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Eugène Azatassou, le coordonnateur national des Fcbe
L’avenir des Fcbe de Eugène Azatassou incertain

Le choix de Lionel Zinsou pour défendre les couleurs des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) à la prochaine élection présidentielle a, une fois de plus, révélé le mode de fonctionnement controversé qu’a toujours utilisé  le chef de l’Etat pour administrer son groupe politique. Cette fois-ci, ce modèle risque de se retourner contre lui. Autant, il suscite l’indignation, autant il s’annonce  comme le présage d’un avenir hypothéqué.

Lionel Zinsou, le chouchou des ministres français, adoubé par Yayi Boni, importé comme premier ministre et désigné comme candidat des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) n’est finalement pas le bienvenu chez les caciques durs du régime et même des militants à la base. A part les cauris badigeonnés verts, les vrais cauris refusent d’applaudir le choix du président de la République. Ils rejettent la solution Zinsou dont le projet phare baptisé « Lumière pour tous», n’est qu’une source de débouchés pour écouler un produit qui aura du mal à ravir la vedette aux lampes chinoises et nigérianes qui soulagent les populations contre les affres du délestage sauvage. Mais là n’est pas encore le débat. Beaucoup souhaitent qu’au lieu que ce soit « Lumière pour tous », qu’il parle plutôt de  «Energie pour tous». Le candidat de Yayi Boni a d’autres soucis à se faire. Sa candidature pose problème et cela ouvre une ère de révolte au sein de la famille Fcbe. Il va devoir faire face, de même que le président de la République, à des attaques très directes des caciques du régime ainsi qu’à des tirs croisés de l’opposition et d’une partie de l’opinion publique. Pour des ténors Fcbe et du régime qui crient au hold-up pour sa désignation en violation des textes, les coups-bas, les crocs en jambe, les humiliations, l’arbitraire deviennent incessants et, de plus en plus, insupportables et inadmissibles pour les militants et leurs chefs de file. Avant d’imposer Lionel Zinsou, d’abord comme   premier ministre, puis candidat  des Fcbe, Yayi Boni se comportait déjà comme un demi-dieu, donnant quasiment carte blanche à ses idées, brisait toute résistance et ne partageait réellement pas son pouvoir. Bien au contraire, il partageait avec ses ministres leurs attributions. Personne ne pouvait exprimer son désaccord. Aujourd’hui, les plus dociles collaborateurs jugent qu’il est temps de revoir cette manière  d’administrer la famille Fcbe. Cela sonne comme une révolte, un réveil tardif. On a commencé par entendre des voix autrefois dociles, exprimer leur déception et leur intention de quitter le navire Fcbe. Les prises de position de mouvements qui composaient les Fcbe ne sont que le début  d’une longue saignée inévitable pour la coalition du président de la République. Ces mouvements qui donnent de la voix pour se désolidariser du choix de Lionel Zinsou viennent de partout. En moins d’une semaine, la jeunesse Fcbe proche de certains barons du régime, dont le Vice-premier ministre  François Abiola, a  dit non au candidat des Fcbe.  Tout cela n’est que la partie visible de l’iceberg relatif aux tempêtes de plus en plus nombreuses qui commence par s’étendre à des régions qui sont considérées comme des fiefs du parti au pouvoir. De Kandi à Porto-Novo, Cotonou, Sakété, Kétou, les opposants à la candidature du premier ministre se multiplient. A travers leurs différentes sorties, ils exigent que les résultats issus des primaires soient connus de tous. Ils s’adressent à Yayi Boni en fin de mandat, mais qui est prêt à tout pour faire gagner son candidat. En clair, plus que jamais, les Fcbe sont en conflit. Et, dans ces conditions, le chef de l’Etat risque de terminer son mandat sans sa troupe derrière lui. Son joker risque d’en faire les frais.
FN