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Hier, elles étaient très actives, mais aujourd’hui, elles ne parlent plus

Même si leur nombre est réduit à la portion congrue, certaines femmes se sont distinguées sur la scène publique au Bénin pour leur engagement aux côtés de leurs congénères et, plus généralement sur les questions de défense des libertés publiques et fondamentales. C’est d’ailleurs le point commun à Marie Elise Gbèdo, Réckya Madougou, Honorine Atikpa et Huguette Akplogan Dossa. Très actives, il y a encore quelques années, elles ont complètement disparu de la Société civile. Que sont-elles devenues ? Où ont-elles atterri? Il y a quelques années encore, elles faisaient jeu égal avec les hommes au sein de la Société civile. De par les idées qu’elles défendaient et la conviction qui les animaient, Rékya Madougou, chef de fil edu mouvement « touche pas à ma Constitution », Honorine Atikpa, Présidente de l’Ong « Dignité Féminine » Huguette Apklogan Dossa de Social Watch et Marie-Elise Gbèdo étaient de véritables figures de proue de la cause féminine. Mais depuis peu, elles ont abandonné cette scène au profit d’activités politiques ou sont en retraite déguisée.

 Le poids de l’âge a eu raison de Gbèdo

 Autant, elle n’est plus à présenter, autant Marie-Elise Gbèdo se fait de plus en plus rare dans les luttes touchant les conditions de la femme. Pendant des décennies, elle en avait fait son cheval de bataille, multipliant les sensibilisations à l’intérieur du pays et défendant, contre vents et marrées, les femmes victimes de violences conjugales. Ses immersions en politique avec ses candidatures aux présidentielles en 2001,2006 et 2011 et ses entrées au gouvernement entre mai 1998 et juin 1999, et de 2011 à 2012, n’ont pas entaché son image de femme battante et de « femme amazone », malgré quelques critiques qu’elle essuie avec son statut de « divorcée ». Il semble que c’est son âge (bientôt 61 ans) qui limite ses actions et sa visibilité. Depuis son départ du ministère de la Justice, elle se consacre essentiellement à ses fonctions d’avocate et de Présidente de l’Association des femmes juristes du Bénin. Rékya Madougou a connu une trajectoire similaire depuis sa sortie du gouvernement, au même moment que son illustre prédécesseur Marie-Elise Gbèdo. Révélée à la face du monde au début de l’année 2005 avec son slogan « Touche pas à ma Constitution », celle qui deviendra, quatre ans plus tard, ministre a été de toutes les luttes de la Société civile. N’ayant pas su résister à la politique, elle a fait une entrée très fracassante au gouvernement. Aujourd’hui, sa crédibilité et son intégrité s’en trouvent diminuées. Moins de personnes croient en elles. Ses positions favorables au projet de révision de constitutionnel de Yayi ont fini par lui arracher ce qui lui restait comme sympathie au sein de l’opinion. Pour autant, son expérience gouvernementale au ministère de la microfinance lui servira de tremplin pour des fonctions internationales. Ainsi, elle est devenue consultante internationale en finance inclusive pour plusieurs instituions internationales dans nombre de pays africains. Sans faire ses adieux officiels, Réckya Madougou s’est discrètement retirée de la Société civile pour passer à autre chose. Il y a le lot de celles qui ont succombé à la politique, celles à qui l’âge et, peut être, les échecs ont réduit la combativité et celles qui sont passées à autre chose certaines. Il y en a qui sont toujours présentes sur la scène publique, mais qui se sont reconverties à la politique.

 Abib Ishola Arouna

 Femmes baromètres et après ?

S’arrêter, réfléchir, c’est prendre le risque de comprendre. Le désamour avec le Chef du discours ‘’je vous aime’’ a fait naître, il y a quelques mois, une génération de femmes qui, sans être forcément de la même génération, ont fait le pari de défendre ensemble un idéal qui ne manque pas de pertinence. Les femmes baromètres comme pour réclamer un idéal politique détaché de la mendicité ambiante actuelle, ont trouvé comme repères, la sauvegarde des acquis démocratiques, l’éthique politique et la forte participation féminine aux instances de prise de décision. Des tournées ont été réalisées pour, disent-elles, susciter plus d’engagement au sein de la gent féminine. L’expérience était enthousiaste. Le mouvement avait été perçu comme une révolution juste qui pourra soustraire la femme de son rôle légendaire de faiseur de roi. Mais l’évolution des choses laisse l’opinion dubitative quant aux motifs réels de l’engagement de ces femmes. Femmes baromètres, signifie-t-il femmes en campagne pour conquérir l’électorat féminin ou femmes engagées et prêtes à défendre partout les intérêts des siennes ? Cette lancinante question revient avec insistance et on se demande ce qu’a été l’implication réelle de ces femmes dans la confection des listes électorales au sein de leurs formations politiques respectives. Quand on fait l’exercice fastidieux de parcourir les listes publiées récemment par la Céna, on découvre qu’il n’y a vraiment rien de nouveau dont on peut s’extasier. Les femmes continuent d’être à la remorque avec comme d’habitude des positionnements de remplissage sur les listes électorales. La ruse politique s’est une fois encore invitée au désavantage de celles-ci, étourdies par le chagrin au lendemain du verdict de la Commission électorale nationale autonome (Céna). Conclure que la lutte ‘’baromètre’’ est vaine ne serait pas exagérée car, les listes électorales constituent désormais le seul ‘’baromètre’’ efficace pour mesurer l’engagement de ces femmes ‘’baromètres’’ aux côtés de leurs paires. Même s’il est inepte autant que dangereux de se lancer dans des appréciations complexes et des polémiques immédiates, gageons tout de même que le 26 avril sera le détour vital pour apprécier l’engagement politique de chacun. La marche sera longue. Les élections communales et municipales aussi s’annoncent rudes. Elles permettront certainement de mesurer l’implication des vraies femmes leaders. Celles-là même qui se battent pour le positionnement de leurs paires, en vue d’une forte représentativité.

