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Rachidi Gbadamassi

« Nous venons d’écouter religieusement les propos limpides du ministre des Travaux publics. Monsieur le Ministre ! Comme l’a dit Abdoulaye Issa, la voie royale pour convaincre les masses populaires, c’est le concret. Et le président Patrice Talon est en train de mettre à exécution, ce principe : le concret. Nous avons compris, à travers votre déclaration, que vous êtes en train de gérer l’improvisation, la navigation à vue et l’incompétence d’un régime en quête de popularité. Vous êtes en train de gérer l’inefficacité chronique d’un pouvoir qui ne fait pas les études avant de lancer les travaux. C’est le B-A=BA en architecture. On n’a pas besoin d’être un agrégé pour savoir que pour construire une maison, il faut des normes. L’aéroport international, cela veut dire le respect des normes…On ne veut pas construire l’aéroport de Parakou pour qu’il y ait des crashs.

Populations de Parakou. Nous ne sommes pas des adolescents en politique…L’expérience politique fait la différence… Nous avons quand même une durée de vie au Parlement. Même ceux qui nous ont précédés n’ont pas fait notre durée de vie au Parlement. Nous sommes en politique et nous demandons aux populations de nous faire confiance. C’est le lieu de remercier le ministre. Car, mon collègue Issifou et moi, lorsque nous avons appris que le scanner est déplacé, le ministre a fait l’honneur de nous recevoir.

Halte à la manipulation politique. Ce qu’on n’a pas pu faire en dix ans, ce n’est pas quand on n’est plus président qu’on va le faire. C’est clair ! Qui veut mentir et qui veut manipuler qui ? On ne doit pas opposer les populations de Parakou au nouveau régime. Nous, nous sommes là pour mettre notre expertise politique en jeu pour que président Patrice Talon puisse investir à Parakou. En tout cas, nous ne sommes pas des fous. Nous ne sommes pas des adolescents politiques pour faire une opposition au détriment de nos populations. Je ne ferai pas ça.  Même si le Président de la République nous demande de nous coucher pour que Parakou puisse avoir des milliards, je le ferai. Ça, c’est la science politique. C’est une affaire d’intelligence et de culture. Il y a Max Weber qui définit la politique comme l’art de prendre une décision contre l’avis des autres. En politique, il faut avoir le plan B, le plan C, même le plan Z. Et nous aujourd’hui, nous demandons humblement au président Yayi Boni de ne pas opposer Parakou au nouveau régime. C’est une manière d’opposer, de montrer, de détruire l’image de Parakou et de montrer aux populations que Parakou n’est plus avec le nouveau régime. C’est ce que nous ne voulons pas. Monsieur le Ministre, soyez notre porte-parole auprès du Gouvernement de la Rupture. Nous avons d’énormes difficultés. Nous voulons rattraper les dix ans. Comme l’a dit quelqu’un, nous avons dirigé pendant dix ans sans effectivement gouverner. Nous sommes en train de gérer les conséquences chroniques de la navigation à vue. Nous sommes en train de gérer le goût de l’inachevé. Nous n’avons pas l’intention de parler d’un ancien. Mais il n’a qu’à nous laisser. Parakou a son Maire. Parakou a son Préfet. Parakou a ses députés. Il nous revient de gérer la ville de Parakou…Nous ne dormons pas. Nous sommes prêts à nous mobiliser et aller, quartier par quartier, pour expliquer aux populations que Parakou n’est pas stérile, aveugle. Parakou est là pour soutenir le régime en place. Les aéroports, ce sont des lieux de sécurité. Ce sont des lieux de souveraineté comme les radios, les télévisions. Vous voyez, quand les gens veulent faire des putschs dans les autres pays, les cibles, ce sont les aéroports, les radios, les télévisions. Et aujourd’hui, un ancien chef de l’État vient sur le chantier d’un aéroport. C’est suspect. Lorsque Kérékou a fini ses 10 ans,  il est resté chez lui. Lorsque Soglo a fini, il est resté chez lui. Même quand notre papa Zinsou a fini, il est resté chez lui.

Nous demandons au Conseil communal et aux sages de nous faire confiance. Nous sommes là pour représenter véritablement les populations… Pour finir, monsieur le ministre, dites au président Talon de ne pas tomber dans le piège de l’ancien président. Parce que la stratégie qui est là, c’est de vous perturber à ne pas poursuivre les audits. C’est de détourner votre vision à ne pas investiguer sur la gestion machiavélique des véhicules d’occasion. Il faut aller jusqu’au bout. Nous sommes dans un Etat de droit où le principe de la séparation des pouvoirs est respecté. La justice est là. ..Si les audits confirment les malversations, les auteurs vont répondre. La stratégie, c’est de venir à Parakou pour détourner l’attention des populations et faire la victime… Mais Parakou n’est plus Parakou des années 60 où le peuple est dans l’ignorance. Le peuple est mur et mâture.  On ne peut pas les manipuler. …Nous demandons au Président d’être vigilant et  de ne pas céder à la manipulation…Ce comportement, c’est indigne d’un ancien président de la République… »