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Abou-Seidou3.183.447.286 de francs Cfa. C’est le montant révélé par un audit et qui aurait été distrait par l’ex-Greffier en chef du tribunal de première instance de première classe de Cotonou Me Abou Séidou (photo). Dans un premier rapport, il était question de 1.515.550.331 de FCfa mis à sa charge. Prenant acte du dernier rapport d’audit, le Conseil des ministres en sa séance d’hier mercredi 27 mars 2019, a pris de nouvelles mesures pour une meilleure administration financière des greffes.

L’étau se resserre de plus en plus autour de l’ex-Greffier en chef du tribunal de première instance de première classe de Cotonou. A la suite des malversations relevées lors de sa passation de service à son successeur le 9 mars 2018, le gouvernement a diligenté un audit au titre de la période allant de 2011 à 2017 aux fins d’appréhender l’exhaustivité des prévarications commises. Ainsi, du rapport de la commission d’enquête, il ressort que le montant présumé distrait par Me Abou Seidou, entre 2011 et 2017, affiche 3.183.447.286 de francs Cfa. Pour éviter cet état de choses à l’avenir, le Conseil des ministres a instruit le ministre de l’Economie et des finances pour mettre l’intéressé en débet, de faire procéder, périodiquement, au contrôle des institutions judiciaires par l’Inspection générale des Finances en rapport avec l’Inspection générale des Services judiciaires. Le ministre de la Justice veillera également à l’aboutissement des poursuites engagées contre le mis en cause. Par ailleurs, il procédera non seulement à la mise en place, en liaison avec le ministre de l’Economie et des finances, d’une comptabilité formelle et d’un manuel de procédures pour la gestion financière des activités de greffe, mais fera organiser des formations en gestion financière et comptable à l’intention des greffiers en chef. Dans son élan d’assainissement des finances publiques et de lutte contre l’impunité, le gouvernement avait déjà abordé le dossier de malversations au greffe de Cotonou dans le compte rendu du Conseil des ministres du 25 avril 2018. Ce qui a amené le mis en cause à prendre la fuite. La mal gouvernance au greffe de Cotonou a été décelée grâce à la détermination du gouvernement à lutter contre la mauvaise gestion et l’impunité. Cette détermination a permis en effet d’être plus exhaustif sur l’ampleur du mal. De 1,5 milliard, les malversations portent en réalité sur plus de 3 milliards. La poursuite de ce dossier pour révéler l’ampleur du préjudice prouve à souhait que ce n’était nullement une chasse aux sorcières. D’ailleurs, quelques irrégularités et malversations ont été entre-temps découvertes au niveau d’autres tribunaux. Il est normal que l’ancien greffier en chef vienne répondre de ses actes. C’est aussi cela la justice dont l’intéressé a été un acteur de premier plan.

 Abdourhamane Touré