Spread the love

mendiciteIls sont nombreux à prendre d’assaut les carrefours de nos grandes villes, les feux tricolores et les trottoirs. Ces trottoirs leur tiennent parfois lieu de domicile. Eux, ce sont les mendiants. A Cotonou, où le phénomène prend une ampleur considérable et tend à se professionnaliser, il n’y a pas d’âge pour devenir mendiant. On pourrait même dire sans exagérer que c’est l’activité qui semble marcher le mieux. Enfants, jeunes, vieux, qu’ils soient bien portants, handicapés visuels ou moteurs, chacun y va comme bon lui semble. Pendant que ceux qui sont totalement dépendants se font accompagner d’un proche qui leur sert de guide, d’autres qui ont encore les jambes plus agiles, vont à l’assaut des généreux donateurs par eux-mêmes. Parfois encore, on observe des adultes assis sur les trottoirs attendant patiemment que les plus jeunes ramènent le butin. Dans un cas comme dans l’autre, la stratégie est fort simple : lorsque le feu est au rouge et que les cyclistes et motocyclistes marquent leur arrêt, ces mendiants de tous âges se ruent vers eux avec pour ultime but : parvenir à obtenir quelques pièces d’argent. Dans cette quête de soutirer de l’argent aux passagers, certains parmi les mendiants, même enfants, n’hésitent pas à harceler : ainsi, ils peuvent vous toucher, frapper contre la vitre du véhicule, chanter, souhaiter bonne journée ou bonne arrivée, dire des bénédictions. Plusieurs stratégies sont développées par les mendiants de nos jours pour atteindre leur but et chaque usager de la route les supporte à sa façon.

Inès Zounon