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Le ministre de l’agriculture, doit penser à l’industrialisation des l’huile rouge fabriquée dans les zones rurales

L’huile de palme est  considérée comme un produit industriel depuis le règne du roi Guézo. Elle se fabrique par une grande partie des producteurs béninois  du Sud-Bénin. L’huile de palme, qui résulte d’un processus complexe de fabrication, est très commercialisée. Il y a nécessité d’en faire une filière porteuse.
Grâce à ses vertus nutritionnelles, sa culture est entrée dans les habitudes des producteurs du Mono dont ceux de Zounganmè sis dans la Commune de Lokossa. Autrefois considérée comme principale activité génératrice de revenus par ces habitants,  la production de l’huile de palme  a cessé, depuis quelques années, de croître à cause des aléas climatiques. Malgré les efforts du gouvernement et des autorités communales, cette filière peine à décoller dans cette partie du Sud-ouest du Bénin. Face à cela, les associations des productrices et producteurs  plaident pour  l’appui de l’Etat pour sa promotion. La commercialisation de l’huile de palme était jadis une activité génératrice de  revenus, contrairement à la plupart des autres activités de transformation agroalimentaire. Cette  situation avait amené plusieurs femmes  à s’y intéresser, car elle leur permettait de subvenir à leurs besoins et ceux de leurs familles. Mais depuis quelques temps, en dépit de leurs efforts, les productions  peinent à s’accroitre. Encore appelée ‘’Huile rouge’’,  l’huile de palme  est un des éléments de base de l’alimentation dans la commune de Lokossa, notamment de Zoungamè situé à 5 kilomètres du village de Ouèdèmè. Très convoitée en raison de son  arôme, l’huile de palme est  utilisée dans la préparation de nombreux aliments. En effet, à Zounganmè, la transformation artisanale des produits alimentaires est une activité dévolue aux femmes. Ces dernières développent  des savoir-faire souvent complexes et adaptés à leur situation de pauvreté. « La transformation agro-alimentaire du palmier à huile dans notre village constitue une des bases des activités génératrices de revenus pour les femmes, dont l’importance n’est plus à démontrer pour l’équilibre des budgets des ménages et l’éducation des enfants », a fait observer Firmin Agbotin, un des acteurs du secteur. A en croire ce producteur, il existe deux variétés d’huile de palme qui résultent de sa transformation. Il y a l’huile rouge  dénommée « Zomi » du Mono et le ‘’Kolé’’. Mais c’est l’huile de palme ‘’Zomi’’ qui est selon lui, très appréciée et convoitée. « Elle a d’ailleurs connu une certaine notoriété depuis son avènement et est  beaucoup appréciée par les habitants du village en raison de son arôme. En conséquence, elle est plus chère que les autres huiles rouges de la région, appelées ‘’kolé’’», a fait remarquer le producteur.  En fait,  vu les vertus et les qualités nutritionnelles dont elle regorge, la production du ‘’Zomi’’ est soumise à certaines contraintes. A la différence de l’huile rouge ‘’Kolé’’, sa fabrication est basée sur la transformation de noix fraîches  cueillies au moins 3 jours plus tôt. A en croire des femmes productrices,  le procédé de production est très pénible et comporte de nombreuses phases. Il y a selon elles,  l’égrappage des noix des régimes de palme. Ensuite, il y a la cuisson et le dépulpage des noix par foulage au pied dans un bassin fabriqué à l’    aide du bois ou avec des briques. Au cours de cette étape qui est plus ou moins pénible, la fabricante a indiqué qu’elle y ajoute de l’eau et malaxe les noix de palme jusqu’à la séparation de l’huile des fibres. « Après cette étape, il faut séparer les amandes des noix à travers le procédé de filtrage à l’aide de passoire. Ensuite, nous procédons à la séparation de l’huile et de l’eau  », a fait savoir Colette Agbangounsi, membre d’une association productrice de l’huile rouge. Après cela vient l’étape décisive. A ce niveau, la productrice Colette Agbangounsi a déclaré qu’elle procède à la cuisson de l’huile dans un tonneau jusqu’à évaporation complète de l’eau, et séparation des fibres résiduelles par filtrage. « A ce point, on obtient l’huile standard nommé Kolé. Mais pour avoir le Zomi, il faut prolonger la cuisson de l’huile. A un moment donné, on y ajoute du ‘’kakalinfiofio’’ aux lipides bouillantes. La réaction dégage un arome typique. Parfois, on y ajoute un peu d’eau aussi. Et on a toujours la même réaction», a-t-elle ajouté. A la fin de la cuisson, les bonnes dames enlèvent le produit du feu, le mettent dans une ou plusieurs bassines et le laissent se refroidir. « Ce n’est qu’après cette étape que nous l’embouteillons pour le mettre sur le marché », a-t-elle confié.
Difficultés et solutions de la transformation de l’huile rouge
Comme toute activité, la transformation de l’huile de palme n’est pas sans difficultés. La première est la non-disponibilité  des noix de palme en toute saison. Car, à en croire les transformatrices, il est difficile de trouver le produit en tout temps. Le deuxième problème auquel sont confrontées les femmes transformatrices se résume au malaxage et défibrage des noix de palme, qui s’effectue par ‘’foulage’’ et ‘’piétinage’’. Cette étape constitue un véritable goulot d’étranglement pour les transformatrices en raison de sa pénibilité. En période d’abondance de noix qui se situe entre décembre et avril, la lenteur enregistrée dans cette opération ne permet pas de traiter les noix de palme dans les temps nécessaires pour produire l’huile ‘’Zomi’’. A cause de cette difficulté, les productrices ne fabriquent que l’huile Kolè qui est moins  appréciée par les consommateurs. Outre cette difficulté, de nombreux jeunes qui déploient leurs forces aux côtés des bonnes dames pour la transformation de l’huile de palme préfèrent s’adonner à d’autres activités plus rémunérées et moins pénibles. « Bien que le produit se conserve sur plusieurs mois, les productrices n’ont pas les capacités techniques et financières de produire et de stocker de l’huile pour approvisionner le marché durant toute l’année. L’huile Zomi est vendue en vrac dans des bidons de 25 litres, ou dans des bouteilles en plastique recyclées de 1,5 litre. Ce type d’emballage ne correspond pas aux besoins des nouveaux circuits de distribution. Aussi, l’huile Zomi n’est-elle pas présente dans les supermarchés et les boutiques de grandes villes », a-t-elle déploré. Face à ces difficultés, les associations des productrices de l’huile de palme appellent les dirigeants à promouvoir le palmier. Ainsi, l’industrialisation de ce produit va selon elles, rendre  les opérations de transformation de l’huile de palme plus rapides et plus rentables.

Claude Ahovè

(Br Mono-Couffo)