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Le président Léhady Soglo n’est plus en phase avec ses fiefs traditionnels

Ira-t-il, ou n’ira-t-il pas à la présidentielle de 2016 ? Le débat fait rage à la Renaissance du Bénin à propos des intentions réelles du président du parti Léhady Soglo. Entre présenter un candidat à l’interne, lui-même, et miser sur un joker en dehors du parti, le débat est de haut vol, nourri d’arguments et justifie chacune des positions qui s’entrecroisent.

Tout comme les autres formations politiques du pays, la Renaissance du Bénin est en face d’une équation à mille inconnus à résoudre : la présidentielle de 2016. Au milieu d’une multitude de positions, deux grandes tendances se dégagent : présenter un candidat à l’interne en la personne de Léhady Soglo tout en comptant sur une cohésion de façade et soutenir un candidat à l’externe avec le risque de voir des barrons préférer apporter leurs soutiens à un autre prétendant au portefeuille présidentiel. Pour les partisans de la première tendance, ne pas présenter un candidat propre à la Renaissance du Bénin consisterait à précipiter le parti au creux de la vague ou à le voir disparaître progressivement. Ce groupe estime que leur formation politique a suffisamment de militants inconditionnels répandus un peu partout sur toute l’étendue du territoire national pour permettre à leur candidat de figurer parmi les favoris. Dans les arguments, ils démontrent que certains fiefs « houézèhouè » appellent à la candidature de leur président et il va falloir que ce dernier réponde. Lorsqu’on évoque les moyens à réunir pour y arriver, ils estiment que l’argent ne fera pas défaut et que les structures sont toujours en place. L’autre tendance rejette l’idée de la candidature maison. Les raisons avancées sont nombreuses. A la date d’aujourd’hui, les militants ne s’attendent pas à voir le parti présenter son propre candidat, puisqu’aucun travail préalable n’a été fait à ce sujet. Après les élections législatives et communales, les militants sont laissés à eux-mêmes. Certains sont recrutés par les candidats qui ont le vent en poupe. Dans un tel contexte, miser sur un joker ne donnera rien, soutient cette tendance. De plus, les autres prétendants au fauteuil présidentiel n’ont pas passé leur temps à dormir comme l’a fait Léhady Soglo. Ils se sont réveillés tôt. Ceux qui souhaitent que le choix du parti soit porté sur une personnalité extérieure sont convaincus d’une chose. A  l’allure où le débat évolue, Léhady Soglo n’est plus le bienvenu dans certains fiefs traditionnels de la Rb comme Abomey et Bohicon. Des conseillers communaux en veulent à leur président qui n’a pas daigné leur apporter son soutien lors des campagnes électorales.
La base fâchée
 Une des missions envoyées par le maire de Cotonou pour rencontrer des élus à la base du parti dans le Zou a assisté à un réquisitoire contre le jeune leader. Compte rendu lui a été fait. Alors qu’il projetait de faire une descente dans cette région,  il s’est résolu à repousser l’échéance qui n’est pas encore arrivée. A vrai dire, les échos qui sont parvenus ont révélé qu’il n’est plus en odeur de sainteté avec sa base. On s’en est convaincu lors du festival de Danxomé, un évènement qui, de mémoire, a souvent connu la participation active de Léhady Soglo. Cette fois-ci, il n’est pas apparu, pendant que d’autres présidentiables ont brillé de mille couleurs de par leur présence. Aucun prétexte ne peut justifier son attitude si ce n’est pas qu’il sait qu’il sera mal accueilli. En tout cas, le président de la Rb est dépassé par les évènements. Avant qu’il ne prenne les commandes du parti en 2010, on craignait non seulement qu’il ne se retrouve face à une guerre de leadership, mais aussi qu’il ne soit en mesure d’entretenir ce qui reste encore du mythe Soglo. Ces craintes se justifient aujourd’hui. Pour ceux qui, à l’interne comme à l’externe, se disaient qu’il est temps pour  que le couple Nicéphore et Rosine Soglo transmette le témoin pour éviter au parti l’usure et des positions jugées radicales, ils doivent se rendre compte qu’aujourd’hui que les couleurs de la Rb ont pâli. Dans ces conditions, il ne peut rien espérer en se présentant à la présidentielle de février 2016. Le parti est condamné à s’aligner derrière un candidat externe. Encore que là, les positions risquent de s’achopper. Au sein  du bureau, les débats sont lancés.  Si le pouvoir économique de quelques candidats en lice détermine la position de certains, c’est l’expérience politique qui donne du poids aux arguments de soutien des autres. Une troisième catégorie voit autrement les choses et serait favorable au candidat du pouvoir. En dépit du discours flatteur du maire de Bohicon, indiquant lors de l’anniversaire de naissance du président Léhady, que la Rb aura une position commune, le ver est dans le fruit.
Et pourtant, il y a crise     
 Le sujet laisse libre cours à un grand débat au sein du parti et fait surgir à la surface des problèmes lointains, révélant parfois des dissensions profondes nées  entre le président Léhady Soglo et une partie des membres du bureau qui ne sont pas des moindres. En effet, suite à notre article intitulé « La Rb coupée en deux »  paru le vendredi 18 décembre, nous assistons à un scénario mal monté qui parle d’une parfaite harmonie au sein du bureau politique. L’ancien député Francis Loko,  directeur de cabinet de Léhady  Soglo en a fait ses choux gras sur une télévision privée de la place. Ce bras droit du président de la Renaissance du Bénin, qui sans doute était en mission pour son patron, était malheureusement dans un mauvais rôle. Car, il s’agit d’une bataille entre éléphants qui se déroule au sommet du parti. S’il doit avoir une voix qui doit balayer du revers de main l’existence d’une crise majeure, ce n’est pas celle d’un disciple de Léhady Soglo. Il y a le porte-parole de la Rb Boniface Yèhouétomè ou encore le Secrétaire exécutif Luc Atrokpo, le jeune fringant maire de Bohicon. Ces deux là sont plus indiqués. Mais ils ne sont plus en phase avec le président du parti. Il y a d’autres comme le maire d’Abomey Blaise Ahanhanzo Glèlè, le maire d’Abomey-Calavi Georges Bada, le député Agonkan et des élus communaux qui n’approuvent plus la gestion et la politique de Léhady Soglo. Inutile de revenir sur ce qui les oppose.
AT