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laurentPlusieurs années déjà qu’il occupe le cœur de ses mélomanes avec ses sonorités salsa de facture exceptionnelle. Parti de petites prestations dans les rues de Paris, Laurent Hounsavi est l’expression même de l’endurance et de la passion pour la musique. En pleine ascension, l’artiste revient dans cette interview sur son parcours et sur ses projets. (Lire l’interview)

Le Matinal : Ça fait un bail. Pourquoi ce long silence ?
Laurent Hounsavi : Je salue mes fans et mes amis que je n’ai plus eu l’occasion de rencontrer depuis longtemps. Mes salutations vont aussi à l’endroit des journalistes, animateurs et diffuseurs qui n’ont ménagé aucun effort pour faire la promotion de mon dernier album. En fait, il y a eu un long silence pendant que je préparais mon dernier album, mais je venais quand même au pays pour des concerts. Seulement, pour des raisons de budget, les organisateurs ne faisaient pas suffisamment de pub (publicité) pour qu’un large public soit informé des événements qu’ils organisent. Du coup, nombre de mes fans ne sont pas toujours au courant de mes activités et de mes actualités. L’année dernière, j’étais venu par deux fois au Bénin. J’y étais pour participer à la soirée des Bga (Bénin Golden Awards) en septembre où mon clip Djalé (dernière version) a remporté le prix de la meilleure vidéo. J’étais au Bénin en février 2016 pour le festival de Kizomba plus un concert au « Sun beach Hotel ».
J’étais en concert en 2015 aussi au festival de Salsa.
Depuis 2010, je me rends au Bénin au moins une fois par an.

Tu as manqué à tes mélomanes par ici. Combien d’albums déjà dans la besace ?

J’en suis à 3 Cd dont 2 albums. Le dernier Latinafrica est sorti en 2015. Concernant mon actualité, je suis en studio en ce moment en même temps que je compose. Je me prépare aussi pour mes prochaines tournées. Je profite pour remercier encore les diffuseurs qui font que mon clip tourne bien. Nous, artistes, avons besoin de soutien. Surtout quand on n’a pas de producteur et qu’on doit tout faire tout seul sur fonds propres. La promotion est ce qui coûte cher. C’est à ce niveau justement que se trouvent mes limites.
Quand on doit financer les arrangements, la production, la production des clips, il est quasiment impossible de financer également tout seul, la promotion sur les médias à moins d’être millionnaire. Ce que je ne suis pas malheureusement.
Il y a encore des chansons de mon premier album qui restent totalement inconnues du grand public faute de promotion!

Mais par ici, il semble qu’il y a un petit effort qui se fait puisque ton clip tourne assez souvent. C’est un nouveau sigle ?
Le clip qui tourne « Por que sufrir » est un extrait de mon dernier album Latinafrica, enregistré et masterisé entre Paris et New-York. Il comporte en majorité de la Salsa, mais aussi de la Kizomba et le rythme Bachata qui sont de nouvelles sonorités. L’une est venue d’Angola et l’autre de la République dominicaine. Elles font partie intégrante aujourd’hui des rythmes et soirées afro-latines.

Laurent réside toujours en France ? Il ne fait que la musique ?
Je vis à Paris en France depuis un peu plus d’un quart de siècle, et ma seule activité est la musique, en effet.

