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TALON CONTREDIT LE GOUVERNEMNT
Le candidat Patrice Talon

Certains des compatriotes béninois étaient tétanisés au réveil, le mercredi 13 janvier 2016. L’annonce de l’alliance « Prd, Rb, Fcbe » a donné le tournis à plus d’uns. Pourtant l’espoir est permis, et la cause pas encore entendue.

Le scrutin du 28 février prochain n’ayant pas encore livré ses dernières vérités, on peut estimer que le jeu n’est pas encore fait.  Patrice Talon (photo) n’a  encore rien perdu. Il devrait, en homme politique averti, s’attendre au coup de massue de mardi soir : l’alliance forgée de toutes pièces pour porter Lionel Zinsou au pouvoir. Contrairement à ce que l’on peut craindre, tous les coups de massue ne font pas mal. Certains  ont  l’avantage de vous réveiller d’un sommeil profond ou comateux. Car, aujourd’hui, le magnat du coton connaît ses vrais amis. Tout est encore possible, estiment d’ailleurs plusieurs spécialistes. Certes, Lionel Zinsou dispose d’une avance mathématique. Mais, en politique, les calculs et la logique ne fonctionnent pas toujours. De plus, la présence sur la ligne de départ de Sébastien Ajavon ne va pas faciliter la donne. Mais, Patrice Talon devra mettre  en jeu « l’intelligence politique » qui a permis au peuple béninois d’éviter d’accorder  un 3ème mandat au chef de l’Etat,  en empêchant la révision de la Constitution. Pour ce faire, il faudra, dans la mesure  du possible, recoller les morceaux de l’Union fait la Nation (Un) en lambeaux. Ou de guerre lasse, en récupérer les restes. Son président,  Bruno Amoussou,  étant toujours là, il va falloir profiter de son immense expérience politique. D’autre part, le député Candide Azannaï qui a émerveillé par sa percée lors des législatives  doit, à nouveau, adapter son discours au contexte et monter au créneau. Tout en évitant toute critique raciste envers l’actuel  Premier ministre, l’on peut subtilement et facilement convaincre les populations,  et leur indiquer les risques que comporte le choix de tout candidat « Fcbe ». Car, en dernière instance, ceux qui ont le plus pâti de la mal gouvernance du régime Fcbe, ce sont les populations. Elles ont souffert dans leur chair et dans leur âme des insuffisances d’une politique mal inspirée depuis 2006.
 Faire bouger lignes et clivages
 Sur un plan beaucoup plus politique, toute proportion gardée, les 23ème et 24ème circonscriptions électorales sont presqu’acquises au magnat du coton. En face, Dakpè Sossou et les siens feront parler leur puissance  dans les 17ème et 18ème circonscriptions. Un peu plus loin, Sacca Lafia, quoiqu’on en dise, dispose toujours d’une réelle hégémonie dans son fief  Pèrèrè et alentours. Seulement une bonne partie de  la 8ème, aux mains de Rachidi Gbadamassi, reste un bastion. Il est prenable non seulement avec le travail de fourmis qu’abat le  courageux et téméraire Charles Toko, mais aussi en comptant avec les derniers revirements. Pour être plus réaliste, le « roi de l’aileron » devrait se faire une raison et laisser filer son avance au  profit de celui qui est en pôle position.  De plus,  les 19ème et 15ème circonscriptions jusque-là aux mains du Prd, n’ont pas encore dit leur dernier.  Il y en reste sûrement des déçus du « yayisme », des populations meurtries, qui voudront se venger des Fcbe et de leur échec. On devrait  tabler là-dessus pour faire bouger lignes et clivages. Quand Patrice Talon disait qu’il était prêt à aller au charbon, il n’en croyait pas si bien dire. C’est pour lui le moment de rentrer dans l’histoire, peut-être, en forçant le destin.
Wilfrid Noubadan