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Yayi s'est fait huer par les populations de Comé
Yayi s’est fait huer par les populations de Comé

Les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) auront un candidat unique désigné par le Chef de l’Etat. Christophe Vignigbé l’a martelé le dimanche dernier au cours du débat télévisé « Zone franche ». Cette décision prise au sein de cette Alliance peut signer la fin de l’aventure politique Fcbe.

Le personnage Kérékou, en dépit de tous les appels de ses partisans Ubf, était resté en dehors de toutes questions de choix de dauphin en 2005. Il ne s’est pas prêté au jeu de ces derniers parce qu’il avait devant lui, un groupe hétéroclite de gens qui n’ont pas réussi à forger une carrière digne du nom. Le dauphin ne se désigne pas, il se consacre par l’opinion. Kérékou l’a compris et a pris à contre-pied ses affidés de l’époque. Le schéma Kérékou contraste parfaitement avec celui de l’actuel président pour plusieurs raisons. D’abord, du point de vue des personnages en présence et des stratégies, il n’y a pas photo. Kérékou, au soir de son régime, n’avait fondamentalement rien à sauvegarder. En dépit de la lutte acharnée de ses partisans de l’amener à réviser la constitution, il n’a pas fléchi. La question de choix d’un dauphin pour sauvegarder ses arrières ne le hantait pas vraiment. Mais le cas du président actuel est totalement différent. D’abord, il a vainement lutté pour qu’aboutisse le projet de révision de la constitution. Ensuite, il a été, pendant les deux précédentes échéances que sont les législatives et communales, très actif. A un moment donné, on ne voyait plus les candidats, mais le chef de file. Le personnage Yayi était donc dans une logique de conservation de l’électorat et d’occupation permanente du terrain. « Pourquoi faire tout ceci alors même qu’on est en fin de mandat»? Doit-on s’interroger. Mais le Chef ne s’occupait pas vraiment de ces analystes. Il avait une obsession : avoir la majorité à l’Assemblée nationale afin d’en prendre la présidence et avoir le maximum de maires. Le projet n’a pas vraiment abouti, mais son Alliance Fcbe n’a pas abdiqué pour autant. Avec 41 députés contre 42 à l’Assemblée et pas mal de maires dans l’escarcelle, cela l’amène à y croire.  Jusque-là, on peut le lui concéder. Mais le Chef a commencé par filer du mauvais coton à partir de l’instant où il se décide à s’aventurer sur le terrain du choix du dauphin.

Une stratégie qui peut se payer cache

 Avec l’ambition du Chef de tout conserver avant son départ, on ne peut pas être  surpris de le voir choisir quelqu’un pour le remplacer à compter du 6 avril 2016. Tout en étant à la touche, il veut être aux manettes à partir de 2016. Inutile de chercher à comprendre pourquoi cela saute à l’œil. Mais, lorsqu’on voit l’ensemble Fcbe dans son état ainsi que les dissensions profondes en cours, ce sera un miracle que le dauphin qui sera choisi fasse l’unanimité. La première difficulté se trouve au niveau du bord politique du dauphin. Si ce dernier est Fcbe, il est clair qu’il sera décrié. Deux raisons banales l’expliquent. Les questions de leadership déjà permanentes au sein de cette Alliance peuvent entraîner des départs et des aventures solitaires. Aussi, les fidèles d’hier n’ont plus un avenir avec Yayi et n’hésiteront pas à oser, dès lors qu’ils auront la certitude que le cheval gagnant n’est pas dans leur camp. L’autre difficulté, c’est au niveau du jeune dauphin. Si ce candidat Fcbe, comme le dit Vignigbé, est un jeune, Marcel De Souza risque d’avoir d’autres sympathisants les jours à venir. La scission à ce niveau risque d’être profonde. L’autre initiative dangereuse, c’est le dauphin intrus. L’opinion susurre le Joker Koupaki comme recours de Yayi. D’autres entrevoient Lionel Zinsou. Le parcours des deux personnages séduit, mais le gros risque c’est le rejet de la base en raison de certaines considérations dont l’appartenance. Dans un sens comme dans l’autre, le Chef tente un exercice périlleux. Son ambition de voir, coûte que coûte, son dauphin siéger en avril peut détruire à jamais son rêve. Le mieux pour lui est de faire la paix avec tous les potentiels candidats, surtout ceux qu’il redoute ou déteste le plus. Cela protégera beaucoup plus ses arrières. La logique d’affrontement est une bêtise qui pourra être lamentable dès le 7 avril 2016.

 AT