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Karim Chabi Sika a été formel. La Lépi n’est pas une garantie. Si la classe politique dort sur ses lauriers en comptant sur la Lépi, le K.o sera évident en février 2016. Le député n’a pas voulu s’entourer de formalisme. «La Lépi, je vous en prie, c’est une diversion. Si vous vous accrochez à la Lépi, vous allez être encore dribblés », a-t-il fait savoir. Il a été appuyé par le ministre Abraham Zinzindohoué qui a également conclu à la fraude à travers la délivrance de nouvelles cartes d’électeur. Le Bénin, affirment les deux personnalités, n’est pas sorti de l’auberge. La fraude électorale est encore prégnante et le camp adverse compte sur cela pour faire le KO. C’est d’ailleurs ce qui justifie son assurance, avertissent-ils. La seule panacée, c’est la veille citoyenne avant, pendant et après les élections. La classe politique, la société civile et les citoyens seront donc invités à barrer la route à la fraude, retient la conférence la conférence.

Chabi Sika a eu raison de ses collègues du Cos-Lépi

Karim Chabi Sika : « La Lépi, le bourrage des urnes, ce sont les secrets du Ko »

«Je publie un ouvrage dans deux semaines sur la Lépi. La Lépi, je vous en prie, c’est une diversion. Si vous vous accrochez à la Lépi, vous allez être encore dribblés. Le Ko va se faire parce que la réalité de la Lépi c’est en dehors de la Lépi et j’ai fait la démonstration. Ce qui nous attend, c’est deux choses. C’est le bourrage des urnes, c’est la falsification des résultats des urnes. Ce sont les deux fondamentaux qui conduisent au KO. Restez vigilants. Qu’est-ce qui va nous arriver ? J’entends, on dit qu’on va communiquer les résultats à la Cena. C’est de la haute fraude. Madame Hélène Aholou Kêkê est présente ici. Le président Mathurin est présent. Le code électoral est clair. La Cena ne veut pas appliquer de code électoral, c’est le secret du KO. Lisez l’article 103 du code électoral. Lisez-le 1 fois, 2 fois. Si vous lisez 10 fois et que vous ne comprenez pas, je vous laisse mon contact. Le code est clair. La démarche est simple. Il y aura 546 centres de compilation de résultats, parce qu’on a 546 arrondissements. Le vote dans chaque arrondissement doit être compilé dans chaque arrondissement. C’est ce que le code dit. La Cena n’a rien à voir avec la compilation des résultats. C’est le Ko qu’ils préparent. Si vous allez dans la diversion qui consiste à dire que la Cena va amener des machines, cela n’est prévu nulle part dans le code. Le code a prévu que la Cena n’organise plus les tripatouillages des résultats. Qu’on crée 546 centres de compilation des résultats. Ils ne pourront pas organiser à la fois ce qu’ils veulent faire là sur 546 arrondissements. C’est pour cela qu’ils cherchent des machines pour contourner les coordonnateurs des arrondissements et envoyer directement. Vous verrez que le code a prévu qu’il y ait des représentants de partis dans chaque arrondissement. Les présidents des bureaux de vote doivent être là. C’est une plénière qui s’organise. Ils font d’abord systématiquement la confirmation des résultats sortis des bureaux de vote. C’est après cela que, arrondissement par arrondissement, on fait les totaux. Si vous avez une calculatrice, ce n’est pas compliqué. La loi a dit qu’on fait d’abord les résultats par quartier, par village. Ils font la compilation par village et arrondissement. Après, ils ont les résultats par village et arrondissement. Nous avons 546. Cela c’est en présence de la Presse, des observateurs et autres. C’est la transparence totale. Quand vous allez envoyer les résultats à la Céna, comment vous allez les contrôler ? C’est l’informatique. On va manipuler déjà à partir de là. Si nous n’exigeons pas, le Ko est là. Chers députés, ce que la Céna vous a dit, c’est pour vous tromper. La Céna n’a pas à compiler les résultats.  Il fait juste la somme par arrondissement. On n’a besoin d’aucun programme informatique de la Cena. Le processus est fait pour être transparent. La Céna veut contourner la loi à la présidentielle comme elle l’a fait aux communales et législatives. Cela ne se passera pas ».
