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URBAIN-D.La Cour constitutionnelle n’est pas au bout de ses peines. Elle est, une nouvelle fois, sollicitée par la partie civile dans l’affaire Dangnivo. Par ailleurs, le médecin légiste a apporté des éléments nouveaux au dossier. Les audiences sont suspendues pour reprendre après la décision de la haute juridiction.
Enième exception ! La partie civile a formé ce recours au motif que le code pénal en vigueur au Bénin est contraire à la constitution. Se fondant sur les dispositions des articles 16 alinéa 1, 98 de la constitution et 577 et 578 du code de procédure pénale, les avocats Raoul Houngbédji et Nicolin Assogba ont demandé au juge de surseoir à statuer sur le siège. Comme on devrait s’y attendre, la réaction du Ministère public a été spontanée. L’Avocat Général, Me Gilles Sodonon, a déclaré que les avocats sont dans une volonté claire de bloquer le dossier. Il demande à la Cour de poursuivre la procédure. « Cette fois-ci, c’est le code pénal lui-même qu’on attaque. Nous sommes toujours dans le dilatoire. Plusieurs dossiers d’assises sont passés à la Cour depuis que le Bénin a ratifié ces instruments, mais personne n’a été condamné à mort. Pourquoi c’est au cours de ce procès qu’on trouve à soulever une exception pareille. Je demande à la Cour de passer outre cette exception », suggère-t-il, mais une fois encore sans obtenir gain de cause. Avant le recours en exception, la Cour a écouté une nouvelle fois le médecin légiste Clément Padonou. Ce professeur a apporté des réponses scientifiques aux inquiétudes des avocats et membres de la Cour, mais quelques coins  d’ombre subsistent tout de même. En effet, ce médecin a déclaré qu’il a reçu pour mission de procéder à l’exhumation et au besoin, à l’autopsie du macchabée. Mais la curiosité est que sur les lieux, on lui a montré un bocal contenant des restes humains. « Ma mission était claire. J’avais un corps à déterrer et une autopsie à faire au besoin. Ensuite, j’ai un bocal contenant des organes. C’est l’élément nouveau. Est-ce des organes d’animaux ou des organes humains ? Je n’en sais rien. Dire que ces organes sont des organes humains est une hypothèse. Dire aussi que les organes étaient ceux du corps exhumé était également une hypothèse. Il faut souligner que si les organes contenus dans le bocal n’étaient pas conservés par le liquide, c’est évident qu’ils seront en état de putréfaction », a-t-il déclaré. Ces précisions apportées par le Médecin ont provoqué la réaction de l’avocat de la défense, Me Zinflou. Il estime que son client Alofa a été accusé injustement d’arracher des parties intimes de la victime. « Pourtant, on a déclaré que ce bocal appartenait à Alofa. Comment peut-on imputer à un charlatan la conservation de restes humains. Où a-t-il pu trouver le liquide de conservation pour garder ces organes intacts ? » S’est-il interrogé. Me Baparapé, avocat de la partie civile renchérit. Il demande au médecin s’il est possible d’identifier un corps après exhumation ? « Si le corps n’est pas pourri, on fait l’identification à l’œil nu. Dans ce cas, on recourt à l’empreinte digitale. Mais quand il est pourri, il faut une identification approfondie notamment l’Adn. Dans le cas d’espèce, le corps exhumé est en état de putréfaction avancée. C’est pour cela que j’ai suggéré, dans mon rapport, le test d’Adn », a-t-il déclaré. La suite sera connue après la décision de la cour constitutionnelle.
AT