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Lionel-ZinssouLe Premier ministre béninois, Lionel Zinsou, est désormais l’ombre de lui-même. Il est presque mis en quarantaine et observe, depuis son bureau non loin de l’aéroport international Cardinal Bernardin Gantin de Cotonou, l’actualité sociopolitique du pays. On s’y attendait, mais lui, peut-être pas. Le grand économiste est, sans doute, à l’école d’un régime atypique. Ici, c’est le gouvernement Yayi Boni.

Il a été célébré par le régime. Le Premier ministre du dernier gouvernement de Yayi Boni était sous les feux de la rampe. Pas un journal télévisé sans l’imposante silhouette du n° 2 de l’équipe gouvernementale. Quand il a le crachoir, c’est pour développer ses idées sur la question du développement. On s’ennuie rarement. Il a le coffre et on a toujours du plaisir à l’écouter. Il a même déclaré, au cours d’une de ses interviews, qu’il peut en 8 mois changer le Bénin. Lionel Zinsou, tout enthousiaste au début, avait une fougue et une ambition qu’il ne cachait pas. A un moment donné, le Chef de l’Etat s’est complètement effacé au profit de son 1er ministre qui était sur tous les chantiers. Avec son ‘’Agbada’’ coiffé d’un chapeau royal, il a occupé le devant de la scène pendant un moment. Mais, tout ceci a été de courte durée. En tout cas depuis quelques semaines. L’étiquette de dauphin que beaucoup d’analystes ont tôt fait de lui coller n’a pas vraiment prospéré, puisque quelques jours après sa consécration, le Chef a très tôt repris le contrôle. Yayi Boni a démarré avec ses descentes sur le terrain. Le ministre, très proche, est devenu du coup, très loin. Plus de prérogatives en tant que tel ! Plus d’agenda chargé comme au début ! Qu’est-ce qui s’est passé en si peu de temps ? Où sont passées les grandes ambitions et promesses du Premier Ministre ? Qu’a-t-il pu faire jusqu’à présent ? On est déjà à près de 4 mois après sa nomination. Mais, rien ne bouge. Les bonds annoncés sur le plan de l’énergie se font toujours attendre. Les grandes actions vantées sont toujours reportées. On l’avait pourtant dit. Lionel Zinsou ne pourra pas grand-chose. Les faits nous donnent raison. Pour qui connaît bien Yayi Boni, on ne devrait pas être enthousiaste à l’annonce de Lionel Zinsou. On savait qu’il n’aura pas les coudées franches pour travailler. Et, cela n’a pas raté.

 Les « ouvriers de la 25ème heure » y ont-ils contribué ?

 Au cours de son intervention sur l’émission « Cartes sur table », le député Marcel De-Souza a exploré quelques ‘’vertus’’ de ceux-là qu’il appelle les « ouvriers de la 25ème heure ». Au nombre de ces vertus, il cite la délation, les rapports tronqués faits au Chef de l’Etat, la recherche à tout prix de boucs émissaires sur fond de mensonge orchestré. Le Premier ministre a-t-il déjà essuyé les atouts de ces ouvriers très proches et toujours aux petits soins du Chef ? Se refuser de l’admettre serait imprudent. La rapidité avec laquelle le ministre a été mis à l’écart surprend et inspire des questionnements tout aussi justifiés. C’est l’exemple de la femme jalouse qui n’accepte pas qu’on s’approche de son homme. Ces ouvriers ont la guillotine aiguisée et sont prêts à éliminer tout nouvel adhérant. Le Premier ministre, brillant qu’il soit et qualifié pour siéger dans les grands cercles de décision à l’international, ne peut pas évoluer dans le régime de Yayi Boni. C’est désormais clair. Le contexte ne lui est pas favorable.

 Enfin un Cabinet

 Le Premier ministre a enfin son cabinet. La décision a été prise au cours du Conseil des ministres en date du mercredi 7 octobre 2015. On veut bien croire que tout ce monde ne lui a pas été imposé. Si s’en est ainsi, ce ne serait pas un événement. C’est d’ailleurs la norme sous nos cieux. Le contraire pourrait surprendre. Le ministre ne pourra que s’en contenter.

 AT