Hospice Alladayè

Toujours au front, que font-elles?

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Arlette Saizonou

Arlette Saïzonou :   Chaque année Madame Arlette Saïzonou soutenue, par son époux, n’a jamais cessé d’aller au secours des enfants orphelins à travers son association. Pour avoir été orpheline de mère à deux ans, tout comme son époux qui l’a été également dès l’âge de trois ans, la présidente de « Vioutou –Bénin » pense qu’être orphelin ne doit pas être un handicap pour la réussite sociale. Et cette réussite passe forcement par l’éducation. C’est pourquoi elle ne cesse de multiplier les actions sociales à l’endroit de ces enfants. En dehors des orphelins qui sont régulièrement soutenus, elle s’est engagée dans la lutte pour l’épanouissement de la femme. Justement à cette occasion, pour la commémoration de la journée internationale de la femme, elle a procédé à la sensibilisation de cette gent féminine sur le code des personnes et de la famille. L’Ong Vioutou-Bénin lutte contre la maltraitance et œuvre pour que le droit des enfants soit reconnu et appliqué.

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Léontine Konou-Idohou

Léontine Konou-Idohou: Docteur en pharmacie, militante infatigable de la société civile béninoise dont elle est l’une des figures de proue, Léontine Konou-Idohou est la présidente du Réseau pour l’Intégration des Femmes des Ong et Associations africaines, section Bénin (Rifonga Bénin). L’objectif principal du Rifonga est d’améliorer la représentativité des femmes dans la sphère politique. Selon ses membres, « les femmes doivent être bien représentées dans toutes les instances de décision, à la fois qualitativement et quantitativement ». Le Rifonga s’est fixé comme principaux objectifs :

  • D’œuvrer pour l’intégration socio-économique des femmes;
  • D’améliorer le taux de participation des femmes à la prise de décision dans la vie politique;
  • De proposer des stratégies susceptibles d’amener les pouvoirs publics à prendre des mesures favorables à l’épanouissement de la femme et de l’enfant.
  • Grâce aux actions soutenues de plaidoyer de l’association, une loi a été votée en août 2001, afin de renforcer le code de la personne et de la famille béninois et de garantir une meilleure protection aux femmes victimes de violences et confrontées à l’abandon du foyer familial par leurs époux.
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Geneviève Boko Nadjo

Geneviève Boko Nadjo:  Geneviève Boko Nadjo Magistrat et spécialiste en management des élections, elle fut procureure près le tribunal de Première Instance de Cotonou et Directrice de Cabinet du Ministère de La Justice, de la Législation et des Droits de L’Homme. Elle est la Coordonnatrice Nationale du Réseau d’ONG « Femmes, Droit et Développement en Afrique Wildaf/ Bénin» qui œuvre pour des actions de lutte contre les violences basées sur le Genre. Elle est chargée de la coordination des activités du Compendium des Compétences féminines dans le département du Littoral

Wildaf-Bénin œuvre pour l’accès effectif des femmes rurales à la terre: Projets de décrets d’application de la loi portant régime foncier rural. Promouvoir principalement auprès des femmes la bonne connaissance et l’utilisation efficace de la loi pour l’auto-développement de la communauté, de la sous-région et de la région. Au Bénin, Wildaf a créé un centre pour accueillir les femmes victimes de violences physiques, morales ou psychologiques. Une psychologue, un médecin et un avocat y travaillent en permanence, afin de venir en aide aux femmes qui se présentent. La stratégie privilégiée est la conciliation des parties, mais si cela est nécessaire, le réseau aide les femmes à intenter une action en justice. Ainsi, récemment, une jeune fille mariée de force a été hébergée par le centre qui a engagé des poursuites contre le mari et l’oncle paternel ayant conclu le mariage. Aujourd’hui, le mari est en prison et l’oncle est recherché.