Abraham Zinzindohoué : « Pourquoi de nouvelles cartes ? C’est la fraude »ABRAHAMA-ZINZINDOHOUE
« Par rapport à la fraude, quand le Président Soglo n’était plus au pouvoir, on a dit qu’il ne sera plus chef de quartier dans ce Bénin. Il a été élu maire. C’était grâce à quoi ? Grâce à la lutte anti-fraude. C’est la lutte anti-fraude qui a permis que le président Soglo devienne maire de Cotonou. Nous savons comment on s’est organisé. Si on est sûr de cette façon, c’est qu’on compte sur la fraude.  Il faut mutualiser les moyens. D’abord pour lutter pour la transparence de la campagne. On utilise les moyens de l’État, personne ne s’en émeut. On laisse faire. Il faut s’organiser. Quand un peuple se lève, on n’y peut rien contre. C’est par la transparence de la campagne qu’il faut commencer avant d’aller à la veille citoyenne le jour du vote.  Cela fait deux décennies que je parlais de la décentralisation de la proclamation des résultats. J’ai toujours dit que la centralisation à la Céna, c’est la centralisation de la fraude. Ce n’est pas d’aujourd’hui que je le dis. J’ai écrit sur cela. Le résultat le plus fiable, c’est ce qui est donné le soir du vote dans le bureau de vote. En droit commun de droit électoral, le Président du bureau de vote, c’est lui qui proclame les résultats de son bureau de vote. C’est ce résultat qui est proclamé. Ce n’est pas la Céna. Cela veut dire qu’en cas de difficultés, c’est sur tel numéro de bureau de vote que se fait le recours et l’instruction du dossier. Quand on centralise, vous ne pouvez plus rien. Quand les résultats sortent des bureaux et des centres de vote et on dit qu’on achemine, vous ne contrôlez plus rien. C’est là. On ne peut le faire qu’en mutualisant les moyens. On a dit depuis les législatives qu’on ne veut pas d’un troisième mandat direct ou indirect. Nous devons assumer l’après Yayi. Il faut mettre les forces ensemble. Il faut occuper le terrain, aussi bien durant la campagne que durant l’élection. La fraude ou tout au moins le soupçon de fraude a commencé. Le Front citoyen a sorti un communiqué où on vous parle de refaire des cartes d’électeur alors que la plupart d’entre nous, avons déjà nos cartes à cause des législatives et des communales. Pourquoi veut-on faire de nouvelles cartes ? Parce qu’à propos des cartes, il y a tous les trafics autour. Tous ceux qui ont de cartes aujourd’hui, avec la nouvelle formule, vous pouvez ne plus avoir de carte alors que vous avez déjà. La fraude a déjà commencé par là. Je m’étonne que les partis politiques, les candidats, ne se prononcent pas sur cela à fond. On dit qu’on veut transformer ces nouvelles cartes en cartes d’identité. On veut enregistrer des étrangers, des mineurs et après on vous dira qu’on n’a plus le temps. C’est là qu’il faut déjà arrêter. La structure qui va le faire, c’est l’Ant qui est sous la tutelle de la Présidence de la République. Tout est là et on ne bouge pas. Il faut bouger. Il  faut dénoncer. J’ai ma carte, pourquoi veut-on me donner de nouvelles cartes ? Pourquoi ? Il faut dénombrer les personnes qui n’ont pas de cartes et leur délivrer la carte. Maintenant, si on veut délivrer de nouvelles cartes, dans une période calme après les élections, on pourra voir. Commencez par vous lever. Si jamais on laisse faire de nouvelles cartes, le trafic va commencer. Pire, on dit que cette structure peut, en cas de force majeure, créer de bureaux de vote. C’est la fraude ».
