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Dans quelques heures Yayi va convoquer le corps électoralUne crise secoue la Cour de justice de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Le président de la République du Bénin agissant en qualité de président de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Uemoa, non seulement a pris un acte solitaire au nom de ses pairs, mais a utilisé le cachet de la présidence de la République du Bénin pour donner un caractère officiel au courrier.

Le chef de l’Etat, Yayi Boni, s’en brouille avec des cachets. Il confond l’administration de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) et celle de la présidence du Bénin. Alors qu’il prend des décrets signés qui reçoivent le cachet portant l’inscription « République du Bénin : Présidence de la République. Le président de la République » ; le président Yayi Boni prend des actes additionnels qu’il signe et qui doivent être revêtus du cachet portant l’inscription « Union économique et monétaire ouest africaine : Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement. Le président. » Les différents cachets doivent se trouver au niveau des secrétariats qui assurent les fonctionnements quotidiens des différentes institutions. Ainsi, le cachet qui officialise les décrets du président de la République du Bénin reste à la présidence de la République du Bénin. Celui qui officialise les actes du président de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Uemoa reste à la Commission de l’Uemoa. Dans ces conditions où ces deux administrations sont bien distinctes, on ne saurait confondre les cachets. Mais, contre toute attente, en prenant l’acte additionnel n°04/2015/Cceg/Uemoa, portant rappel des membres de la Cour de justice de l’Uemoa, le président Yayi Boni a triché avec le cachet. La page de garde du document porte bien au niveau du timbre les attributs de l’Uemoa. Seulement, la grande surprise se trouve au niveau de la signature du document en date à Cotonou du 13 juin 2015. C’est le cachet de la présidence du Bénin qui a été utilisé. En agissant ainsi, le président Yayi Boni et ses services d’appui de Cotonou ont ridiculisé le Bénin. L’image du pays se trouve ainsi écornée, une fois de plus, avec cette façon d’agir. Il est difficile de croire qu’il s’agit d’une inadvertance. Car, en réalité, l’acte additionnel n’a pas été pris là où il le fallait. Il était important pour le président Yayi Boni qui serait en train de protéger le président de la Commission de l’Uemoa, Cheikhe Hadjibou Soumaré et le président de la Cour de justice, Daniel Lopes Ferreira, le premier impliqué dans un dossier pendant devant la Cour de justice de l’Uemoa et le second pour perte de confiance de ses collègues juges de la même Cour, de prendre l’acte sans tenir compte de petits détails pourtant significatifs. Il est à craindre, dans les prochains jours, une crise entre les membres de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement. Ce serait le comble !

 Jean-Claude Kouagou