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Le président Tiando a défendu son budget

Le président de la Commission électorale nationale autonome (Céna) Emmanuel Tiando a fermé hier, jeudi 24 novembre 2016, la vague des ministres et présidents d’institutions de la République qui passent devant la commission budgétaire de l’Assemblée nationale. A sa sortie, il a levé un coin de voile sur son budget d’un montant de 18 milliards dont 14 milliards affectés à une éventuelle organisation du Référendum.

Les élections coûtent trop cher au Bénin. La Céna, à elle seule, a présenté hier trois budgets devant la Représentation nationale. Jouant un rôle stratégique dans l’organisation de toutes les élections au Bénin, l’Institution que dirige Emmanuel Tiando ne manque pas de donner des soucis au gouvernement pour le financement de ses besoins. A en croire le président de la Céna, il anticipe le projet du Référendum du gouvernement de la Rupture pour préparer un budget référendaire évalué à la bagatelle somme de 14 milliards de francs Cfa. La pro-activité de la Céna sur ce volet ne manque pas de pertinence. Cependant, il est à craindre que ce budget ne soit pas intégré dans la loi des Finances 2017, pour n’avoir pas encore été examiné en conférence budgétaire de la Céna, comme le recommande la loi. Le deuxième budget dont a fait cas le président Tiando, est celui relatif à la reprise des élections locales. Cette reprise coûtera 2 milliards de francs Cfa au contribuable béninois. Quant au budget de fonctionnement de la Céna, environ 2 milliards de francs Cfa sont prévus pour payer les salaires et les matériels de bureau. La Commission des finances a prêté une oreille attentive aux différentes requêtes du président de la Céna. Reste à savoir si le Trésor a les 18 milliards de francs Cfa.

Martin Aïhonnou (Coll)

Emmanuel Tiando, président de la Céna : « Nous avons présenté 3 budgets »

«…Nous avons présenté le budget de fonctionnement de la Céna, le budget de la reprise des élections des élections locales et le budget d’un éventuel Référendum comme l’a souhaité le gouvernement. En ce qui concerne le budget de fonctionnement de la Céna, nous l’avons évalué à 1,9 milliard de FCfa. Ce budget de fonctionnement servira non seulement à couvrir les charges du personnel, mais également à améliorer le cadre de vie au sein de l’institution. Nous avons aussi soumis à l’attention de la représentation nationale, le budget des élections locales à reprendre, parce que nous avons environ 120 quartiers de villes où les élections seront reprises, et tout ceci a un coût. Cette reprise concerne une Commune et plusieurs arrondissements. Pour ces élections, il a été préconisé un montant de 2 milliards de FCfa environ. Mais, ce budget n’est pas seulement pour la Céna. Il concerne aussi les autres institutions qui sont impliquées dans l’organisation des élections au Bénin à savoir la Cour suprême, la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), le ministère de l’intérieur et de la sécurité et d’autres institutions. Dans ce budget de 2 milliards de FCfa environ,  la Céna n’a que 899 millions environ pour organiser la reprise des élections. Le troisième budget que nous avons présenté aux députés, c’est celui de l’organisation éventuelle du Référendum. Nous avons voulu être proactifs, parce que le gouvernement a annoncé l’organisation d’un Référendum. Nous devons prendre nos dispositions en tant que structure organisatrice des élections et c’est ce que nous avons fait en soumettant un budget de 14 milliards de FCfa. Là encore, ce n’est pas un budget qui concerne seulement la Céna. Il s’agit d’un budget qui résulte de la collecte de toutes les propositions qui ont été faites par les différentes institutions impliquées dans l’organisation des élections. Je dois préciser que ces deux budgets n’ont pas encore fait l’objet de  conférence budgétaire,  parce que le Code électoral prescrit que chaque année, avant le vote du budget, on prévoit une session budgétaire consacrée à la discussion des budgets des élections. Nous n’avons pas encore eu cette séance de travail avec le ministère de l’économie et des finances… Ce sont des propositions que nous avons faites en espérant que lors des discussions, nous pourrions nous accorder sur ces montants. Nous ne pouvions pas venir discuter du budget à l’Assemblée nationale sans évoquer les problèmes que nous rencontrons dans le fonctionnement au quotidien de la Céna. Je n’ai pas besoin de faire étalage de tous ces problèmes ici. Il suffit que vous veniez vous-mêmes à la Céna pour constater que le premier problème qui se pose à nous et de façon cruciale, c’est la question du siège de la Céna. Nous sommes situés à un endroit qui n’est pas conforme aux conditions qu’il faut pour qu’il y ait de la réflexion, de la sérénité et du calme. Nous avons aussi des problèmes au niveau de la mise à disposition du matériel informatique et d’équipement des bureaux. Si nous n’avons pas par exemple du matériel informatique, nous ne pourrons pas traiter les dossiers de candidature et les résultats qu’on aurait collectés au cours des élections… »

Propos recueillis par M A