Spread the love

Charles-TokoLe maire de la  municipalité de Parakou, Charles Toko  a saisi l’occasion que lui offre la session ordinaire de conseil municipal pour tirer au clair l’affaire qui oppose la Mairie de Parakou à Thomas Boni Yayi,  alors ancien président de la République. C’était le mercredi 27 mars 2019 à la salle de délibération de ladite institution en présence de tous les conseillers municipaux.  

 Déclaration du Maire Charles Toko

 Le procès contre Yayi Boni, d’abord, ce n’est pas des rumeurs, c’est fondé et je n’ai pas jugé utile de demander l’avis du conseil parce que Yayi Boni est pris comme n’importe quel citoyen de Parakou ayant acquis des parcelles. Donc c’est la routine. On a plus de cent litiges devant les tribunaux. S’il faut chaque fois venir devant le conseil, ce n’est pas la peine. C’est simple. L’ancien président de la République a pris le domaine devant chez lui. Le délégué nous a saisi pour dire que c’est une réserve administrative. Après toutes les enquêtes, on s’est rendu compte que c’est une réserve administrative. On a alors analysé la procédure d’acquisition et il s’est alors avéré que le conseil n’a jamais délibéré avant de lui donner cette réserve. Il a fait son titre foncier que nous avons attaqué.

On a attaqué ce titre foncier attention pour ceux qui vont parler d’abord parce que Yayi Boni nous a envoyé une lettre que je vais vous lire pour la première fois. Je n’ai jamais sorti cette lettre, même il y a des adjoints qui n’ont jamais vu

la teneur de la lettre envoyé au maire Charles Toko par Me Sadikou Alao, conseil de Boni Yayi au sujet du domaine querellé. Une lettre lue par le maire.

 A

Monsieur Charles Toko,

 Maire de la Commune de Parakou

Réf : Votre lettre en date du 24 juillet 2017.

Suite à votre lettre précitée relative à la

cession par la Mairie de Parakou  d’un

domaine en zone 10 de la Commune de Parakou,

lot 1686A, parcelle A, au profit de Mr Boni Yayi,

ancien président de la République.

                                                         J’ai l’honneur de porter à votre connaissance, en ma qualité de conseil de Mr Boni Yayi, que se sont les autorités municipales d’alors elles mêmes qui avaient proposé à mon client la cession dudit domaine :

1- Mon client vient de constater qu’avant ladite cession, vos prédécesseurs n’auraient pas pris les dispositions légales qu’implique une telle cession

2- Dans ces conditions, je vous prie de noter que mon client renonce à ladite cession et se tient à votre disposition pour tout le formalisme que requerra cette renonciation.

                                                                      Me Sadikou Allao

                                                              Cabinet d’avocat de Mr Boni Yayi

 Cela veut dire que lui-même a reconnu son erreur. Il dit qu’il renonce.  Donc, on ira retirer notre domaine purement et simplement. Parce que dans tout le quartier, c’est la seule réserve qui restait. On ne pouvait construire ni hôpital, ni école. Le litige est pendant devant la Cour constitutionnelle. Voilà la lettre  que j’ai reçue et je l’ai automatiquement transmise à la Cour constitutionnelle.  Nous attendons le verdict de la Cour constitutionnelle, mais voilà ce que lui-même a écrit. Je pense que c’est sans commentaire. Au contraire, vous devez applaudir pour avoir retiré la réserve. Et ce n’est pas lui seul. Nous sommes en train de retirer une à une toutes les réserves qui ont été vendues illégalement sans exception. Il n’est pas le seul dans le cas. Si vous connaissez des réserves que quelqu’un s’est attribué, dites-nous. On a même découvert récemment  des voies qui ont été supprimées pour en faire des carrés, on va tout retirer.

 Propos recueillis par Zéphirin Toasségnitché

(Br Borgou-Alibori)