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La présidence du Cos-Lépi convoitée par les camps Yayi et Houngbédji

La bataille pour la présidence du Cos-Lépi ne tardera pas à laisser place à un duel entre le chef de l’Etat, Yayi Boni et le président de l’Assemblée nationale, Adrien Houngbédji. Qui l’emportera ?

Aussitôt, après leur installation hier mercredi par la Cour constitutionnelle en qualité de membres du Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos-Lépi), ils ont déjà la tête à l’élection du bureau. Les onze membres siégeant à savoir neuf députés à raison de cinq de la majorité parlementaire, quatre de l’opposition parlementaire et deux techniciens plus précisément le Directeur général de l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae), Alexandre Biaou et le Directeur du service national de l’état civil, Joseph Konti, devront élire en leur sein, un président, un vice-président et un rapporteur. Ces élections sont considérées comme un élément déterminant dans la suite du processus devant conduire le pays jusqu’aux consultations présidentielles. Devront s’affronter comme c’était le cas lors de l’élection du président de l’Assemblée nationale, deux camps à travers lesquels on voit les deux premières personnalités de l’Etat. D’un côté, l’opposition parlementaire avec ses quatre membres proches du président de la République Yayi Boni, et de l’autre, la majorité parlementaire composée de cinq députés et dirigée par Adrien Houngbédji. Ce n’est pas tout : il y a aussi les deux techniciens considérés comme des pions du régime. Contrairement aux personnalités composant les deux premiers groupes, ils n’entrent pas dans les plans de celui à qui ils doivent leur désignation. Mais ils ont toujours pesé dans la balance en permettant au camp du président de la République qui incarne aujourd’hui l’opposition parlementaire   de s’emparer de la présidence du Cos-Lépi. Selon les pronostics, le prochain président du Cos-Lépi sera un produit fabriqué made in Yayi Boni. Ce dernier pourrait être Gilbert Bangana, Abdoulaye Gounou ou Idrissou Bako. Tout, sauf Simplice Codjo. Le profil des deux premiers plairait bien au chef de l’Etat. Si l’un d’entre eux venait à être élu, cela ne gênera pas trop le bon sens. Quant à Idrissou Bako, son choix n’aidera pas à redonner une belle image à l’institution. Rien qu’à cause de ses précédentes gestions. De plus, son patronyme Bako plonge l’opinion dans un douloureux souvenir du KO des présidentielles de 2011, rendu possible par une Lépi Bako. Alors que la nouvelle Lépi sera amenée à corriger la Lépi pour les présidentielles de 2016, il faut que le pays soit conjuré à tout prix d’un scrutin de farce, surtout que Yayi Boni ne veut rien lâcher. Les dés seraient même déjà pipés.

 Conjurer le spectre de 2011

 Ce n’est pas pour autant que la majorité parlementaire va se résoudre à se plier avant l’échéance. Loin s’en faut. Adrien Houngbédji qui, accorde une grande importance à la chose, veut aller au charbon avec les représentants de son camp. L’opposition parlementaire en proie à ses propres dissensions risque de laisser des fissures dans son mur que la majorité parlementaire en infériorité numérique peut exploiter pour renverser la tendance et déjouer les pronostics. C’est sur cette hypothèse que le camp du président de l’Assemblée nationale compte pour damer le pion à Yayi Boni. Dans ce cas, Augustin Ahouanvoébla, ancien vice-président de l’Institution serait la bonne pioche pour Adrien Houngbédji. Mais attention à Louis Vlavonou, membre du Cos-Lépi finissant et très proche du ministre de l’Economie et des Finances, Komi Koutché avec qui, il pourrait conclure des accords à l’insu de son groupe. Quoiqu’on dise, les jeux sont ouverts. En dehors de la présidence, il y a la vice-présidence et le rapporteur qui, fait office d’argentier du Cos. L’article 221 stipule que : « le président et le vice-président ne doivent pas provenir de la même sensibilité politique ». En tout cas, depuis hier, les regards se sont déjà tournés vers le siège de cette institution où les choses sérieuses ne tarderont pas à commencer.

 Fidèle Nanga