son intervention n’a pas été bien accueillie par l’intéressé et une bagarre s’est instaurée. Celle-ci opposa les frères André, Sylvain, Norbert Lokonon aux frères Félicien et Joseph Kouyonou soutenus par Joseph Kpatinvo. Dans la foulée, Barthélémy Guifinmin qui n’a pas apprécié le mépris infligé à son géniteur s’est vengé. Il a barré le passage à André Lokonon et lui a porté des coups de manche de sa houe. Admis en urgence à l’hôpital, André a rendu l’âme le 18 septembre 2009 des suites des douleurs abdominales. A la barre mardi, l’accusé a reconnu les faits un peu comme il l’a fait à toutes les étapes de la procédure. Il a regretté l’acte, car il estime qu’il n’avait aucune intention de donner la mort à la victime qui, selon les déclarations, souffrirait d’hernies au moment des faits. Les débats n’ont pas été longs, car il n’a pas fondamentalement varié comme certains accusés. Aucun certificat médical n’a été apporté pour conforter le dossier. Au cours de sa réquisition, le Ministère public représenté par l’avocat général, Marc Robert Dadaglo a réuni les éléments constitutifs de l’infraction de coups mortels. Il a requis de retenir l’accusé dans les liens de l’accusation de coups mortels et de le condamner à 10 ans de travaux forcés. Pour la défense représentée par l’avocat, Marie-Claire Henry, il s’agit d’un pur accident. « Ces paysans ont eu la merveilleuse idée de se mettre ensemble dans le cadre d’une coopérative pour s’entraider. L’objectif de base était de faire du bien. Malheureusement, une affaire de sauce est venue tout gâchée. Une vie humaine est perdue et une autre est gâchée. L’accusé a passé 9 ans en détention pour une affaire de sauce », a-t-elle laissé entendre. Elle a plaidé la clémence et demandé à la Cour qu’elle condamne l’accusé Barthélémy Guefinmin au temps déjà passé en détention. Son appel a, sans doute été entendu par la Cour présidée par Arsène Hubert Dadjo. Elle a condamné l’accusé à 8 ans de réclusion.

 HA