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AMES-INNOCENTES
La pauvreté est certainement à l’origine de la mort de ces âmes innocentes

Les populations de Kpérou Guéra , un quartier situé dans le 1er arrondissement de la ville de Parakou, sont sous le choc, depuis hier, dimanche 1er mars 2015. Quatre enfants sont morts asphyxiés par la fumée, pendant qu’ils dormaient dans une chambre, que leur maman, dame Rose T, a fermé le temps d’une virée nocturne.

Ils sont quatre enfants, deux filles et deux garçons dont l’âge varie entre 07 et 04 ans qui sont décédés après avoir inhalé de la fumée, faute d’aération. Le drame s’est produit au quartier Kpérou Guéra, situé derrière la piste de l’aviation dans le 1er arrondissement de la ville de Parakou. Une dame, Rose T. âgée de 28 ans environ et divorcée depuis quelques mois, selon des sources proches de sa famille est sortie dans la nuit du samedi au dimanche 1er mars dernier. La dame qui vit avec les quatre enfants est la mère de deux des victimes. Les deux autres enfants sont les fils de son frère germain et d’une de ses sœurs. Connue pour ses virées nocturnes, Dame Rose a enfermé ses enfants, dans la chambre qu’elle loue et qui n’est qu’une pièce communément appelée ‘’entrer-coucher, le temps d’une « soirée gracieuse ». Pour mettre ces enfants à l’abri des piqures de moustiques, cette dernière a allumé un insecticide appelé ‘’mosquito’’. Malheureusement, le serpentin ‘’mosquito’’ ayant brûlé, serait tombé sur un pagne qui traînait avant que le feu, allumé, ne s’attaque à quelques ustensiles en plastique. La chambre, dont la porte et la fenêtre était hermétiquement fermées, n’a pu laisser échapper la fumée. Les enfants ont subi la furie de la fumée qu’ils ont inhalé jusqu’à mourir par asphyxie. La maman, ses propos, est rentrée autour de 04h du matin et a constaté, après avoir ouvert la porte, qu’il y dégageait une odeur de fumée. Au départ, elle a confié avoir pensé que ses enfants dormaient encore. Mais, elle a constaté qu’une partie de la chambre a consumé. Elle s’est rendue compte de la mort des enfants. L’arrivée des sapeurs-pompiers a été peine perdue. Ces âmes innocentes ont suffoqué et sont morts par asphyxie. Déboussolée et traumatisée, dame Rose T. se trouve désormais, entre les mains des éléments du commissaire, Saliou Koda, du commissariat central de Parakou pour les besoins d’enquête. « Dame Rose, sera remise à la disposition du Procureur de la République près le tribunal de Parakou pour la suite », a confié le commissaire central.

 Clément Dognon (Br Borgou-Alibori)

Témoignages

 Une cousine de dame Rose : « Ce que je vais dire, je ne sais rien. J’ai été appelée ce matin, car on m’a dit que la chambre de ma sœur a brûlé et, tous les enfants sont morts. Je suis venue et j’ai constaté que c’est vrai. C’est hier soir que je suis allée les saluer car, j’ai un enfant de mon frère qu’elle garde et qui va à l’école. C’est parce qu’elle n’a pas de mari et qu’elle est sortie la nuit. Donc, pour ceux qui sont dans le cas, je leur conseille d’aller chercher leur maman pour garder les enfants. Elles pourront travailler pour nourrir les enfants ».

 Orou Yari Sourokou, conseiller local du quartier Kpérou Guéra : « Je demande à ceux qui sont divorcés de leur femme, de récupérer les enfants avant le départ de cette dernière. Désormais, il faut éviter de prendre les femmes célibataires avec des enfants, et mieux, d’aller leur louer des chambres ».

CD Br Borgou-Alibori

Des questionnements

 Le drame qui s’est produit avec quatre âmes innocentes qui décèdent par asphyxie doit susciter des questionnements. Qu’est ce qui peut pousser une femme à sortir la nuit et enfermer des enfants ? Au-delà de la virée nocturne de dame Rose T. ; il se pose un véritable problème, non seulement d’inconscience mais surtout de pauvreté. Elles sont nombreuses ces femmes qui vivent avec beaucoup d’enfants et qui, divorcées, sont obligées de travailler afin de s’occuper de leurs rejetons. Dans ces conditions, tout est permis, puisque l’essentiel, c’est d’abord tout faire, afin de donner à manger aux enfants et, ensuite, le reste vient après. Si l’on peut être pauvre et vivre bien. Il est difficile d’avoir à s’occuper de l’éducation de quatre enfants en payant, seule, son loyer. Il y a inconscience lorsque l’on croit que le sexe et les virées nocturnes sont les seuls moyens pour avoir le gain facile. Il y a à parler de pauvreté, car c’est dans une précarité totale que se trouve cette femme qui vient de perdre quatre enfants dont deux qui appartiennent à ses frères et sœurs. C’est une femme, très traumatisée qui a besoin de soins et de l’attention si l’on ne veut pas également la perdre. « C’est le destin diront certains. Mais les gouvernants doivent abandonner la politique politicienne et travailler à éloigner les barrières de la pauvreté ».

 C D (Br Borgou-Alibori)