Parles-nous un peu de tes débuts. Tu jouais dans les métros parait-il… ?
Oui, c’est tout à fait vrai. Je jouais dans le Rer (sur un quai où je suis souvent installé) ce qui est différent du métro. J’assume et le revendique. J’y ai fait mes plus belles rencontres et fait mes plus gros chiffres de Cd. J’ai commencé là, quelques années après mon arrivée en France. Mes débuts, c’est au Collège d’enseignement général (Ceg) Gbégamey à Cotonou. Je suis venu ensuite en France pour les études et c’était encore à la Faculté qu’un ami d’enfance, retrouvé à Paris qui s’appelle Camus Adjovi, m’avait un peu forcé la main. On a commencé à jouer dans les rames du métro parisien les samedis quand je n’avais pas cours. Moi, je ne savais pas encore jouer de la guitare à cette époque, mais lui, oui. Moi, je chantais et il m’accompagnait. Et ce qui était au départ juste une distraction est devenu une carrière lorsque j’ai décidé d’arrêter mes cours (à la faculté de Créteil où je devais finir ma licence en Banque et finances) pour me consacrer pleinement à la musique.
J’ai su très tôt que je suis plutôt fait pour les métiers artistiques et non pour des métiers de la finance où je serai assis derrière un bureau. Et surtout quand on voit la réalité du sort réservé aux noirs ici, quels que soient leurs diplômes où leur niveau d’études, il n’y avait pas de quoi se motiver pour de grandes études. La plupart finissent agents de sécurité ou vont à la retraite après des années d’un boulot juste alimentaire et dans lequel ils ne sont jamais épanouis.
Quels ont été les grands défis que la musique t’a permis de relever ?
J’ai réussi la réalisation des plus grands projets de ma vie. J’avoue que cette façon insolite de se promouvoir peut choquer certain(e)s de mes fans (compatriotes). Mais pour moi, c’est une scène comme une autre et surtout une grande école.
Grâce à cette forme et ce lieu d’expression artistique, je n’ai jamais eu besoin d’attendre quoi que ce soit, de qui que ce soit, aussi bien en matière de production de mes albums ou de clips que pour ce qui est du financement de certaines de mes tournées. J’ai également vendu des milliers de mes albums pendant mes « minis concerts ». Chose rare pour un artiste autoproduit.
En effet, c’est une véritable vitrine qui m’offre une visibilité inouïe. Y transitent des millions de passagers en provenance d’un peu partout dans le monde chaque mois. C’est la plus grande gare d’Europe parait-il. Cette gare Rer du Chatelet Les Halles à Paris. Grâce à cette visibilité, je suis invité à jouer à de grandes occasions, pour les plus grandes entreprises françaises, comme Eiffage, Dassault, Edf, Air France, les hôpitaux de Paris, des maisons de retraite, des Mairies et de nombreuses associations. Je suis submergé de demandes et invitations, aussi bien pour des événements publics que pour des prestations privées pour des particuliers.
J’ai donné des concerts, des interviews, fait des émissions télés et radios du monde entier. Mes chansons et mes vidéos tournent sur des chaînes du monde entier.
Je joue tous les week-ends. J’ai des fans en Inde, en Chine, en Afrique, Europe en passant par les États-Unis…
J’ai fait des tournées et des concerts notamment à Hong Kong (10fois), en Thaïlande (6fois), En Inde, aux États-Unis (2fois) dont le Marathon de NY 2011, dans la plupart des villes européennes et d’Afrique, à Singapour, Taïwan, Indonésie… etc. Sans parler de mon Bénin natal où j’ai fait de dizaines de concerts. Je ne suis à Paris que quand je ne suis pas en tournée…
Je voudrais donc dire à ceux qui me plaignent, parce qu’ils me voient jouer sur le quai du Rer ou qui trouvent cela avilissant, que je suis un homme comblé et heureux. Qu’ils sachent que tout va très bien pour moi et j’en remercie le créateur.
Des projets en vue sans doute
Oui ! Evidemment. Une tournée déjà pour 2017 est en préparation avec des destinations comme Chicago, Santa fe, NY et d’autres villes des Usa.
Je pars ce mois de mars à Hanoï (Vietnam), à Hong Kong et Osaka au Japon. 11 villes européennes sont au programme.
Je prévois un concert pour courant décembre, mais la date reste à déterminer.
À tous mes fans au Bénin, je les remercie pour leur soutien et tous leurs nombreux messages que je reçois chaque jour. Je voudrais m’excuser auprès de ceux qui m’ont demandé en ami sur Facebook, mais auxquels je ne peux répondre favorablement du fait que mes comptes sont pleins!
Ils peuvent cependant me suivre en « aimant » ma page Facebook « Laurent Hounsavi Music ». J’invite ceux qui sont amis avec moi sur les réseaux sociaux à partager mes vidéos.

Propos recueillis par Hospice Alladayè