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Talon 2Les fruits porteront la promesse des fleurs. La rigueur mise en œuvre par le gouvernement et le chef de l’Etat pour sortir l’économie béninoise de l’ornière, n’est pas vaine. Le rapport publié par la Banque africaine de développement (Bad) explore l’horizon et donne quelques bonnes nouvelles pour les impatients.

Les efforts faits par le Président Patrice Talon commencent par donner des résultats. C’est ce qui ressort du rapport « Perspectives économique de l’Afrique » de la Banque africaine de développement (Bad). Ainsi pour 2017, le taux de croissance du Pib réel est estimé à 5,5 %, en progression par rapport aux 4 % de 2016. Les projections pour 2018 et 2019 sont aussi prometteuses avec des taux respectifs de 6,1 % et 6,5 %. Courant 2016–2017, la performance économique était principalement due aux réformes du Programme d’actions du gouvernement (Pag) 2016–2021, intitulé « Bénin Révélé » et visant à augmenter les dépenses publiques d’investissement dans les infrastructures, l’agriculture, le tourisme ou les services de base. Ces perspectives positives devraient également s’expliquer par la considérable augmentation de la production agricole, notamment du coton, estimée à 450 000 tonnes en 2016,  l’augmentation des capacités de production de l’électricité, et la reprise économique au Nigéria, dont l’activité commerciale du Bénin est tributaire. Toutes choses qui ont permis une nette évolution des indicateurs macroéconomiques du Bénin.Selon ces indicateurs macroéconomiques, le déficit budgétaire devrait grimper de 5,6 % du PIB en 2016 à 5,9 % en 2017. Les autorités béninoises exprimant la volonté de mieux contrôler leurs dépenses, il devrait redescendre à 4,8 % en 2018 et 3,1 % en 2019, grâce à une politique fiscale plus restrictive à partir de 2017 visant à atteindre les 3 % fixés par l’Union économique et monétaire Ouest-Africaine (Uemoa). En mars 2017, le risque de surendettement est passé de faible à modéré dans une analyse de soutenabilité de la dette du Fonds monétaire International (FMI). La dette publique est, en effet, passée de 50,3 % du PIB en 2016 à 53,4 % en 2017, à cause des dépenses effectuées dans le cadre du Pag. Les efforts de l’État pour mobiliser des ressources grâce à l’émission d’obligations et à des partenariats techniques et financiers devraient permettre de réduire la dette à 51,46 % du PIB dès 2019. Grâce à la politique de stabilité des prix de l’Uemoa ainsi qu’à une bonne campagne agricole et aux faibles prix du pétrole, l’inflation devrait rester inférieure aux 3 % définis par l’Uemoa. Le déficit du compte courant s’est détérioré entre 2016 (7.3 % du PIB) et 2017 (9.5 %), mais une légère amélioration est prévue en 2018 et 2019.

 Elargir la base de production et pour  tirer parti du marché ouest-africain

 En avril 2017, le Fmi a approuvé un accord triennal de crédit d’un montant de 151,03 millions de dollars US afin d’aider le Bénin à mettre en œuvre les réformes du Pag  soutenant les investissements tout en préservant la soutenabilité de la dette. Ces réformes devraient permettre au Bénin de diversifier son économie en améliorant les activités de transformation dans l’agriculture et l’agro-industrie, et en modernisant l’élevage, la pêche et le tourisme. La stabilité politique démontrée par le bon déroulement des élections présidentielles de 2016 et le renforcement du partenariat public-privé contribuent à rendre le pays plus attrayant pour les investisseurs. L’entrée en vigueur en janvier 2015 du Tarif Extérieur Commun (TEC) de la CEDEAO est également une occasion pour le Bénin d’élargir sa base de production et de tirer parti du marché ouest-africain.

 Les effets de l’économie nigériane

 Néanmoins, une incertitude liée aux effets du climat sur l’agriculture et à la dépendance vis-à-vis de l’économie nigériane entoure les projections de croissance. Durant sa période de récession, le Nigéria a introduit des restrictions commerciales qui ont affecté le Bénin et constitueront une incertitude supplémentaire si elles ne sont pas levées. Malgré les efforts liés aux réformes, le Bénin reste confronté au manque d’infrastructures, aux problèmes de gouvernance économique et financière, aux difficultés du secteur privé. Il figure parmi les dix meilleurs pays réformateurs en 2015 et 2016, mais sa place de 151e sur 190 pays dans le rapport Doing Business 2017 témoigne des efforts à accomplir pour améliorer le climat des affaires. Avec un taux de pauvreté de 40,1 % en 2015, un chômage persistant, et un indice de développement humain de 0,485, la croissance inclusive reste un défi majeur.L’espoir est donc permis. Les Béninois ressentiront de plus en plus tous ces progrès dans leurs poches à partir de 2018, année où démarre une bonne  partie des grands projets contenus dans le Programme d’actions du gouvernement qui, sur le terrain, est entré dans sa phase active.

W. N.