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MARTIN-ASSOGBA
Martin Assogba

Martin Assogba : « Les deux candidats maîtrisent, chacun, son dossier »
« Ce que je puis vous dire, c’est que tous les deux candidats maîtrisent chacun en ce qui le concerne son dossier. Il faudrait que le peuple puisse juger et choisir le meilleur. La victoire revient au peuple ».

Céphise Béo Aguiar : « Patrice Talon l’a emporté »
« On peut retenir, du point de vue de la prestation, chacun d’eux s’est bien débrouiller. Malheureusement, le candidat Lionel Zinsou n’a pas toujours permis à son contradicteur de développer ses idées. Ce n’est pas assez élégant dans un échange de ce niveau. Il y a eu une trop forte personnalisation du débat à son niveau, soit le concernant lui-même, soit à l’autre qu’il avait en face. Du côté de Patrice Talon aussi, il y avait si, on peut dire le mot, cette « percutance » de sa part pour asséner des coups à son adversaire et aussi une teinte d’agressivité bénéfique dans un tel échange parce que dans la courtoisie, il y a assez de hauteur avec des mots assez bien trouvés. C’est mon impression à chaud. Il reste que chaque Béninois se fasse son opinion. Mais, dans le fond, les idées développées de part et d’autre, on peut penser que chacun à une solution pour le Bénin. Mais quelqu’un parmi les deux, du point de vue de la maîtrise des réalités nationales, l’a emporté. Je veux nommer Patrice Talon ».

Prince Agbodjan : « Quelqu’un était plus à l’aise que l’autre »
« Il faut reconnaître que quelqu’un était plus à l’aise que l’autre. Vous aviez observé ce qui s’est passé. Il y a quelqu’un qui disait profondément ce que les gens ressentaient ici et un autre qui n’arrivait pas à intégrer la réalité. Il y a eu des questions précises qui nécessitaient vraiment qu’on fasse un ancrage par rapport à ce que nous vivons. Quelqu’un avait ça. Il faut reconnaître aussi qu’il y a eu des moments où certains n’ont pas reconnu ce qu’il avait dit. Ce sont les clous du débat. Lorsqu’on est obligé de rappeler ce que tu as déjà dit une fois, ce n’est pas bien à ce niveau ».

Moumouni : « Zinsou était sur la défensive et Talon sur l’offensive »
« Il y a de quoi être fier du débat parce que c’est une première. Ensuite, je pense que du point de vue animation du débat, effectivement, on peut mettre un point d’honneur au savoir-faire, du point de vue de l’équilibre de la parole, de l’impartialité. Seulement que le débat a été terminé sans conclusion. Pour ce qui concerne l’intervention des deux débatteurs, je pense que, pour l’ensemble, les deux se sont très bien comportés. Ça a été un débat civilisé sauf que je ne pense pas que ça soit déterminant dans l’issue du scrutin. Je pense que monsieur Zinsou était sur la défensive et monsieur Talon sur l’offensive. De ce point de vue, on peut penser qu’il y a plus de fébrilité d’un côté, c’est-à-dire du côté de monsieur Zinsou mais qui du point de vue du ton et du rythme et du style, a été meilleur à mon sens. Mais du point de vue de la capacité du candidat à aller un peu plus au-delà, disons des faits supposés, monsieur Talon a été meilleur. C’est-à-dire monsieur Zinsou a été un peu plus dans un débat classique, un débat plus ou moins policé pour défendre peut-être son bilan. Donc le langage a été de bois. Mais monsieur Talon un peut plus dans l’offensive, un peu plus consistant dans l’étalage de l’argumentaire. Je dirai que le diagnostic global de la situation du Bénin, monsieur Talon a été meilleur ».

Michel Adjaka : « Lionel Zinsou autorise le pillage des deniers publics »

Michel Adjaka, président de l'Unamab
Michel Adjaka, président de l’Unamab

« Chers amis, je ne sais pas si vous avez suivi sur la télévision nationale le Premier ministre Lionel Zinsou. Sur la justice, le Premier ministre a déclaré que le Président de la République est garant des institutions de la République, y compris la justice, même si les pouvoirs sont séparés. Cette vision vassalique des institutions de la République prônée par le Premier Ministre est contraire à la constitution du 11 décembre 1990. En effet, le Chef de l’Etat, parce qu’il est détenteur de la force publique, est garant de l’exécution des décisions de justice et non des institutions de la République. Il ne peut juger de l’opportunité de l’exécution des décisions de justice, pas plus qu’il ne peut en commenter publiquement la qualité ou livrer leurs auteurs à la vindicte populaire.
La nuance est très importante; la confusion ou l’amalgame est nuisible à la démocratie et à l’Etat de droit.
La vision tropicalisée de la séparation des pouvoirs que porte le Premier Ministre est handicapante pour le développement du Bénin qu’il appelle de toutes ses forces. La démocratie béninoise obéit aux mêmes exigences conceptuelles que les vieilles démocraties occidentales.
Selon le Premier Ministre, le Chef de l’Etat peut s’opposer à l’exécution des « décisions de justice politiquement sensibles ». Quelle décision qualifie t-il de « politiquement sensible »? Quand dit-on qu’une décision de justice est « politiquement sensible »?
Pour faciliter la tâche à ses concitoyens et surtout aux acteurs de la justice, le Premier Ministre à grand intérêt a fait voter une loi pour préciser les contours de ce concept nuisible à la sécurité juridique et à la paix.
Enfin, lorsqu’il a été demandé au Premier ministre si, devenu Président de la République, il fera faire un audit sur la gestion de son prédécesseur. Monsieur le Premier ministre a déclaré qu’il faut éviter de faire la chasse aux sorcières. Pourtant, le chef de l’Etat Boni Yayi ne rate aucune occasion pour nous inviter à nous soumettre à l’obligation de compte rendu. Maintenant que l’heure est arrivée de sacrifier à cette obligation, tous les dirigeants actuellement aux affaires sont des sorciers qu’il faut éviter de perturber. Autrement dit, le Premier ministre autorise le pillage sans crainte des deniers publics, puisque tous les pilleurs sont des sorciers. J’ai le souffle coupé. Mon pays est malade de ses intellectuels, notamment de ses acteurs politiques