Spread the love

justiceLe 19e dossier soumis à l’appréciation de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou a porté sur le cas d’un viol sur un petit garçon de cinq ans. Philippe Quenum, l’accusé, apprenti soudeur a en effet abusé de sa victime en le sodomisant dans la brousse derrière le cimetière musulman au quartier Gomey à Ouidah. 10 ans de réclusion criminelle, c’est la sentence retenue contre lui. La composition qui a connu ce dossier était présidée par Thierry Damase Ogoubiyi avec comme assesseurs, Michel Adjaka et Raynier Florent Gnansounou. Comlan Léon Chincoun, Bernard Wotto, Ambroisine Agbossaga et Mariette Ahouansou sont les jurés. Le ministère public était représenté par Christophe Atinmankan. La défense de l’accusé a été assurée par Me Nestor Ninko. Les débats ont été consignés par Alain Ayikoué Kakpo.

 Mis sur mandat de dépôt depuis le 20 décembre 2010, il a répondu hier mardi 18 Août de son forfait devant une Cour présidée par Thierry Damase Ogoubiyi. Philippe Quenum est un multirécidiviste pour avoir reconnu violé dans sa vie trois (03) fillettes et deux (02) garçonnets dont le dernier cas est R. F.

Les faits remontent au 20 décembre 2009 aux environs de 20 heures. Ce jour là, le petit R. F., âgé de cinq (05) environ, s’amusait sur un tas de sable en compagnie de son ami prénommé Noé quand ils ont été abordés par Philippe Quenum (26 ans), apprenti soudeur qui passait. Après avoir demandé à R. F. ce qu’il voulait faire des canettes vides qu’il détenait, il l’invita à le suivre pour lui montrer un endroit où il pourra facilement vendre les boîtes. Par cette ruse, Philippe Quenum a conduit sa victime dans la brousse derrière le cimetière musulman, au quartier Gomey à Ouidah. Il déshabilla alors R. F., défit la ceinture de son propre pantalon qu’il baissa puis se mit à sodomiser le petit garçon. Sentant le bruit des pas des parents de R. F. et des voisins venir dans sa direction, Philippe Quenum habilla rapidement le garçon mais n’eut pas le temps de s’occuper de son propre pantalon avant d’être surpris par la mère de R. F. et les voisins.

A la barre, hier, l’accusé Philippe Quenum a reconnu tous les faits qui sont mis à sa charge. Il a raconté à la Cour comment les faits se sont passés, décrivant la scène dans toutes ses étapes. Il dit avoir pénétré le petit par l’anus avant d’être surpris nu. Il a déclaré que le petit R. F. a poussé des cris pendant l’acte, mais qu’il n’a pas constaté de saignement. Tout en ignorant les raisons qui l’attirent par les enfants, l’accusé a imploré la clémence de la Cour et a pris le ferme engagement de ne plus jamais recommencer.

Le Ministère public, représenté par Christophe Atimankan, dans sa réquisition, a dit que la morale est si bafouée que les hommes sont violentés. Il rappelle que l’accusé a reconnu les faits d’attentat à la pudeur. Ensuite, il démontre que l’élément légal, l’acte d’attentat (il y a eu contact physique), la conjonction (pénétration du pénis), l’âge cinq (05) ans de l’enfant, l’élément intentionnel (le but de la volonté est atteint) et la bonne santé mentale de l’accusé au moment des faits, sont au total les éléments constitutifs de l’infraction qui rendent Philippe Quenum accessible à la peine pénale. Christophe Atimankan demande alors à la Cour de le condamner à la peine qu’il lui plaira dans un contexte de situation atténuante.

Du côté de la défense, Me Nestor Ninko a tablé l’état psychiatrique de son client. Pour lui, il est utile de procéder à un examen psychiatrique à part entière conduit par un expert. Toute chose qui n’existe pas dans le dossier alors que le premier magistrat instructeur l’a vivement demandé. « Et pourtant, l’Arrêt de relance de cet examen n’a pas été exécuté », a déploré Me Nestor Ninko dans sa plaidoirie tout en soutenant que son client est un paria, abandonné très tôt par sa mère et négligé par son père polygame. Sur cette base, Me Nestor Ninko a demandé à la Cour d’appliquer à son client l’article 64 du code pénal qui permet à l’accusé de ne pas être accessible à la peine pénale. Les parents de la victime ne se sont pas constitués en partie civile. L’enquête de moralité lui est favorable. Le rapport médico-psychiatrique et psychologique dit qu’il est en bon état de santé mentale. Pour rappel, Philippe Quenum est né vers 1983. Il est béninois et c’est sa cinquième fois de faire la prison pour viol sur filles mineures et garçon mineurs. L’accusé est un apprenti-soudeur. Il est en détention préventive depuis le 22 décembre 2009. La Cour prononçant le verdict, a déclaré Philippe Quenum coupable d’attentat à la pudeur sur le petit R. F, l’a condamné à 10 ans de réclusion criminelle et a mis à sa charge les frais de justice. Il retourne ainsi donc en prison pour environ quatre ans et quelques mois.

Léonce ADJEVI