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Pamphile-Zomahoun
Le Dsld, Pamphile Zomahoun a du pain sur la planche

La Direction des services de liaison et de la documentation (Dlsd), communément appelée « Service des renseignements » est malade. Elle a, visiblement, perdu ses vraies attributions et se retrouve de nos jours, dans la rue, sur toutes les lèvres et à la portée des chômeurs. Les regards sont  désormais tournés vers Pamphile Zomahoun, nouveau patron, pour restaurer l’image de la Dsld.

A quoi ressemble aujourd’hui la Dlsd ?  Pour l’opinion publique, les services de renseignements de la Présidence de la République jouent essentiellement trois rôles depuis quelques années. Jusqu’en avril dernier, elle se limite à la communication autour des actions du chef de l’Etat ; à la propagande ; aux campagnes d’intoxication et à la filature des opposants. Et jusqu’à l’avènement du régime actuel, les agents de renseignements sont bien connus et se promènent partout, comme tel. Il y en a qui vont jusqu’à se présenter comme étant des agents de renseignements. Ils sont nombreux à se faire aider dans la rédaction des fiches adressées à qui de droit dans les bars et buvettes. Il y en a  même qui sont des conducteurs de taxi-moto reconvertis et qui se bombent le torse devant leurs anciens collègues comme étant devenus agent  des renseignements.

Beaucoup de militants et amis politiques ont été récompensés par des recrutements ponctuels au service des renseignements. Le petit palais n’a plus rien de mythique. Il est connu aujourd’hui de tous. Ce n’est plus là où on voyait sans savoir ceux-ci qui s’y trouvent et ce qu’on y fait. Même un simple écolier est aujourd’hui en mesure de vous conduire à la Dsld, puisque son papa y travaille et l’y amène. C’est une maison qui a un guichet très actif. Tous les vendredis, il y a une longue file de partenaires. Ils viennent émarger pour service rendu. Des responsables d’organes de presse y allaient régulièrement. Certains ont même délégué leurs distributeurs ou coursiers pour aller émarger en leur nom. Et puisque des journalistes sont devenus réguliers au petit palais, certains agents de renseignements ont aussi pris d’assaut les lieux habituels où se déroulent des activités souvent couverts par la presse. Ils couvrent, s’inscrivent et émargent au même titre que les journalistes. Parfois, ils sont surpris…

Bref, le service de renseignement a perdu son crédit. Il semble qu’on y fait plus d’investigation. Mais il est devenu le siège de fabrication de rumeurs tendant à détruire l’adversaire politique.

Zomahoun a du travail

L’actuel directeur de ce service n’est certainement pas un ignorant des maux qui minent sa maison. En dehors d’une réorganisation qui s’impose au niveau de ce service, Pamphile Zomahoun doit travailler à mettre sur pied une équipe dynamique, discrète et efficace pour lui permettre de jouer effectivement son rôle. Que ce soit à la direction ou au niveau des départements, les services de renseignement doivent redevenir un outil efficace qui renseigne effectivement qui de droit et qui collabore en toute discrétion avec les autres structures de l’Etat.

L’actuel patron des renseignements a pour défi de déployer sur le terrain des collaborateurs qui connaissent l’importance de leur mission. Il doit faire en sorte que les agents de renseignement ne se comportent plus comme des journalistes qu’on appelle au niveau des Mairies, préfectures et autres pour venir couvrir des activités. L’autre défi à relever, est celui des conditions de travail. Les moyens nécessaires doivent être mis à la disposition des agents afin qu’ils ne soient pas obligés de faire des arrangements et négociations sur le terrain avant de survivre. Pamphile Zomahoun doit plaider afin que l’Etat mette les moyens adéquats à sa disposition au profit de son équipe pour lui permettre de remodeler la Dsld. La situation du personnel civile doit être réglée. Les différents clans qui existent dans la maison doivent disparaître et la discipline doit prendre le dessus. Au besoin, il faut réduire le nombre de collaborateurs souvent désœuvrés qui vont humer l’air à longueur de journée sous les arbres et qui s’érigent en donneurs de leçons dans les lieux de regroupements publics. Le volet formation et recyclage au profit des agents doit aussi faire partie des urgences de Pamphile Zomahoun.

Certes, on ne peut rêver tout de suite d’avoir une Dsld à la taille de la Cia ou du Fbi, mais il est possible d’avoir un service de renseignement proactif qui s’occupe moins des querelles politiques au sommet de l’Etat.

FF