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Lionel Zinsou foule aux pieds les dispositions légales

Le Premier ministre, candidat à la présidentielle, refuse de démissionner de ses fonctions et de se consacrer convenablement aux préparatifs des élections. En cumulant les statuts de ministre et de candidat, il confond les biens de la République avec les siens et ce, en violation du Code électoral. L’occasion a été encore donnée le lundi 25 janvier 2016, lors de la visite médicale, de constater que Lionel Zinsou foule aux pieds les lois républicaines.

Si Lionel Zinsou n’est pas « même pipe même tabac » avec le président Yayi Boni, il serait pire que lui. Le Franco-béninois à qui le président sortant tient à faciliter la succession se fait progressivement découvrir. Contrairement aux comportements démocratiques des Français, le Béninois, qui a la meilleure connaissance de sa patrie natale, pour y avoir fait ses plus hautes études et occupé de hautes fonctions, bafoue les principes élémentaires de démocratie au pays de son père. Une telle attitude qui n’est pas celle d’un démocrate épris de paix, de justice et d’équité mérite qu’on s’y attarde. Déjà à l’occasion des dépôts de dossiers de candidature à la Commission électorale nationale autonome (Céna), il avait bénéficié d’un traitement particulier. Contrairement aux autres candidats qui étaient tenus de respecter le sens de circulation et d’occupation d’une place dans les rangs du côté sud, soit du côté de la cimenterie de Ganhi, Lionel Zinsou avait emprunté la devanture de l’intendance militaire. Ceci, après avoir été hué par la population qui protestait contre son arrivée à la Céna avec sa voiture de fonction. Hier encore, le candidat Zinsou, pour s’acquitter des obligations légales édictées au dernier point de l’article 44 de la Constitution et reprises à l’article 336 du Code électoral, a fait sa venue à bord de la voiture de service. Sur le terrain, Lionel Zinsou est en précampagne électorale avec les moyens de l’Etat. Est-ce ainsi que cela se fait dans les grandes démocraties ? Assurément pas ! En dehors du président de la République candidat à sa propre succession, qui est tacitement autorisé à faire un usage rationnel des biens de l’Etat, tout membre d’un gouvernement, pour l’équité et à défaut de démissionner, a l’obligation de n’utiliser que ses biens personnels lorsqu’il est en position de candidat. Lionel Zinsou, pour avoir méprisé les textes de la République, commence à ne plus donner raison à Me Adrien Houngbédji et tous ceux qui pensent qu’il n’est pas semblable à son mentor Yayi Boni. Car, en 2006, le candidat Yayi était allé aux élections avec ses propres moyens. Cela ne l’a pas empêché de les remporter. En 2011, en tant que candidat à sa propre succession, il avait le droit d’utiliser les biens de l’Etat. C’est vrai qu’il en avait abondamment fait usage au point de créer une nette différence avec ses concurrents. Alors,  Lionel Zinsou qui est un candidat ordinaire, refuse de montrer sa connaissance des valeurs républicaines et des idéaux de grandes démocraties. Un tel personnage mérite-t-il vraiment la confiance d’un peuple à la recherche de la consolidation de son processus démocratique ?
Jean-Claude Kouagou