Spread the love
ALEXANDRE-HOUNTONDJI
Alexandre Hountondji, l’invité de  »Cartes sur table »

Alexandre Hountondji, l’un des « rebelles » au processus ayant conduit au choix de Lionel Zinsou a une fois encore donné de la voix. Il persiste et signe. Lionel Zinsou n’a jamais été choisi par les Fcbe. L’ex-conseiller du chef de l’Etat a donné des précisions sur l’émission « Cartes sur table » de la Radio Océan Fm. Lire ci-dessous des extraits de son intervention.

Océan Fm : Les Forces cauris pour un Bénin émergent ont tenu leur conseil au cours duquel, elles ont consacré le choix de Lionel Zinsou comme candidat de l’Alliance. Votre combat a-t-il encore des raisons d’exister ? 
Alexandre Hountondji : Nous vivons des situations extrêmement graves de l’histoire politique de notre pays. Toute la noblesse de la nature tient à ses principes et lois. La légitimité et la légalité d’une décision d’un groupe politique tiennent à ses textes fondamentaux, notamment ses statuts et ses règlements intérieurs. C’est dommage que dans une activité qui devrait nous réunir tous membres de Fcbe, certains, pour des raisons obscures, en opposition aux intérêts du Bénin et du groupe, et très certainement sous l’emprise d’intérêts autres que ceux du Bénin, se refusent délibérément d’observer les textes fondamentaux que notre organisation s’est donné. Le conseil national des Fcbe, réuni comme une messe noire dans la grande nuit noire du vendredi 18 au samedi 19 décembre est un grand complot contre le peuple béninois.
Un complot ?
Un grand complot contre le peuple béninois. Ecrivez cela quelque part. J’aurai bientôt 65 ans. Je suis médecin interniste et de santé publique. Je sers mon pays depuis bientôt 35 ans. J’ai des enfants, des petits-enfants. Ce pays, je l’aime profondément. Depuis 1966, je suis militant de mon pays. Ils sont en train de parler. Demandez-leur s’ils trouvent une tâche sur ma peau, une tâche dans ma gestion. Ils me menacent. Ils veulent attenter à ma vie, disent-ils. On chuchote des choses, mais je suis debout. Le peuple béninois n’a jamais abdiqué et nous n’abdiquerons jamais. Jamais. C’est une affliction. C’est une ignominie qui frappe notre pays de plein fouet. Dans les pays où la majorité présidentielle ne s’est pas entendue, ce sont des affrontements après. Je ne le souhaite pas pour mon pays. J’aime trop ce pays. Mon père et ma mère sont d’ici. Mes aïeux sont d’ici. Mon combat est simple. C’est le combat d’un petit-fils du terroir. J’appelle le meilleur pour mon pays. Je souhaite le meilleur pour mon pays. Nous avons créé notre outil politique en 2007, mais nous étions déjà en politique à travers l’Ubf. Nous sommes venus avec nos camarades.
Donc, vous faites partie de ceux qui ont créé les Fcbe ?
