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Yayi, Holo et Tiando complotent contre le peuple

Le Bénin a depuis un moment fonctionné dans une illégalité pour ce qui est de l’organisation des élections. L’année 2011 était une grande épreuve pour les textes. 2016 n’en sera pas du tout épargnée. Si par le passé, on peut justifier le fait, par la disponibilité tardive de la liste électorale informatisée, cette fois-ci, on semble agir consciemment pour arranger un camp ou un homme. La Cour constitutionnelle qui devrait corriger le tir est déjà mal partie.

Le premier artisan de la violation des textes, c’est bien entendu le Chef de l’Etat Yayi Boni. On devrait en principe, être surpris de ce qu’il en soit l’instigateur, mais les faits nous convainquent à l’attester. En effet, c’est en plein processus électoral pour les législatives que le Chef de l’Etat, alors même qu’aucune disposition légale ne l’y obligeait, a convoqué le corps électoral pour le 28 février 2016. L’acte a provoqué la stupeur dans le temps. Tout le monde savait que ceci ne répondait à aucune norme. Mais le Chef de l’Etat, en agissant ainsi, venait donc, dans l’indifférence totale, de violer l’article 68 du code électoral qui stipule que « Le corps électoral est convoqué par le Président de la République par décret pris en conseil des ministres quatre-vingt dix (90) jours avant la fin du mandat en cours ». Mais, au-delà d’une simple violation, la suite de l’événement va permettre de comprendre qu’il s’agit d’une vraie machine de violation successive des textes qui a été mise en branle et qui devra aboutir à la décision à polémique de la Cour constitutionnelle du 16 juillet 2015. En effet, après la décision du Chef de l’Etat de convoquer le corps électoral pour le 28 février 2016, la Céna, organe en charge de l’organisation des élections, a sorti un calendrier et des dates d’une curiosité rare. En effet, la commission a fixé le dépôt des dossiers de candidatures dans la période allant du 9 au 12 janvier 2016 ; soit moins de 45 jours à partir de la date du scrutin sur la base de l’article 339 du Code électoral. La Céna ne s’est pas donnée de marge de manœuvre. Car l’article 339 dit « 45 jours au moins ». Pourtant, les textes sont clairs. L’article 44 du code électoral a prévu que : « la déclaration de candidature est déposée 45 jours avant la date fixée pour le démarrage de la campagne électorale à la Céna ». La Céna a fixé la campagne électorale au 12 février 2016 ; ce qui, logiquement, si l’on doit décompter 45 jours, amène à admettre que le dépôt de candidatures doit forcément prendre fin le 30 décembre 2015. Mais la Céna est restée dans la marge du 9 au 12 janvier. Ceci n’a pas surpris outre mesure l’opinion. La commission était dans sa logique. En effet, en prenant la peine de violer le délai légal de 45 jours, la Céna a réussi à fixé le délai de dépôt en janvier. C’était, du coup en parfaite intelligence avec la décision de la décision Dcc 15-156 du 16 juillet 2015 rendue par la Cour Constitutionnelle. En rendant cette décision qui pose problème avec l’article 44 de la constitution, elle a joué sa partition dans un plan machiavélique dont Yayi Boni est le principal cerveau. Il faut être vraiment éveillé pour comprendre le détour de Yayi et de sa troupe. Tout le monde a été pratiquement pris à contrepied par cette manœuvre d’une ingéniosité incroyable. La Cour a rendu sa décision et porte entorse à la loi fondamentale. Du coup, elle décide que toute personne, fût-elle candidate, âgée de 39 ans en 2015 aura 40 ans à partir du 1er janvier 2016 même si elle est née le 31 décembre 1976. Le dépôt légal au 30 décembre 2015 ne remplirait pas les conditions pour la réalisation du plan secret de satisfaire un homme au mépris de la loi. L’escalade juridique a été machinale.

 Abdourhamane Touré