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ADRIEN-LEHADY-BRUNO
Adrien, Léhady et Amoussou peinent à se positionner

Dans l’antichambre du Parti du renouveau démocratique (Prd), de la Renaissance du Bénin (Rb) ou encore de l’Union fait la Nation, les tractations se poursuivent pour la désignation d’un candidat à la présidentielle de février 2016. Les grandissimes favoris de ce rendez-vous n’étant pas en leurs seins, tous ont tendance à soutenir un joker coopté à l’externe. Mais il y a un risque qu’aucune des trois grandes familles ne veut prendre : c’est de ne pas choisir le cheval gagnant, synonyme d’une traversée du désert pour les cinq prochaines années.

Rien d’autre, si ce n’est pas les calculs, ne peut expliquer l’attitude des trois grandes formations politiques de l’opposition à ne pas choisir leurs candidats à moins de deux semaines du dépôt des dossiers et à deux mois du 1er tour de la présidentielle de février 2016.  Non seulement incapables de choisir  un candidat interne, le Parti du renouveau démocratique (Prd), l’Union fait la Nation (Un) et la Renaissance du Bénin (Rb)  hésitent aussi à apporter leurs soutiens aux grandissimes favoris de l’échéance en vue. Cette triste réalité embrouille les militants et les désoriente dans leur militantisme avéré. Au-delà des conséquences suffisamment lourdes, cette situation complique la tâche aux candidats en quête de soutien franc  au lieu de déclarations de soutien. S’il est vrai que deux grands opérateurs économiques recrutent sérieusement dans les chapelles politiques, pendant que d’autres présidentiables n’arrivent toujours pas à drainer des foules derrière eux, il faut reconnaître que tant que les trois grosses cylindrées encore à la traîne ne diront pas le nom de leurs candidats, tout espoir de gagner la présidentielle est mince, voire illusoire. Il est aussi vrai que tous les trois partis ou regroupements de partis n’ont pas la même influence sur l’échiquier politique national, mais autant qu’ils sont, ils sont maîtres dans leurs fiefs traditionnels. Les consignes de vote risquent alors d’être respectées à une proportion importante, si le choix révélé aux militants rencontre leur large adhésion. C’est conscient de cette réalité que les leaders de ces partis prennent le temps de la réflexion, des calculs personnels, des projetions dans le futur, avant de se prononcer sur la question. Ni Adrien Houngbédji, ni Bruno Amoussou encore moins les Soglo ne veulent pas se jeter dans les bras de n’importe quel candidat, fut-il opérateur économique, milliardaire, banquier, financier ou militaire. Personne ne veut se retrouver dans le camp des perdants. Or, ce qui les arrange tous, s’ils ne veulent pas disparaître dans 10 ans, ce n’est pas la victoire d’un groupe sur un autre, mais la même  clameur que les évènements de mai dernier au Parlement.
 Le pouvoir après tout     
  Le Prd de Me Adrien Houngbédji ne cache pas son appétit à partager le pouvoir avec le vainqueur du scrutin. La Rb, après ses voltes-faces répétés, souhaite appartenir à la prochaine équipe dirigeante. L’Un qui regorge pourtant de potentialités capables de porter la charge n’est pas sûre de trouver en son sein l’homme qui lui garantirait la victoire. Après avoir lancé le processus de la candidature unique, elle ne compte plus laisser Emmanuel Golou ou Eric Houndété se présenter à cette échéance comme son porte-étendard. Dirigée par Bruno Amoussou, l’Un compte faire partie de la prochaine majorité présidentielle. Après avoir réalisé un large  consensus avec d’autres regroupements pour porter  Adrien Houngbédji au Perchoir, le Prd, l’Un et la Rb veulent s’assurer que l’alternance au pouvoir se passera avec eux. Mais, est-il possible que les trois réalisent leurs rêves ? A condition qu’ils soutiennent le même candidat et travaillent pour son élection. Et c’est là où les choses  se compliquent pour eux. En effet, après l’élection du bureau de l’Assemblée nationale, l’eau a beaucoup coulé sous le pont au point où des blocs entiers se sont disloqués et déplacés vers d’autres points de chute.  Le contexte actuel de la Présidentielle aidant, le phénomène s’est accentué ces derniers temps. Cette tendance est préjudiciable à la reconstitution des alliances ayant créé la clameur du 19 mai pour libérer le Parlement et la démocratie. De plus, des antagonismes nés lors des élections communales entre la Rb et ses alliés constituent des obstacles majeurs à une sorte de soutien unanime de tous en faveur d’un seul et même candidat. Aujourd’hui, on se rend compte que les querelles d’hier, mêmes celles d’il y a des années ont des conséquences dommageables sur la sauvegarde des acquis de mai dernier. La question de la présidentielle est une quantité plus importante, mais il est toujours fondamentale, pour la conquête du pouvoir, que les forces qui se connaissent mieux se mettent ensemble pour créer la convergence des idées. C’est ce que beaucoup attendent de l’Un, du Prd de la Rb et bien d’autres  partis. Le peuple vit toujours dans cette attente et non à la dispersion des énergies et des voix.
 
AT