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Le président Nago n'y est pas allé du dos de la cuillère
Le président Nago n’y est pas allé du dos de la cuillère

A l’occasion de la cérémonie qui s’est déroulée ce jour dans la salle rouge du Palais des Congrès, et qui a permis aux Forces démocratiques unies (Fdu) de faire son entrée dans le monde politique béninois,le coordonnateur national de cette alliance politique, le président de l’Assemblée National Mathurin Coffi Nago, en présence de plusieurs ténors et autres partis alliés venus soutenir le nouveau-né, a tenu des propos très acerbes contre le régime de la refondation dont voici les temps forts…

«  De toutes ces manipulations indignes, on est en droit de se poser une seule question fondamentale. Pourquoi veut-on coûte que coûte faire porter par un autre une initiative que l’on a soi-même prise et défendue ? Pourquoi ne pas assumer sa responsabilité ? Il ne s’agit pas d’une proposition ! Une proposition ce sont les députés qui la font ! Il s’agit d’un projet de lois donc initié par le Gouvernement et son Chef.Vous voulez quelque chose, vous l’assumez, prenons l’habitude d’assumer nos responsabilités ? Dans le contexte politique actuel, il est urgent que cette pratique malsaine soit rééditée. Tous ces tapages médiatiques, nous nous attendions à cela. Parce que nous l’avions pressenti déjà en juin 2013. Et comme ça pose quelques problèmes maintenant et qu’il y a une tension, et que l’on cherche à tuer ou à créer de problème à certain quelqu’un a parlé d’une liste noire tout à l’heure, nous savions qu’on allait agir de la sorte puisque nous connaissions les habitudes et nous nous attendions à cela. Quand on ne veut pas assumer les responsabilités de l’initiative que l’on a prises soi-même, est-ce à dire que cette initiative est suffisamment grave pour que les initiateurs ne puissent pas supporter la responsabilité, en fuyant délibérément soi-même ses propres responsabilités ? Je commence par avoir la certitude, et je voudrais nous l’expliquer quelque peu. Mesdames et Monsieur, si le projet de révision ne nous posait aucun problème fondamental au début, les manœuvres et manipulations diverses observées dont je viens de décrire certaines, ajoutées aux informations graves apportées régulièrement par plusieurs personnalités très proches du pouvoir, ont fini par me convaincre qu’il fallait prendre du recul par rapport à ce dossier devenu délicat et encombrant. Et c’est là que j’ai pris mon recul en toute responsabilité sachant que j’ai été élu par un peuple à travers les députés. J’ai pris mon recul et j’ai reconnu très tôt que vue la qualité de la chose, j’avais raison. Je voudrais ici et maintenant leur rendre un bel hommage pour avoir très tôt levé un coin de voile sur ce dossier extrêmement grave. J’ai pris du recul, et c’est ça qui fait mal, et c’est ce qui explique cette cabale médiatique organisée autour de ma personne. Un dossier encombrant, mal ficelé, improvisé, précipité comme à l’accoutume, un dossier qu’on a retiré une première fois sans avoir consulté les membres du bureau de l’Assemblée nationale, sans avoir consulté même les principaux responsables de l’alliance qui se dit être propre du pouvoir. Mais tout cela ne m’a pas empêché en tant que Président de l’Assemblée Nationale de faire suivre au dit projet de lois la procédure législative requise. Puisque la décision finale revient de droit aux commissions parlementaires compétentes puis à la plénière conformément aux lois et aux jurisprudences éditées par la Cour Constitutionnelle.Je voudrais vous rappeler que la commission des lois de l’Assemblée Nationale a estimé que s’appuyant sur les jurisprudences de la Cour Constitutionnelle, il fallait pour ce dossier de révision, un consensus non seulement au sein de la représentation Nationale mais aussi au sein du pays. Cette commission que je voudrais saluer ici respectueusement à travers sa Présidente a fait plusieurs séances et a estimé qu’il n’y a pas consensus et dès lors qu’il n’y a pas consensus il ne saurait avoir vote de mise en œuvre de la procédure législative menant au vote de cette loi. Par conséquent le projet est là. Certains collègues voulaient qu’on le sorte du portefeuille de l’Assemblée Nationale, et j’ai dit non qu’il revient aux auteurs seuls de retirer ledit projet. Si les auteurs ont compris le cri de détresse manifesté par la quasi-totalité du peuple Béninois et se décident enfin à retirer cela, ce serait alors heureux. Mais je constate que l’on a décidé délibérément de rester dans l’erreur pourvu qu’ils s’en rendent compte avant qu’il ne soit trop tard parce que le peuple est là. On garde l’espoir pour que le partenaire s’améliore mais à force d’attendre l’espoir et l’amélioration ce serait bien grave que nous nous accrochions et restions là à admirer ces genres de comportements. Ce n’est qu’après que nous avons décidé de le dire en face du public et nous allons continuer de le dire parce que nous avons été déçus, nous avons fait confiance comme d’autres l’on dit tout à l’heure, sans connaître le candidat nous basant sur ce qui est dit, ce qui est proclamé : « ça va changer ! Ça veut changer ! Et ça doit changer ! » Nous avons pris tous les risques, nous avons travaillé pendant quatre (4ans), le peuple béninois en est témoin nous étions le rempart. Je vous laisse apprécier les comportements actuels avec ce que nous même avions fait. Je pense que c’est bien décevant que l’on soit payé ainsi… c’est pourquoi saisissant cette importante opportunité j’en appelle ici et maintenant à toutes les forces démocratiques partis ou alliances de partis pour qu’ensemble nous puissions constituer un partenariat politique et stratégique fort et durable pour faire face à tous les défis qu’implique la situation de tension politique et de crise socioéconomique actuelle marquée notamment par les velléités réelles de révision opportuniste de notre loi fondamentale et des manipulations des prochaines opérations électorales. Je me réjouis que le Président de l’alliance soleil ait eu la même idée qui est de même déjà partagée par d’autres alliances à savoir l’And (Alliance nationale pour la démocratie et le développement), et l’Union fait la Nation avec lesquels nous échangeons parce que nous avons tous un seul objectif : c’est de faire en sorte que le Bénin continue d’avancer sur tous les plans et surtout sur celui démocratique. C’est aussi faire en sorte qu’un seul individu ne se croit propriétaire de tout un pays. Nous allons nous mettre ensemble à travers le front républicain, et je voudrais dire également que les collègues des présents partis qui ont fait allusion à ce qui se prépare notamment les fraudes que certains pensent pouvoir organiser, nous ne devons pas nous laisser faire. De même le chantier de l’Assemblée Nationale est un vrai scandale. Pourtant dès le début, avant même l’initiation de ce chantier j’avais attiré l’attention de qui de droit. J’ai rencontré plusieurs ministres du Gouvernement dans ce sens, j’ai pris sur moi des entreprises chinoises mais malheureusement on les a tous chassés et menacées de mort. C’est vous dire que ce chantier était mort avant Même d’avoir commencé. Je compte donc sur vous pour que nous finissions avec ce que nous observons. Je voudrais vous inviter dans ce partenariat de sursaut républicain avec derrière nous tout le peuple. »

Propos transcrits par Aldo Gaspard Ba