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yayi-ajavon.jpg-2L’ancien maire de Parakou aura donc éventré ce qui n’était  qu’un secret de polichinelle : Sébastien Ajavon est le plan « B »  de la mouvance présidentielle. Voter donc Ajavon, c’est accorder un troisième mandat à Yayi Boni…
Dénégations et gesticulations de chefs de partis politiques, ralliés à  Sébastien Ajavon ne changeront pas la donne. L’ambition subite de l’homme de Djeffa, résulte d’un calcul cynique, depuis le sommet de l’Etat. Face à la menace Talon, il fallait trouver  une parade pour sauver les meubles. Et le nom qui est sorti du chapeau est celui de Sébastien Germain Ajavon…
 
Ni projet, ni vision
 
De grosses révélations sont attendues par rapport à cette grossière mascarade, qu’est la candidature de Sébastien Ajavon. Et elles proviendront, à coup sûr, de la mouvance présidentielle. Car ceux qui ont été mandatés pour    « démarcher » Sébastien Ajavon sont connus. Certains d’entre eux, désormais en rébellion ouverte, menacent en sourdine. Et leur message est très bien décrypté par qui de droit… Au cas où… ils parleront. Pourtant, il y’a longtemps que le « secret est dehors ».D’ailleurs, le long marchandage  ayant abouti à cette candidature est révélatrice des non-dits qu’elle porte. Il a démarré par la longue série de suscitations de la candidature, de celui là même qui avait affirmé urbi et orbi, qu’il ne fera jamais et au grand jamais la politique. Alors que la vague Talon  déferlait sur nos villes et campagnes, le nom de Sébastien Ajavon a d’abord été timidement murmuré, avant qu’une armée  de « démarcheurs nocturnes » ne s’en saisissent. On remarquera qu’après de nombreuses semaines de suscitations «spontanées », relayées à souhait par les médias et même par…la télévision nationale (Talon y est interdit d’antenne), une crainte s’était emparée de la troupe. Le candidat Ajavon répondra-t-il favorablement aux différentes sollicitations ? D’où la phase 2 enclenchée dans cette opération, et qui consistait à supplier le candidat pour qu’il accepte la « mission ». « Ajavon hurlait-on, doit dire « oui » à l’appel de son peuple ». «Il ne doit pas trahir les espoirs placés en lui »…etc. Mais qui donc a placé cet espoir en lui, et à quelles fins ? Comme si une ambition présidentielle n’est pas d’abord un acte volontaire, résultant d’une décision, personnellement et longuement mûrie. Mitterrand disait qu’une « élection présidentielle, c’est d’abord la rencontre d’un homme avec un peuple ».Mais l’homme en question, était préparé à tout sauf à aller à la rencontre de son peuple. D’où ses hésitations et ses appréhensions. Puisqu’il n’avait ni projet, ni vision, pour la nation. Mais au nom d’intérêts occultes, on l’a forcé à se jeter à l’eau. Lui qui avouait à qui voulait l’entendre qu’il ne savait pas  nager…
 
Ajavon roule pour Yayi
 
Cela saute aux yeux. Le seul projet politique de Sébastien Ajavon se résume à…Patrice  Talon. Il  est candidat, donc je le serai aussi. Je le serai non pas seulement pour mon égo, mais aussi et surtout pour servir de « pneu secours » et de bouclier, à mon  « partenaire ». Quitte à briser les rêves de rupture au sommet de l’Etat nourris par l’immense majorité des Béninois. Curieuse candidature que celle de cet homme d’affaires, grossièrement déguisé pour les besoins d’une cause et surtout d’un homme… Conséquence, il compense la pauvreté de son argumentaire, par la distribution de billets de banque. Avec donc  des millions   généreusement distillés, «Séba »  s’est offert des micro-partis politiques, et surtout, ce que la classe politique nationale compte de « marchands » d’illusions, et  d’aventuriers sans foi ni loi, sans feu ni lieu. Bien entendu, ce genre de ralliements politiques, ne sauraient accoucher d’un programme ou d’une vision politique. C’est ainsi qu’à la grande messe d’investiture du candidat au stade de l’Amitié, et face à ses « ralliés » alignés en rang d’oignons, Ajavon, n’a pu dévoiler une seule ligne de son projet pour le Bénin. Mais reconnaissons qu’il a distribué beaucoup de pain et de l’eau, avant de se contenter  du « oui, je suis votre candidat ; oui je peux faire le job… »Malheureusement pour lui, ce « job » qui engage le destin de dix millions de ses compatriotes, a ses contraintes et ses exigences. On y vient pas comme dans un marché aux …poissons. On s’y prépare longuement à l’avance, car toute improvisation en la matière, se paye cash. Pour preuve, cet épisode du dépôt de dossier du candidat Ajavon, à la Commission électorale nationale autonome (Céna).Elle ferait franchement rigoler, s’il n’engageait pas le devenir de toute une nation. En effet, le dossier du célèbre et célébré candidat Ajavon a été rejeté pour défaut d’attestation de… résidence ! Tout de même. Ce genre d’erreur, pour une ambition de cette hauteur, est inqualifiable. Elle est surtout la preuve manifeste de l’impréparation et de l’improvisation. Dire que ce dossier a été porté dans les locaux de la Cena, par deux  pseudo « dinosaures »  de notre classe politique ! Apparemment, ils se sont juste contentés d’acheminer le dossier, sur ordre de leur nouveau mentor, sans en vérifier  le contenu. Preuve que l’argent ne garantit pas toujours la qualité ! Ajavon roule pour Yayi, et Yayi roule pour Ajavon. Cette révélation provient d’un « baron » de la mouvance présidentielle, et pas des moindres. Aux électeurs,  et à tous les partisans de la rupture totale avec dix années d’errance et de gabegies, de se rendre à  cette évidence.
 
Ben Adéwalé