Spread the love

alofaLes préalables et exceptions pouvant bloquer les débats au fond étant levées, la parole sera une fois encore donnée aux deux accusés Codjo Kossi Alofa et Donatien Amoussou ce jour, mercredi 22 août 2018 dans le cadre du dossier Dangnivo. La Cour a satisfait à l’exception majeure de la défense relative au test d’Adn, ce qui ouvre la voie à l’instruction à la barre.

On entre dans le vif du sujet. L’audition de Codjo Kossi Alofa et de son compère Donatien Amoussou pourra commencer ce jour mercredi à la barre. Hier mardi, les juges non professionnels ont été installés. Ce qui, du coup, ouvre la voie aux débats proprement dits. Mais avant, la Cour présidée par le Président de céans Arsène Hubert  Dadjo a satisfait à une demande majeure des avocats de la défense la Cour. En effet, au tout début de la procédure, l’avocat de la défense Théodore Zinflou a soulevé une exception majeure relative à la procédure antérieure. Au cours de son intervention, il a laissé entendre que l’ordonnance de renvoi du dossier dans le cadre de la procédure antérieure avait clairement prescrit des mesures d’instruction. Celles-ci devraient parvenir à réaliser une analyse comparative des prélèvements de substance d’Adn de la famille du défunt pour établir si le corps découvert à Womey était réellement celui de Pierre Urbain Dangnivo. L’avocat a demandé à la Cour de faire part des diligences faites.  Il précise que ce préalable est nécessaire à toute poursuite de débat à la barre. Le Ministère public représenté par l’Avocat général Emmanuel Opita a fait le point des dispositions prises dans le cadre de la procédure. Au cours de ses explications, il a déclaré qu’il a reçu, il y a quelques mois dans son bureau, les parents de la victime et leur a signifié la nécessité de procéder à la mesure de prélèvement d’Adn. Au regard des suspicions, il a souhaité que ces derniers fassent eux-mêmes leur prélèvements et que le Parquet à son niveau fasse également le sien pour les confrontations à la barre. Le principe étant retenu, le Parquet s’est attelé, affirme-t-il, à satisfaire à cette obligation. Une date a été retenue pour que les deux rapports d’expertise soient déposés. Contrairement à la clause convenue, la famille du défunt n’a pas, selon ses explications, cru devoir honorer son engagement. Il certifie tout de même que le rapport commandité par le Parquet existe et est gardé en lieu sûr pour les nécessités de la procédure. Me Olga Anassidé, avocat de la partie civile a expliqué la défaillance de la famille par la peur de l’expert commis. « La famille a effectivement commis un expert pour faire les prélèvements. Mais il a suffi que cet expert entende le nom Dangnivo qu’il a été pris d’une peur bleue et a décliné automatiquement l’offre », a laissé entendre l’avocat des victimes. Après ces différents points, Me Zinflou est revenu à la charge en demandant à a Cour de permettre à la défense de prendre connaissance du contenu du rapport d’expertise de prélèvement  d’Adn réalisé par le parquet. Le Parquet dans un premier temps s’est opposé parce qu’il a estimé qu’il importe d’abord d’installer la cour avant d’aborder ces questions. Le Président de céans, a également abondé dans le même sens demandant à la défense de bien vouloir attendre l‘ouverture des débats au fond. La défense est restée ferme demandant l’ouverture de l’enveloppe contenant le rapport d’expertise. La Cour a observé une suspension pour se pencher sur cette exception.

 Le pli marqué du sceau de confidentialité ouverte

 A la reprise après la suspension, le Président Arsène Hubert Dadjo a demandé aux avocats de la défense ainsi qu’à la partie civile de prendre connaissance de l’enveloppe contenant le rapport d’expertise. Il remet à Me Zinflou qui a souhaité que le Président lui-même ouvre ce pli qui selon lui est marqué du sceau de confidentialité. Devant l’audience, le Président a déchiré l’enveloppe hermétiquement fermée. On y trouve à l’intérieur une liasse de documents. Il s’agit du rapport. Les avocats de la défense et de la partie civile se précipitent vers la barre. Ils découvrent que le document est réalisé en trois exemplaires. Chaque avocat a souhaité en avoir copie. Ce formalisme étant rempli, la Cour a observé une pause et est revenue pour la prestation de serment des jurés. Un juré supplémentaire a été tiré au sort pour conforter les quatre désignés. La Cour a été donc définitivement installée, les débats au fond pourront commencer ce jour.

HA