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 patrice-talon-prAu terme des deux mandats constitutionnels de l’actuel chef de l’Etat béninois, nombreux sont ses compatriotes déçus de ce que les objectifs fixés à son avènement au pouvoir en 2006 ne sont pas atteints. Même dans son propre camp, des voix s’élèvent pour en faire l’effarant constat. Il est donc grand temps que les Béninois tournent la page pour renouer avec une croissance à deux chiffres ? Patrice Talon, candidat à la prochaine présidentielle pourrait les y amener.

Candidat à la présidentielle de 2016, l’homme d’affaires Patrice Talon a eu la géniale idée de taper dans la fourmilière à l’annonce de sa candidature. Son projet est porteur d’un certain nombre de réformes constitutionnelles qui correspondent aux attentes de la majorité de Béninois. Ces réformes sont d’autant plus nécessaires, dans un contexte de mal gouvernance ambiante, qui nuise à la gestion correcte des affaires publiques. L’actuel régime se caractérisant par la médiocrité et la gadoue dans lesquelles, les affaires publiques sont plongées depuis l’avènement au pouvoir de Yayi Boni. Le régime par ailleurs pris en chasse les grands hommes d’affaires qui pourvoient en ressources financières les caisses publiques, histoire de permettre à l’Etat de faire face à ses devoirs régaliens. Le Bénin est aujourd’hui au creux de la vague en matière de bonne gouvernance. C’est Jean-Roger Ahoyo, ancien ministre du Président Nicéphore Soglo qui a le mieux résumé l’état actuel de la gouvernance au Bénin lorsqu’il écrit dans un article publié ces derniers jours que : « …Le pouvoir de Yayi Boni a commencé par la corruption et finit dans la corruption… » Quelle déchéance ! Quelle infamie infligée à tout un peuple ! Depuis que le Bénin a renoué avec le Renouveau démocratique en février 1990, c’est pendant ces dix dernières années que le pays a connu la descente aux enfers la plus cruelle. Et c’est le régime de Yayi Boni qui a pu réaliser cet exploit de triste mémoire.

 Un programme porteur d’espoir

 Mais tel un messie portant l’espoir de tout un peuple, l’homme d’affaires Patrice Talon qui se dit prêt à aller au charbon – entendez être candidat à la présidentielle de 2016 – peut-il renverser la vapeur ? Une vapeur qui s’est déjà transformée en feu incandescent qui brûle les pieds. Le désespoir a gagné les foyers. La plupart des Béninois affiche une mine renfrognée. Ils sont déçus par les nombreuses promesses non tenues. Fort de ce que le fonctionnement de chacune des institutions a un impact sur la vie de la nation béninoise, Patrice Talon voudrait opérer plusieurs réformes. Il s’agit de rééquilibrer les pouvoirs entre les différentes institutions et au sein même de chacune d’elles de sorte à réduire les pouvoirs individuels et personnels ; instaurer une réelle indépendance des institutions vis-à-vis du Chef de l’Etat ; instaurer une réelle indépendance des différents pouvoirs tels que la justice et la presse vis-à-vis du pouvoir exécutif ;   supprimer de notre modèle politique, les facteurs qui incitent les présidents de la République à souhaiter l’affaiblissement des partis politiques et la soumission de leurs leaders et qui in fine, les conduisent à une gouvernance de clientélisme absolu au détriment des critères de compétence et de performance ;   mettre en place un financement public significatif au profit des partis politiques de sorte à les inciter au regroupement et à permettre leur bon fonctionnement afin qu’ils assurent efficacement et dignement leur rôle ; réorganiser les structures de contrôle de l’administration de manière à garantir leur indépendance, condition sine qua non pour l’efficacité du contrôle ; mettre en œuvre une politique de promotion effective de l’investissement privé aussi bien dans les domaines d’intérêt général que particulier de sorte à faire de l’Etat un levier permettant la mobilisation des financements nécessaires… ». Pour lui, « il s’agit de remettre l’Etat dans son rôle d’organisation, d’appui, de régulation et de contrôle ». C’est un programme porteur d’espoir. Car, en réalité, ce qui mine l’amélioration du panier de la ménagère, c’est la mal gouvernance. Cette gouvernance déviante est aujourd’hui caractérisée sous le régime de Yayi Boni par des scandales économiques qui se succèdent, d’année en année, depuis l’avènement de ce pouvoir qui nous a pourtant promis le changement. A l’heure du bilan, c’est la déception.

