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Togbonon et DossaLa Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) est officiellement opérationnelle depuis hier 06 septembre 2018. Les tout premiers clients condamnés ont pour noms Boukari Mamadou, Rachidi Oguegbunam Bartholomew S. et Brice Awèkoun. Les deux premiers écopent de 20 ans de travaux forcés et le dernier de 6 mois d’emprisonnement.

Le premier accusé à la barre a nom Boukari Mamadou Rachidi. Il a été interpellé le 31 juillet 2018 dans le hall arrivé de l’aéroport de Cotonou. Il avait en sa possession un sac contenant 4 emballages de drogue d’un poids de 5.685 kg. Il écope  20 ans de travaux forcés. Le second accusé Oguegbunam Bartholomew S, a été interpellé le 20 août 2018. Il a été retrouvé chez lui, une valise de couleur marron contenant un emballage de poudre belge granuleuse de 7 kg. A la barre, l’accusé n’a pas nié les faits. Il prend tout comme le premier 20 ans de travaux forcés.  Le seul qui a pu bénéficier de la clémence de la Cour est le sieur Brice Awèkoun. Il est condamné à 6 mois d’emprisonnement. Brice a été pris en flagrant délit de détention de 40 boulettes et d’usage de chanvre indien. Ces trois accusés ne sont pas les seuls à être appelés par la Cour hier. En effet, ils sont au total 8 accusés présentés pour les crimes de trafic de drogue sur le territoire national. Parmi eux, 3 ont été convoqués pour le 20 septembre. Il s’agit du camerounais Charles Ozoekwé dont l’avocat Me Gbessèmèhlan a sollicité de la Cour du temps pour prendre connaissance du dossier. Les deux autres sont Adégbidin Ganiou et Yèkini Moutiou.  Les accusés condamnés l’ont été par référence  à l’article 96 de la loi 97-027 du 18 juillet 1997 sur le contrôle des drogues et des précurseurs.

 La Criet désormais active

  La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) siège à Porto-Novo dans le bâtiment qui abritait le ministère de la Justice et de la législation désormais transféré à Cotonou. Pour le compte de cette première audience, le président de la Criet, Président de Céans, Cyriaque Dossa était assisté de quatre accesseurs, d’un greffier et du Procureur spécial, Gilbert Togbonon. Avant l’audience, le Procureur spécial a fait visiter à ses hôtes, le tout nouveau Parquet de la Criet. De toutes les salles visitées, une retient l’attention. Il s’agit de la salle de déferrement. Selon les clarifications du magistrat, la salle de déferrement est une innovation qui porte la marque du Bénin. « Jamais par le passé aucune cour ne possède cette salle », a-t-il précisé. Son rôle, souligne-t-il, est d’écouter l’accusé devant les magistrats, les avocats, l’Officier de Police judiciaire (Opj). A l’occasion, les preuves s’il en existe sont également exhibées.

 Martin Aïhonnou

(Coll)

La drogue, premier chantier de Togbonon et Dossa

 La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) démarre sur des chapeaux de roue, avec en ligne de mire, un crime particulier: le trafic de drogue. Cette infraction complexe soumise depuis longtemps à la loi du silence sort de l’omerta et les cerveaux portés à visage découvert à la barre de la Criet. La sanction du commerce du produit défendu est confiée à des gardiens du temple. Ces juges n’inspirent pas miséricorde pour les faussaires. Désormais, quelque chose bouge de ce côté. On se souvient comme si c’était hier de ces nombreuses saisies opérées par les unités de Police, de Gendarmerie et de la Douane. Il fut un temps où des centaines de kilos de drogue en transit au Bénin avaient été interceptés et les auteurs présentés à la presse. La difficulté que l’opinion a souvent avec ces dossiers, est de ne jamais savoir l’issue encore moins les sanctions respectives infligées aux auteurs. Cet état de chose amenait dans le temps certains à se demander s’il n’y a pas des niveaux de complicité qui favorisaient l’impunité. Les plus pessimistes partent même avec la certitude selon laquelle la drogue sous nos cieux fait trembler les forts. Tout cela peut paraître exagéré mais ne manque pas de réalisme. La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) arrive certainement pour dissiper ces doutes. Avec l’inscription de nombreux dossiers de drogue à sa première audience, il semble que la Criet est venue répondre efficacement à ce besoin d’information du public. Ce qu’elle apporte de particulier est qu’elle efface définitivement l’omerta en instituant des audiences publiques à l’occasion desquelles le contradictoire va prévaloir. Il s’agit d’une innovation majeure qui permettra de suivre de façon minutieuse le dénouement de ces dossiers de drogue entourés depuis toujours d’un flou pesant. Il est aussi heureux de noter un engagement sans faille des éléments de la Police républicaine à décourager ce trafic à travers les prises répétées qui se font. Tout cela ressert l’étau autour des cerveaux de cette pègre. Il est à souhaiter une offensive plus accrue au niveau des ghettos pour décourager les petits trafiquants. L’alourdissement de la répression de ce côté pourra anéantir les circuits occultes de distribution qui alimentent certaines couches et déciment des jeunes.

HA