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abdoulaye-bio-tchane-2Le rachat de la dette est un mode de gestion active de la trésorerie. Répondant aux préoccupations du député Guy Mitokpè, le ministre Abdoulaye Bio Tchané l’a martelé jeudi 12 avril 2018 à l’hémicycle. Ci-dessous ses déclarations.

« Sans entrer dans le fond de la véracité de l’assertion et pour ne pas épiloguer, il convient de rappeler à la représentation nationale que l’opération de rachat de la dette est un mode de gestion active de la trésorerie. Cet outil de gestion universellement usité est déclenché quand il s’agit de lisser le profil de remboursement de la dette en tenant compte de certains facteurs inhérents à la qualité du portefeuille. En effet, lorsqu’on constate au niveau du portefeuille, l’existence de dettes avec des taux d’intérêt assez élevés qui ont pour corollaire un service de la dette très onéreux, on a la possibilité de procéder à des ajustements en concertation avec les prêteurs.

Dans le cas d’espèce, l’opération de rachat partiel de la dette intérieure comme il est envisagé, vise des dettes contractées à des conditions qui ne sont pas à l’avantage de l’Etat béninois. Il s’agit donc des dettes héritées en grande partie de la gestion passée, ayant une maturité moyenne de 3,3 ans avec un taux d’intérêt moyen de 7,2 %. Parmi celles-ci figure le Prêt Boad signé le 07 avril 2015 pour la Construction d’une Centrale thermique de 120 Mw à Maria Gléta à un taux d’intérêt de 8,5%. Ce taux apparaît très élevé pour la nature de l’investissement. De plus, du fait d’une mauvaise planification et d’un mauvais montage, ce projet est aujourd’hui à l’abandon. Le Gouvernement a donc entrepris de corriger cette situation en refinançant la dette actuelle c’est-à-dire en contractant de nouvelles dettes à des taux bien plus faibles sur une durée beaucoup plus longue.  Il convient de souligner que cette option n’est possible aujourd’hui que grâce à la crédibilité retrouvée du Bénin à la faveur des réformes économiques et financières conduites depuis avril 2016. Les principaux avantages attendus de cette opération sont les suivants : diminuer le service de la dette (en réduisant les charges d’intérêt) sur le court et moyen terme. Cela contribue à dégager des ressources pour fluidifier l’économie, financer les projets du gouvernement et améliorer le cadrage macroéconomique ; lisser le profil du service de la dette.  Selon les dernières données de la Caisse autonome d’amortissement (Caa), en 21 mois, c’est-à-dire du 31 mars 2016 au 31 décembre 2017, la dette publique du Bénin est passée de 2101,17 milliards à 2927,44 milliards, cet état de chose pourrait-il aider à comprendre que notre pays sera bientôt en cessation de paiement, car nous sommes le 27 mars 2018 et certaines catégories de fonctionnaires n’auraient pas encore perçu leur salaire du mois de février 2018 ? Sur la question de l’accroissement de la dette publique de mars 2016 au 31 décembre 2017 qui entraînerait la faillite du Bénin en raison du non-paiement des salaires de certaines catégories de fonctionnaires, il convient d’appeler l’attention de la représentation nationale sur le fait que le Bénin est en excellente santé financière. La dernière mission du Fmi relative au suivi du Programme économique et financier a eu à examiner les divers indicateurs macroéconomiques du Bénin.

De cette analyse, il ressort que tous les indicateurs de suivi du Programme (quantitatifs et structurels) fixés pour fin décembre 2017 ont été respectés. Le communiqué final du Fmi suite à la deuxième revue du Programme est assez édifiant à ce sujet. A fin décembre 2017, le ratio « encours de la dette publique sur Pib » est de 54,3% largement inférieur à la norme communautaire de 70% retenue dans le cadre du mécanisme de surveillance multilatérale de l’Uemoa. Il faut signaler que le non-paiement de salaire à certaines catégories de fonctionnaires était lié à la situation de grève qui nécessitait de faire le point des présences avant le mandatement des salaires. Aujourd’hui la situation est normalisée. En outre, il faudrait ajouter que depuis la prise de fonction du Gouvernement en avril 2016 tous les salaires, pensions et bourses, sans exception, sont régulièrement payés, à bonne date, ce qui traduit qu’il n’y a pas de difficultés de trésorerie ».

 Propos recueillis par Martin Aïhonnou

(Coll)