 C’est une mine patibulaire qui se lit sur le visage des Béninois. Dans le camp présidentiel, des téméraires élèvent la voix pour dénoncer cette mal gouvernance caractérielle ayant pour conséquence : la descente aux enfers de la croissance économique. Cependant, l’espoir renaît. Patrice Talon a été, à ce propos, plus précis dans les changements notables contenus dans son projet de société. Il dit envisager de faire supprimer l’implication et l’influence du Président de la République dans la composition et le fonctionnement de la Cour Constitutionnelle, de la Cour Suprême, de la HAAC ainsi que du Conseil Supérieur de la Magistrature ; de faire supprimer la possibilité de renouvellement du mandat du Président de la République, c’est-à-dire instaurer le mandat unique pour ôter au pouvoir exécutif ce qui constitue son principal handicap pour une gouvernance performante ; rendre effectif le financement par l’Etat des partis politiques sans que cela ne dépende du bon vouloir du Président de la République. Il faudra désormais qu’en la matière au Bénin, la biche puisse se fâcher avec la rivière. Le prochain Président de la République du Bénin devra aussi, à son détriment, mais pour le bien du pays, opérer ces réformes politiques indispensables à une nouvelle dynamique dans notre pays ».

 Renouer avec les vraies valeurs républicaines

 Comme si Patrice Talon a su bien analyser les goulots d’étranglement qui asphyxient la bonne gouvernance dans son pays, ses propositions de réformes sont celles qui pourraient porter de véritables changements dans la vie des Béninois. Si l’on se met sur le tableau des réformes qu’il propose pour améliorer la composition et le fonctionnement de certaines institutions de la République sur lesquelles le Chef de l’Etat a actuellement une forte influence, c’est avec un grand plaisir que les Béninois épris de paix accompagneront l’amélioration de gouvernance au sein de celles-ci. C’est si vrai que depuis son avènement, les Béninois observent avec stupéfaction que Yayi Boni s’active tous les jours à domestiquer les institutions de la République, afin de les mettre aux pas. Ne proclame t-il pas souvent que celles-ci doivent travailler en parfaite complicité avec l’Exécutif ? Or, c’est ce qu’a récusé le législateur en érigeant les institutions encontre-pouvoirs. Le président de l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab), Michel Adjaka serait aux anges à l’idée de savoir que parmi les nobles réformes que porte Patrice Talon, il y a celle de la réduction de l’influence du Chef de l’Etat au sein du Conseil supérieur de la magistrature (Csm). Quel plaidoyer ce magistrat n’a-t-il pas souvent fait pour demander que le Chef de l’Etat cesse de présider le Csm, afin de rendre véritablement autonome et surtout indépendante cette importante structure judiciaire ? La suppression de renouvellement de mandat du Chef de l’Etat à ramener en un mandat unique, gagnerait certainement à rencontrer l’assentiment de la classe politique. En son temps, le débat sera sûrement fait. Pour la réforme liée au financement des partis politiques, c’est un vieux débat que la classe politique, notamment l’opposition agite conformément à la Charte des partis politiques. Mais, curieusement, le décret d’application pris par Yayi Boni n’a réservé qu’une portion congrue aux partis politiques, les empêchant d’avoir les moyens financiers pour animer véritablement la vie politique telle que l’a disposé la Constitution béninoise.

Ces diverses réformes du candidat Patrice Talon ont l’avantage d’être révélées à temps. Et, c’est certainement ce qui explique la vague de mouvements de soutien, tous azimuts, à sa candidature sur l’ensemble du territoire national. Le plus célèbre raggaeman , feu Bob Marley, ne nous a-t-il pas enseigné que : « La grandeur d’un homme n’est pas la quantité de richesse acquise, mais son intégrité et sa capacité à influencer positivement son entourage ».Que les diverses réformes que porte Patrice Talon permettent donc au Bénin de renouer avec les vraies valeurs républicaines.

Elles sont gage d’une meilleure gestion des ressources publiques de manière à mettre fin à la dilapidation des fonds publics. Pour ce faire, Patrice Talon a le devoir de rassurer ses compatriotes. Il ne faudra plus que l’on déplore la vaporisation des crédits d’aide publique au développement accordés au Bénin pour donner l’eau potable aux populations à la base. Ce faisant, les scandales financiers tels que : Cen-Sad, Icc-Services, Machines agricoles, Centrale électrique de Maria Gléta, Avion présidentiel, Construction du siège du Parlement,Ppea 2 seront conjugués au passé sous la direction d’un Chef d’Etat nommé Patrice Talon.C’est un impératif pour lui de nous arrêter la saignée. Il porte l’espoir de tout un peuple qui compte beaucoup sur lui.Qu’il fasse donc rêver le peuple. Il en ala compétence et les moyens. Rêvons donc avec lui d’un Bénin nouveau.

Je reste Apol.