Spread the love
justice palais
Le sort des prévenus sera connu le 13 mars

Le pesant dossier faux médicament a connu une grande évolution hier mardi 6 mars 2018. Les auditions, plaidoiries ont permis de cerner les contours mêmes les plus insondables, mais la grande attente de l’assistance n’a pas été comblée. Le Juge au terme des débats, a mis le dossier en délibéré pour le 13 mars. Les prévenus quant à eux retournent en prison

Le débat au fond a été vidé et les contours de l’affaire ‘’faux médicaments’’ profondément exploré. Les auditions des concernés, les questions du Président, du Ministère public, des avocats de la défense et de l’Etat, les clarifications du Directeur de la Pharmacie  ainsi que les plaidoiries ont permis à l’assistance de comprendre les contours de ce dossier complexe. Il est prétentieux de dire qu’ont détient au soir de la journée d’hier toute la vérité sur cette affaire, mais il semble bien qu’il y a des bribes de certitudes au regard des vérités qui se recoupaient. En effet, de quoi s’agit-il ? En fait, les grossistes répartiteurs ont dans la majorité des cas, reconnu être en relation régulière avec le laboratoire New Cesamex basé au Congo Kinshassa. En fait, ce laboratoire selon les explications des prévenus passés un à un à la barre n’a rien de frauduleux puisqu’en fait, il s’agit d’une structure dont les produits ont reçu de la Direction de la pharmacie l’autorisation de mise sur le marché béninois. La difficulté pour le Ministère public ce qui a d’ailleurs été la base de l’inculpation, c’est la proximité entre le représentant de cette structure (qui était à la barre hier) et le sieur Atao Hinnouho. Le Procureur de la République a d’ailleurs déclaré qu’il a travaillé sous le contrôle de celui-ci depuis son arrivée au Bénin en 2015. Il a également fait savoir que des factures et chèques au nom des grossistes répartiteurs ont été retrouvés chez le sieur Atao Hinnouho. Au cours de son audition le représentant de la structure New Cesamex n’a pas nié du tout sa proximité avec Atao. La question était de savoir comment est-ce que les factures de ces structures officielles se sont retrouvées chez celui qu’on présente comme le vendeur de faux médicament ? Est-ce qu’on peut certifier au regard des liens avec le laboratoire que les médicaments de Atao sont vraiment faux? Les débats sont allés dans tous les sens. Les prévenus dans leur grande majorité ont refusé systématiquement avoir de relation directe avec Atao Hinnouho. « Je ne le connais pas. Je n’ai pas de relation directe avec Atao Hinnouho », revient un peu comme une ritournelle cette phrase tout au long du procès. Le Directeur de la pharmacie Fernand Gbaguidi a été constamment sollicité pour donner des explications sur le processus, mais le grand flou persiste sur les vrais liens entre les grossistes, le laboratoire et le niveau de responsabilité de l’Etat. Au cours de ses réquisitions, le Procureur de la l’Etat Gilbert Ulrich Togbonon a relevé la responsabilité de l’Etat dans son absence de contrôle réel du secteur. Il a également retenu la responsabilité des grossistes. Il requiert à leur encontre 5 ans d’emprisonnement ferme et 50 millions Fcfa d’amende. A l’encontre des proches du sieur Atao, il requiert 6 mois d’emprisonnement ferme et le paiement d’une amende de 240.000 Fcfa.  La défense contre-attaque. Elle plaide la relaxe pure et simple de tous les prévenus pour infraction non constituée. Elle a sollicité leur libération provisoire même sous caution, mais ceci n’a pas prospéré. Le hurrah et les chaudes embrassades des parents et amis ont été une fois encore reportés. Mercredi prochain sera peut-être la bonne. Le Juge dans le secret de son délibéré dira le droit.

HA