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justice1La Cour d’assises de Parakou  a connu,  le jeudi 14 juin 2018, la comparution du nommé, Pascal N’Kouéï Kouagou, accusé de meurtre et détenu à la prison civile de Natitingou depuis 2010. Condamné à 7ans de réclusion criminelle, il a recouvré sa liberté.

Arboré d’un  gilet bleu-nuit,  Pascal N’Kouéï Kouagou, l’air visiblement fatigué,  a répondu à la convocation de la cour.  A la barre,  l’accusé, poursuivi pour meurtre, fait prévu et puni par les articles 295 et 304 du code pénal  n’a pas nié les faits mis à sa charge. Toutefois,  il a  clamé  haut et fort qu’il n’avait pas l’intention de tuer. «Il y a longtemps que le cousin de ma femme tient des relations adultérines et incestueuses avec elle et disparaît du village en même temps qu’elle à l’occasion des déplacements de celle-ci. Cependant,  je n’avais jamais l’intention de lui donner la mort. La preuve, je n’ai que mon gourdin. La mort est venue de façon incidente», a-t-il soutenu à toutes les étapes de la procédure. Mais que s’est-il réellement passé ? En effet, selon les faits,  dame N’tcha Sanga, épouse Pascal N’kouéï  Kouagou, s’est rendue chez ses parents pour y ramener des porcins dans le cadre de ses activités d’élevage. Las d’attendre le retour de son épouse après cinq jours d’absence au foyer, Pascal N’kouéï  Kouagou  a décidé, le mercredi 27 octobre 2010,  d’aller s’enquérir des motifs du retard de son retour. Une fois dans la maison des beaux parents, il a surpris dans la chambre de sa femme,  celle-ci et son cousin dont il soupçonnait des relations adultérines. Après une discussion entre les deux hommes, une bagarre s’est éclatée.  Au cours de la lutte, Pascal N’kouéï  Kouagou  a réussi à déposséder son rival de son fusil.  Avec la crosse de l’arme, il lui a asséné plusieurs coups à la tête et sur le corps jusqu’à ce qu’il s’est écroulé définitivement. Le bulletin n°1 du casier judiciaire de l’accusé est vierge même s’il a reconnu devant les membres de la Cour  qu’il avait fait deux fois la prison.  Son  rapport d’expertise médico-psychiatrique et psychologique n’a rien révélé d’anormal au moment de l’acte. Mais l’enquête de moralité ne lui est pas totalement favorable. Elle a  peint l’accusé comme  étant un consommateur invétérant de l’alcool.

 Réquisition de l’avocat général

 Lors des débats, le ministère public a fait asseoir ses réquisitions sur les dispositions de la loi. Après un retour sur les faits, l’avocat général, Nasser Linsoussi a tenté de définir à la lumière de code pénal, le chef d’accusation. Ensuite, il a relevé les  éléments fondamentaux constitutifs du meurtre. Il s’agit de l’élément matériel et l’intention. Il conclut alors que Pascal N’kouéï  Kouagou est bien le meurtrier. « Un homme  qui vient trouver son rival dans une position suspecte avec sa femme peut bien perdre son sang-froid. » a reconnu le ministère public. Ainsi, il a tenté de chercher des circonstances atténuantes au profit de l’accusé. Au terme de ses analyses, il n’a estimé que Pascal N’kouéï Kouagou à la main trempée. Alors, il a requis contre lui une peine de 10ans.            

Réaction de l’avocat conseil Maître Huguette Bokpè Gnancadja contre-attaque en soulignant que son client n’est pas un homme dangereux. « C’est un homme bon mais qui boit. C’est un défaut », a-t-elle fait remarquer.  Après avoir fondé sa plaidoirie sur les faits, elle a relevé les incohérences du dossier qui, à l’en croire, a navigué entre trois chefs d’accusation. Son client est poursuivi dans un premier temps pour assassinat, ensuite pour coups mortels et enfin pour meurtre. « Tout ceci à cause d’une erreur matérielle », a-t-elle déploré. Elle a demandé à la Cour de requalifier les faits,  car pour elle, son client n’est pas un meurtrier mais un malheureux homicidaire  qui a agi sous l’effet de l’alcool et la colère. Elle a plaidé par conséquent  la légitime défense tout en laissant le sort de son client dans les mains de la Cour. Au finish, la Cour présidée par Abdou-Moumouni Séïdou Gomina a retenu contre Pascal N’kouéï Kouagou, 07 ans de réclusion criminelle. Incarcéré depuis 2010, l’accusé a été libéré pour avoir purgé huit ans en prison. Rappelons que  Essowè Batamoussi et Firmin Amoussou étaient  les assesseurs et Marguerite Kombetto, Karimou Sobabè Assouma, Moustapha Ibraïma Gominan et Sakirou Mama Imorou les jurés.

 Zéphirin Toasségnitché

(Br Borgou-Alibori)