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Lionel Zinsou pour le maintien du Bénin dans la pauvreté

Dans un rapport, datant de 2013, adressé au ministre de l’Economie et des finances français, intitulé ‘’Un partenariat pour l’avenir : 15 propositions pour une nouvelle dynamique économique entre l’Afrique et la France’’, le franco-béninois Lionel Zinsou, candidat à la présidentielle de 2016 au Bénin, l’un des artisans de ladite communication, soutient le maintien du Franc Cfa, voir son élargissement aux pays limitrophes.

La zone Cfa, selon les rédacteurs de ‘’Un partenariat pour l’avenir : 15 propositions pour une nouvelle dynamique économique entre l’Afrique et la France’’, dont Lionel Zinsou, est un ‘’vecteur de croissance et un facteur d’absorption des chocs et de résilience et peut jouer un rôle d’intégration économique interrégionale plus large encore au service de la croissance africaine’’. Une affirmation politiquement correcte qui ne manque pas de heurter des susceptibilités en Afrique de l’Ouest. Les pays comme le Nigeria et le Ghana, très proches de la zone Uemoa, mais utilisant respectivement leurs propres monnaies, le naïra et le cedi n’ont rien à envier aux pays de l’Uemoa en matière de croissance économique. Ce constat oppose un démenti formel au premier pan de l’affirmation des rapporteurs défendant les intérêts de la France. Cependant, lorsqu’on soutient que la ‘’zone Cfa est un facteur d’absorption des chocs et de résilience’’, on n’est pas loin d’une certaine réalité. Mais l’aspect principal sur lequel cette affirmation tient est que, avec un franc Cfa arrimé en parité fixe à l’euro, les importations vers la zone Cfa sont comme subventionnées. Ainsi, en cas de choc économique, les agents économiques continuent par consommer les produits importés de l’Occident quasiment comme si de rien n’était. Mais en revanche, les exportations, principales pourvoyeuses de devises, sont comme frappées de nouvelles taxes en cas de chocs. Toute chose que cache cette capacité de résilience de la zone Cfa. Ainsi, sur le plan conjoncturel, les agents économiques avec une consommation majoritairement extravertie, s’en tirent en même temps que l’Occident qui vend ses produits. Mais sur le plan structurel les économies de la zone Cfa creusent le déficit de leur balance commerciale.

 Un élargissement opportuniste du Cfa à d’autres pays

 Sur tout autre plan, défendant les intérêts de la France, les rapporteurs de ‘’Un partenariat pour l’avenir : 15 propositions pour une nouvelle dynamique économique entre l’Afrique et la France’’ affirment : ‘’la « Zone Cfa » actuelle gagnerait à être élargie aux pays limitrophes, en particulier au Ghana, au Libéria et à la Sierra Leone. Le Ghana pourrait être le moteur de cet élargissement’’. Ainsi, non seulement le Cfa est une bonne monnaie, mais il faut l’élargir à d’autres pays. Une proposition qui a soigneusement évité le Nigeria. Dans leur suggestion, les alliés de Lionel Zinsou trouvent que c’est le Ghana, un pays qui n’utilise pas actuellement la bonne monnaie Cfa qui pourrait être le moteur de cet élargissement. Même la meilleure utilisatrice du Cfa qu’est la Côte d’Ivoire n’a pas été identifiée pour jouer ce rôle de leader. Pourtant, l’Uemoa fait partie d’une des meilleures unions monétaires selon les mêmes rapporteurs. Le fait qu’on n’associe pas le Nigéria à ce jeu peut s’analyser autrement. Première économie de l’Afrique, ce pays inspire crainte. Mais là où on note un certain cynisme est que le Nigeria est déjà dans un processus avancé avec les pays de l’Uemoa en vue de la création d’une monnaie unique pour l’espace Cedeao. Ainsi, peut-on soupçonner là une tentative de blocage de ce processus qui ne serait pas avantageux pour leur pays.

Plus loin dans le même rapport, afin de séduire les nouveaux arrivants dans la famille Cfa, on propose un changement de nom et on suggère la possibilité pour cette nouvelle monnaie de flotter par rapport à l’euro (… Son pilier principal pourrait être un accord de stabilité monétaire en cas de difficulté de balance des paiements tout en laissant flotter la monnaie par rapport à l’euro…). Ainsi, Lionel Zinsou et les siens reconnaissent implicitement l’une des faiblesses majeures du franc Cfa, sa parité fixe avec l’euro. Sinon, ils n’auraient pas proposé un taux de change flottant pour la nouvelle monnaie. Pourtant, dans une vie antérieure, ces messieurs ont soutenu avec forces arguments que la parité fixe est une chance, un avantage pour les économies des zones franc.

 AT