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segub-saMurmures modérées et agitations incessantes dans l’enceinte du Tribunal de première instance de Cotonou durant la nuit du mercredi 16 à hier jeudi 17 novembre lors de la présentation des mis en cause dans l’affaire Segub. Accusés et leurs proches, curieux des affaires judiciaires, avocats et juges, tous ont dû faire preuve de patience et d’endurance pour voir le verdict prononcé peu avant l’aube.

Juge d’instruction puis juge des libertés et de la détention. C’est le circuit rigoureusement suivi par chaque mis en cause sous les regards impatients d’une foule faite de proches des accusés et de curieux. Interdite d’accès dans les salles d’audience, la foule s’était répandue dans la cour du Tribunal de première instance de Cotonou. « Au début, nous étions à l’intérieur. Mais ils nous ont fait sortir. Je pense que c’est pour limiter les diffusions indélicates sur les réseaux sociaux », tente d’expliquer un usager dont les traits traduisent sa fatigue. Ici et là, des groupuscules, dans un esprit solidaire, s’entretenaient délicatement et, à en juger à leur aspect, semblaient s’apitoyer sur le sort des accusés. D’autres, apparemment plus affairés et moins stressés, se sont constitués en avocats et juges, mimant à l’extérieur le spectacle combien nourri, des plaidoiries se déroulant à l’intérieur des salles d’audience. Jusqu’à 2h du matin, rien à signaler. Seul le ballet des avocats, parés de leurs toges noires, entrant et sortant, allant et venant, laissait croire en l’évolution des auditions. Vers 3h, fatigue généralisée. La foule a perdu toute sa vigueur : d’aucuns assis, qui debout mais adossés, qui carrément couchés. Plus de débats. Les rares yeux encore ouverts, peinaient à se fixer. Les avocats, eux-mêmes, semblaient las et leurs allées-venues se faisaient plus réguliers. A en juger à leurs pas, on eût dit que leurs toges leur pesaient. « Nous sommes là, à 3h et quart, fatigués, dans le cadre d’une procédure, certes sur des fonds légitimes de lutte contre l’impunité et le gaspillage des ressources publiques, mais qui malheureusement juridiquement et judiciairement correspond à ce que je qualifie de canular judiciaire », confie Me Alain Orounla, lucide malgré la lassitude. Vers 4h, la sirène retentit, il faut retourner en salle d’audience. Les avocats disparaissent pendant que la foule replonge dans l’impatience. Peu avant 6h, la longue attente connait enfin son issue. Le verdict est prononcé. Des libérés placés sous contrôle judiciaire, des mandats de dépôt, des prorogations de garde à vue… Chaque mis en cause est provisoirement situé sur son sort. La foule se retire à petit coups. C’est la fin du haricot qui aura pris toute la nuit pour cuire.

APA