Je l’ai initié. J’ai encore la minute. Je l’ai nommé d’abord Grande alliance cauris. Parce que le 28 mars 2006, alors que la Cour constitutionnelle n’avait pas encore proclamé les résultats, j’étais sûr que mon candidat avait déjà réussi. Heureux, j’ai réuni tous ceux qui avaient participé en sachant qu’il va falloir enraciner ce mouvement. Nous parlions de changement pour l’émergence de notre pays en 2000-2025, prenant en compte les études perspectives à long terme qui sont des études extrêmement bonnes. Nous étions partis avec des sentiments extrêmement nobles. Nous avons eu un candidat vraiment fringant. Nous l’avons porté. Vous m’avez vu dans les contrées reculées à mon corps défendant. Nous avons fini par rassembler suffisamment de monde pour présenter une liste commune en 2007. Les gens nous ont écoutés. Nous avons eu 35 députés. L’année suivante, nous sommes allés et nous avons eu 13.600 élus locaux. 852 élus communaux, 46 maires. Nous avons continué notre petit bonhomme de chemin. Je vous assure, lorsque nous sommes arrivés en 2011 pour les élections législatives et la présidentielle, c’est le KO parce que nous avons déjà franchi les 50 % en 2008. Nous avons pu maintenir cela malgré une opposition qui était vaillante et qui cherchait l’alternance. Nous avons su conduire tout cela pour avoir le résultat. Cela était plébiscité. Nous avons eu 41 députés sur la liste initiale. Nous avons fini par trouver les mécanismes pour construire le plus grand ensemble politique du Bénin. Depuis lors, la cavale a commencé. On voulait soumettre tout le monde. La soumission de tous était voulue par certains. Tout le monde devrait s’aplatir. Cela est inadmissible dans un système qui se veut démocratique, dans un État de droit. On a fini par clochardiser tout le monde. Les textes étaient foulés au pied. Même notre constitution ne dit plus rien à personne. Déjà au Congrès de février, j’ai vu de nouvelles têtes qui étaient venues et qui sont des jeunes. Ok. Personne ne donne le pouvoir à personne. Monsieur Eugène Azatassou que nous avons élu le 19 octobre 2008 en avait pour trois ans. C’est lui qui conduit dans l’illégitimité et l’illégalité totale la messe noire à laquelle nous avons assisté le vendredi nuit. Cette messe noire a commencé à peu près vers minuit et s’est terminée vers trois heures du matin. Qu’est-ce qu’on peut faire dans la nuit noire et qui est une chose noble pour notre pays ?
Ils ont présenté le Premier Ministre  Lionel Zinsou
Oh ! Je suis désolé pour lui. Je ne le connais pas. Je suis un croyant. Je ne suis pas capable d’avoir un jugement de valeur contre lui, mais je l’ai suivi avec beaucoup d’attention depuis qu’il est arrivé dans ce pays. Je connais son père qui a été mon professeur que nous aimons tendrement. On n’aurait pu tout lui donner. Mais qu’est-ce qui l’a amené dans cette galère où il est couvert de honte, d’ignominie ? Il est le produit aujourd’hui d’une félonie jamais égalée. Oh, que Dieu lui épargne cela ! Je connais son géniteur que je respecte.
Vous avez échangé avec son géniteur ?
Je ne peux pas vous dire tout ce qu’il m’a dit, mais je vous résume. Il a dit : « Mon fils s’est retrouvé dans une chose qu’il n’a jamais voulu ». Cela lui est tombé dessus un peu comme ça. Effectivement, on a annoncé qu’il sera premier ministre au Bénin. C’était un positionnement marketing. Le moment venu, on pourra aller un peu plus loin.
Il a promis changer les choses en 6 mois. Jusque-là on n’a rien
Vous n’aurez aucun point. C’est un positionnement marketing. Ceux qui font la politique savent de quoi je parle. C’est un label qu’on vous montre pour que vous ayez la sensation du déjà connu, du déjà vu, du déjà entendu. Notre frère Lionel, je lui souhaite le meilleur. Mais, je lui dis de faire beaucoup attention parce que la vermine que j’avais vue autour, les reptiles que j’avais vus autour ne sont pas inoffensifs. Ils ont déjà fait des victimes. Ce sont eux qui ont transformé le président que nous avons plébiscité nous-mêmes en ce qu’il est aujourd’hui. Il ne veut plus entendre personne. Il a tourné dos à nous tous. Je peux citer 40 personnalités de ce pays qu’on a poussées dehors. Parce que c’était prémédité. Je vais citer à toutes fins utiles, le porte-parole du président à l’élection de 2006, Me Robert Dossou. C’est une grande personnalité, une grande figure pour notre pays. Vous savez pourquoi il s’est tu ? C’est parce qu’on l’a poussé à se taire.
Parce qu’il ne voulait pas de la révision de  la constitution ?