 Le combat du nationalismesoglo2[1]
En dehors du professeur François Abiola, quel homme de valeurs intrinsèques et morales, accompagne encore la politique du président Yayi Boni ? A l’invitation de l’ancien président Nicéphore Soglo, de grands et respectables noms qui ont collaboré avec le président Yayi Boni, étaient au Chant d’oiseau de Cotonou pour une réflexion sur la situation politique nationale à 8 semaines de la présidentielle. Tous ou presque sont en train d’abandonner le chef de l’Etat. Tous sont contre son singularisme qui frise une conspiration contre le Bénin. Tous mènent le combat contre ce qu’ils appellent le néocolonialisme. L’analyse de la prise de position tranchée de ces nombreuses personnalités contre la volonté du président de la République, révèle que le combat vise à déraciner les tares d’une décennie de gestion qui a abêti les cadres. Ce regain d’intérêt spontané des acteurs de la vie publique nationale (politiques, technocrates, syndicalistes…) qui s’efforcent de se mettre ensemble,tend beaucoup plus à lutter contre le système de fraudes dont l’exécutif aura l’apanage. Il s’agit sans nul doute d’un combat de nationalisme pour contrer les velléités d’un système de gouvernance qui a érigé la perversion en méthode de gestion. Il en a résulté la violation des principes sacro-saints contenus dans le préambule de la Constitution. Il s’agit d’une part de l’opposition « à tout régime politique fondé sur l’arbitraire, la dictature, l’injustice, la corruption, la concussion, le régionalisme, le népotisme, la confiscation du pouvoir et le pouvoir personnel. » Il s’agit d’autre part, de la détermination du peuple béninois « de créer un Etat de droit et de démocratie pluraliste, dans lequel les droits fondamentaux de l’homme, les libertés publiques, la dignité de la personne humaine et la justice sont garantis, protégés et promus comme la condition nécessaire au développement véritable et harmonieux de chaque Béninois tant dans sa dimension temporelle, culturelle que spirituelle ». Mais, en dix ans de gestion, le président Yayi Boni est parvenu à instaurer un régime autocratique et totalitaire, qui fait toucher le fond,le Bénin.Et la goutte d’eau qui a fait déborder le vase est cette candidature halogène imposée sans consensus aux militants des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Ce choix personnel du président de la République, ajouté à l’utilisation abusive et permanente des moyens humains, matériels, financiers de l’Etat a fini par révolter et susciter la colère des ex caciques qui pratiquement avaient fait au chef de l’Etat un vœu de docilité.
Sos à l’international
Le frère Melchior, c’est-à-dire le professeur Albert Tévoédjrè, est résolu, du haut de son expérience, à saisir les instances internationales pour dénoncer l’inégalité des rapports de force entre les candidats à l’élection présidentielle du 28 février. Il entend écrire au président français François Hollande, certainement au système onusien ainsi que le président de la superpuissance, Barack Obama. Les propagandes électoralistes déguisées en activités gouvernementales, sous le couvert desquelles, le candidat du pouvoir utiliserait les biens de l’Etat seront dénoncées. Lionel Zinsou dont la candidature fait couler tant d’encre et de salive devrait tout de même s’inquiéter et se poser des questions. Depuis l’avènement de la Conférence nationale de février 1990 qui a ouvert la voie à la démocratie, aucune candidature à la magistrature n’a autant indigné. Aucune candidature pour briguer le fauteuil de la Marina n’a été propice à de telles contestations populaires encore moins congénitales. De là, on peut déjà se poser la question de savoir sur quoi compte Lionel Zinsou pour se faire élire lorsque, le Vice-premier ministre, François Abiola, qui devrait être le candidat naturel des Fcbe, s’efforce de ne maugréer. Sur quoi compte le candidat de Yayi Boni, quand le grand mobilisateur de l’électorat de la 8ème circonscription électorale ne le supporte pas ? Sur quoi compte le Franco-béninois quand, Désiré Adadja, Soumanou Issifou Moudjaïdou et dans une certaine mesure Karimou Chabi-Sika, considèrent sa candidature comme une insulte à leur intelligence ? Sur qui compte le fils de René, dans les départements du Borgou et de l’Alibori, partagés entre les partisans du Général Gbian Robert, Patrice Talon, Issa Salifou ? Sur qui compte l’ami de Laurent Fabius dans les départements de l’Atacora et de la Donga, où Abdoulaye Bio-Tchané a désormais une assise ? Qui est le répondant du premier ministre dans les départements du Mono et du Couffo, où le général Fernand Amoussou se bat depuis des mois pour ne pas faire piètre figure ? Pourra-t-il convaincre et rallier les militants et sympathisants du Parti du renouveau démocratique de Me Adrien Houngbédji, même si éventuellement ce dernier le cooptait ? Bien malin qui pourra répondre à ces questions.
 Jean-Claude Kouagou