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Le député Gérard Gbénonchi

C’est un secret de polichinelle que les autorités de l’Université d’Abomey-Calavi (Uac) se sont engagées, depuis quelques années, dans des réformes tendant à basculer dans le système Lmd (Licence-Master-Doctorat). C’est dans ce contexte que cinq promotions d’étudiants en instance de soutenance de leurs mémoires rencontrent, depuis peu, des obstacles dans de cet acte académique. C’est pour en savoir davantage sur cette situation que le député Gérard Gbénonchi a adressé au gouvernement une question orale.

 
Question orale avec débat au gouvernement
 
Objet : Situation des étudiants des promotions ayant fini la 4ème année en 2012-2013-2014-2015 et 2016 à la Flash et en instance de soutenance de mémoires de maîtrise, mais bloqués depuis lors par un système inquiétant.
 
Tout le monde s’accorde à dire que la jeunesse est l’avenir de l’Afrique et de notre pays en particulier. De même, il est généralement admis que sans une éducation nationale au point, et une formation adaptée et accessible, point de salut pour la jeunesse béninoise et africaine. Dans le programme d’actions du gouvernement, le régime du Nouveau départ affiche une ambition prioritaire formulée ainsi qu’il suit : « En relation avec les ambitions économiques du pays, le Gouvernement compte reconstruire le système éducatif, (i) bâtir une nouvelle gouvernance du secteur basée essentiellement sur une dépolitisation de l’administration de l’éducation et une amélioration de la qualité de l’enseignement… »
Mais cette ambition de reconstruction et  d’amélioration de la qualité de l’enseignement ne semble pas trouver écho dans certaines de nos universités, et plus particulièrement à la Flash de l’Uac.
Sinon, comment expliquer que, cinq (05) promotions d’étudiants ayant fini la quatrième (4ème)  année d’études à la Flash et qui ont entrepris de rédiger leurs mémoires de Maîtrise, qui ont régulièrement déposé leurs mémoires rédigés à leurs différents Maîtres, ne puissent pas bénéficier de la moindre attention de la part de ces maîtres, après des mois, et bien souvent des années ?Le constat profondément affligeant est que ces étudiants sont soumis à des traitements indignes infligés par  des animateurs d’un haut lieu du savoir et de la science.
Ces traitements ont noms, sans que leur liste soit exhaustive :
rançonnement à outrance (paiement préalable de cent mille (100.000) Francs Cfa) ;
injures ; menaces de châtiments corporels ; droit de cuissage au niveau des filles ;
menaces de mort contre toutes menaces de dénonciations des pratiques honteuses…
La liste des mesures d’intimidation, indignes d’une université, est bien plus longue encore. La réalité des faits vécus par de pauvres apprenants peut être vérifiée… C’est dans ces conditions qu’il a été annoncé par le décanat de la Flash, la fin du cursus universitaire pour la Maîtrise à fin septembre 2017 prochain, afin d’installer le système Lmd.En effet, un communiqué signé du vice-doyen de cette entité de l’Uac informe les étudiants de la 4ème année n’ayant pas encore soutenu leur mémoire de maîtrise, qu’après le mois de septembre 2017, aucune soutenance de maîtrise ne sera autorisée dans aucune entité de l’Uac. Et pourtant, certains des étudiants des promotions susmentionnées ont déjà dépensé entre 350.000 et 800.000 F Cfa dans le rançonnement sans être parvenus au bout de leurs peines. D’autres, de guerre lasse, ont purement et simplement renoncé, pour embrasser le dangereux métier de « Zemidjan-men » dans nos villes. C’est au vu de ce tableau sombre et pour clarifier cette situation, et en application de l’article 108 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, qu’il est demandé au gouvernement de fournir à la Représentation nationale, les réponses relatives aux questions ci-après:Même si nous n’ignorons pas les effectifs démesurés de certaines facultés,
Quel sort réserve-t-on aux étudiants des promotions 2012-2013-2014-2015 et 2016 qui ont été empêchés de finir la rédaction, et/ou la soutenance de leurs mémoires en vue de la validation de leur diplôme de Maîtrise ?
 
Que peut faire le gouvernement pour inciter les maîtres de mémoire à suivre les travaux des étudiants sans se livrer à des pratiques douteuses ?
 
Objectivement, le délai de fin septembre 2017 permet-il à toutes ces promotions de finir la rédaction et de soutenir leurs mémoires dans de bonnes conditions ?
 
Quelles mesures le gouvernement entend-il prendre pour mettre un terme aux pratiques de rançonnement, de harcèlement sexuel et financier et de torture morale dans nos universités publiques ou privées ?
 
Plus généralement, que compte faire le gouvernement pour relever le niveau moral et scientifique dans toutes nos universités, pour lutter plus fermement contre les réseaux mafieux qui déshonorent l’université, et pour réduire drastiquement la corruption et les mauvaises pratiques ?
 
Fait à Porto-Novo, le 12 juin 2017
Hon. Gbénonchi Gérard