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Yayi arrache les libertés
Philippe Noudjènoumè

Le matin du mercredi 9 décembre 2015, l’information nous est donnée : « Le journaliste, représentant régional du quotidien « Le Matinal », Clément Dognon a été abattu vers 04 h du matin à son domicile à Parakou par des individus inconnus »

Ce crime pour anodin que cela paraisse, est en réalité d’une gravité extrême-compte tenu du moment où il intervient et des précédents qui l’entourent et en conséquence interpelle la conscience de tout Béninois patriote aimant réellement ce pays, nôtre.

En effet sans préjuger des motifs des auteurs de ce crime crapuleux et des faits que les investigations donneront, je veux d’ores et déjà relever les éléments suivants :

1° : L’assassinat de Clément Dognon intervient après ceux du juge Dossou-Yovo à Kandi en 1999 (au cours des élections législatives où il y était envoyé comme délégué de la Céna), du juge Coovi à Parakou en 2005 ; sans oublier celui de Pamphile Hessou disparu depuis les années 1992 à Boukoumbé.

2°- Le facteur commun de ces crimes est qu’ils se déroulent en période préélectorale, électorale ou post-électorale. Autrement dit, ils portent l’empreinte de crime politique.

3°- Ces crimes ne sont jamais élucidés jusqu’à nos jours.

4°- Il se fait que la dernière victime de ces crimes, Clément Dognon est Représentant Régional du journal « Le Matinal », journal dont on sait le choix de son Fondateur, Charles Toko pour le candidat Talon Patrice et les menaces dont il est l’objet à Parakou.

5° Mis ensemble, ces éléments relevés portent les germes de graves menaces pour la stabilité et l’unité de notre chère patrie, du fait des risques d’affrontements et de guerre que cela porte.

Comme nous le disions à la fondation du Front de refus du Bénin-Waxala le 29 octobre 2015 « L’heure est grave. Le Bénin traverse un moment difficile et délicat de son histoire. De quelque côté que l’on soit, que l’on soit de la mouvance ou de l’opposition, de la classe politique dirigeante ou non, que l’on s’annonce candidat à la prochaine élection présidentielle ou non, le consensus est réalisé sur le fait que le Bénin notre chère patrie, est déjà plongé dans le « waxala », c’est-à-dire dans le scénario catastrophe. Tous les indicateurs sociaux sont au rouge….

Dans ces conditions, rien de bon pour le peuple ne sortira des prochaines élections présidentielles; aucun homme en dehors du peuple rassemblé ne peut sauver le pays de la catastrophe qui s’annonce. Le scénario catastrophe, le scénario « wahala » est là.

La seule manière d’éviter cette catastrophe, c’est la réunion des Etats Généraux du peuple pour refonder les règles de notre vivre ensemble et pour une nouvelle gouvernance qui tourne le dos aux errements actuels du Renouveau démocratique. »

D’ores et déjà le scénario waxala se déroule sous nos yeux :

Déjà la FrançAfrique est en œuvre avec tous ses réseaux mobilisés à cet effet pour imposer à notre peuple un Gouverneur colonial- Lionel Zinsou-un « Dodds bis » de triste mémoire- avec pour conséquence prévisible, la recolonisation de notre patrie et le risque de la plonger dans une guerre fratricide meurtrière.

Dirigeants de toutes sortes, travailleurs et peuples de mon pays et chers compatriotes !

La gravité de la situation présente m’impose en tant que citoyen et Responsable politique de ce pays de faire appel au sens de responsabilité de tous les Dirigeants à tous les niveaux- pour que notre pays ne bascule point dans la guerre et la violence aveugle.

D’ores et déjà, j’en appelle à tous pour que diligence soit faite pour identifier les auteurs et commanditaires de ce crime crapuleux, de les déférer devant la justice pour des sanctions exemplaires afin de décourager à jamais de telles choses.

 Fait à Cotonou le 09 décembre 2015.

 Philippe Noudjènoumè

 Premier Secrétaire du Parti communiste du Bénin

Président de la Convention patriotique des forces de gauche

 Président du directoire du Front de refus du Bénin-Waxala