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ONG-SANG-9Les langues nationales béninoises telles que le Fon-gbé, le Dendi, le Adja, le Ditamari et autres, sont de nos jours de plus en plus ignorées au profit de langue française, apportée par le colonisateur. Face à ce triste constat qui porte d’une manière ou d’une autre atteinte à la culture béninoise, SANG9 à travers l’Ong Social Pact, a organisé un jeu concours hier dimanche 20 Août 2017 dans le cadre de la concrétisation de sa mission. C’était à l’hôtel Azalai de la plage à Cotonou, devant un parterre de proches, amis et personnalités.

 « Redonner vie, espoir et enthousiasme à tout ce qui semble être perdu dans le monde ». C’est l’objectif que s’est assigné SANG9. Pour ce faire, il a organisé un jeu concours dénommé « Totchémingbé», hier dimanche avec pour priorité la valorisation de nos langues nationales. En somme, sept, (07) candidats ont planché  devant un jury composé de six (06) personnes, dans trois différentes catégories que sont la catégorie Fon-gbé, celle Adja et Dendi. Pour Merveille Fatigba, fondée du pouvoir de SANG9, cette initiative vise à promouvoir la culture africaine à travers nos langues. « Le concours Totchémingbé simplement parce que aujourd’hui nous n’aimons plus nos langues. Aujourd’hui parler dans nos langues maternelles, c’est comme si nous étions des villageois. Mais en réalité nous venons d’un village et donc nous sommes des villageois. Pourquoi rejeter ses origines et on décide de franciser la langue parce que l’on veut plaire à l’autre et montrer que nous sommes des Akowé ? Sang 9 a donc eu l’idée d’organiser ce concours simplement pour valoriser notre langue. Nous n’avons pas choisi la crème des crèmes. Nous avons choisi des candidats qui ont décidé de valoriser leur langue ,qui ont voulu quand même se mettre devant un public et montrer de quoi ils sont capables » a-t-elle déclarée. Tout en exprimant toute sa joie pour l’organisation de ce concours, elle n’a pas manqué de remercier le maire de la commune d’Ifangni, André Zannou, pour son soutien indéfectible pour la tenue de l’évènement.  Par ailleurs, d’autres activités sont annoncées pour être exécutées dans les prochaines semaines, dont la 2e édition du concours parental « Jeune averti, parents responsables ». Au terme des épreuves, c’est le participant  Gauthier Zomahoun qui a décroché le premier prix dans la catégorie Adja. Dans la catégorie Dendi, c’est Eugène Assou qui a été l’heureux vainqueur. Dans la troisième et dernière catégorie (Fon), c’est Geoffroy Mahuton qui a ravi la vedette à ses concurrents. Quant aux autres candidats, ils sont repartis chacun avec une attestation. Pour les heureux gagnants, ce sont des sentiments de joie qui les animent. La cérémonie était agrémentée de prestations d’artistes.

Léonce Adjévi

Les impressions des heureux gagnants à la fin du concours

Gauthier Zomanhoun, vainqueur de la catégorie Dendi : «  Je voudrais que nous puissions élargir le concours sur d’autres langues »

« Mes impressions, elles sont bonnes. Sincèrement je félicite l’initiative, la fondée du pouvoir de  SANG9  qui  a su mettre sur pieds une telle initiative. Je voudrais  que les fois à venir, que nous puissions élargir  le concours sur d’autres horizons, d’autres langues comme le Wama, le Ditamari, afin de découvrir d’autres talents linguistiques en dehors du Dendi du Adja et du Fon-gbé. »

Géoffroy Mahuton vainqueur de la catégorie Fon-gbé : « Pour moi, le concours ne s’arrête pas là, c’est au jour le jour »

« Le concours ne s’arrête pas là. Chaque jour que Dieu fait, moi je travaille sur la langue fon-gbé. Je suis un amoureux de la langue fon-gbé et lorsqu’un architecte meurt, il laisse ses empreintes sur le mur qu’il a construit. Moi lorsque je mourrai, on verra mes empreintes dans la langue fon-gbé. Je les remercie parce que ça été une occasion  de montrer aux gens que bien que on dise que la langue française est la langue française, nous avons encore une forte raison d’introduire nos langues dans nos systèmes éducatifs, parce que lorsque vous finissez vos études, ce n’est pas le français que vous parlez aux gens de votre entourage. Non. Vous parlez unique ment le français dans l’administration mais les gens que vous servez à 95%, ce sont des gens qui ne comprenne pas français. Pour moi le concours ne s’arrête pas là, c’est au jour le jour.  Demain, c’est encore un autre concours pour moi.

Eugène Assou, vainqueur de la catégorie Adja « Je suis vraiment heureux »

 «  Je suis tellement ému de joie. Je ne m’y attendais pas du tout. A ma grande surprise, j’ai été déclaré premier dans la catégorie Adja. Je suis vraiment heureux. A travers cette initiative, je me rends compte maintenant que ce que j’avais choisi comme option linguistique n’était pas un hasard. A partir de cet instant, j’ai pris la décision de travailler sur ma langue. On ne peut pas se développer sans sa langue.

Propos recueillis par Léonce Adjévi