Ce n’est pas moi qui le dis. Vous savez pourquoi on a poussé le numéro 2 Mathurin Nago dehors ? Il n’a rien fait. Il a seulement parlé de principes. Vous savez comment on a poussé Kogui N’douro dehors ? Le président de l’Umpp qui a permis le KO, Laourou Grégoire ? On a pris la main de son enfant pour l’humilier. Un homme d’honneur, libre et de bonnes mœurs qu’on a traité d’une certaine manière. Je n’ai pas fini. Les membres de la Cellule de stratégies et de tactique (Cst) qui avaient présidé à l’élection du Président de la République. Je parle du professeur Théophile Nata. Vous connaissez son intelligence, sa placidité, cette grande sagesse. Vous avez encore entendu sa voix ? Le jeune impétueux plein de la vigueur André Dassoundo. Chabi Sika. Oh ! Nous l’appelons le politiquement correct, moi-même et beaucoup d’autres.
Ils sont tous où ?
C’est la question que vous devez vous poser. C’est pourquoi je crie aujourd’hui. Je suis le dernier de la grande lignée de ceux qui ont bâti le changement pour notre pays. Le Professeur Albert Tévoédjrè. Comment puis-je l’oublier.
 Il est, semble-t-il, toujours en bons termes avec le Président
Vous le voyez dans ces trucs-là ? Jamais ! Il est là, un peu diminué par sa blessure mais d’ici quelques jours, il s’adressera au peuple béninois. Je suis confiant qu’il nous dira de nous entendre, mais de défendre l’essentiel, c’est-à-dire le Bénin. Certains se sont trompés sur notre personne et pensaient que nous étions des lèches bottes et que quelques menaces pouvaient nous faire baisser les bras. Nous ne sommes pas des enfants.
Sous Yayi, il y a eu des milliards. Vous l’aviez pris aussi non ?
Jamais ! Ceux qui tremblent, c’est qu’ils ont des dossiers. Entre-temps, on leur a donné 10 Francs pour faire quelque chose et ils ont lapé. Cela les menace. C’est comme des bombes à fragmentation. Ils ne peuvent pas bouger. C’est cela qui fait la misère de ce que nous vivons, parce que beaucoup parmi les nôtres qui pourraient dire qu’ils ne sont pas d’accord sont menacés. On a voulu nous soumettre tous, mais on n’a pas pu parce qu’on a jamais pris 1 FCfa chez quelqu’un.
Lors du récent conseil, le Chef de l’Etat a dit qu’il n’y a pas de Lionel Zinsou  blanc et qu’il n’acceptera pas que ce pays soit remis entre les mains de la mafia
Le pouvoir corrompt. Le pouvoir absolu corrompt absolument. Il n’y aura aucun frein aux attentes du peuple béninois. La mafia, ce sont les grands mots pour avilir notre peuple. C’est le grand mépris pour le Bénin. Je suis médecin. J’ai psychanalysé pendant 10 ans un certain nombre de personnages qui tournent autour du pouvoir d’Etat. Cette haine, ce mépris pour ces compatriotes, est-ce que c’est normal ? Je ne participerai jamais à des messes noires. Le peuple béninois n’a jamais abdiqué. Le Président Mathieu Kérékou est décédé. Nous ne l’avons même pas encore enterré quand l’ignominie nous frappe. Qu’est-ce que nous avons dit ? Soyez très regardants sur les textes. Les dix candidats qui ont postulé, vous avez vu. On les a vitriolés.
Mais, il y a eu les primaires ?
Il n’y a jamais eu de primaires
Mais le coordonateur Eugène Azatassou l’a confirmé ?
Laissez Eugène Azatassou
Il a dit que vous êtes dans une logique de déstabilisation de l’Alliance
Si le ridicule pouvait tuer. Comment imaginer qu’un professeur de mathématique raisonne comme cela. La logique est mathématiques. Il n’a pas respecté les textes. On lui dit de les respecter et il dit que nous sommes indisciplinés. Je lui ai dit de nous expliquer si les articles sont respectés. Ils sont passés en force ce fameux vendredi noir.
Avez-vous reçu une invitation
Pas du tout ! Ceux qui ont fait la messe noire, le peuple béninois va les sanctionner.
On a noté quand même la présence de Komi Koutché ?
Oh ! Le jeune. Il pleure en silence.
Et François Abiola ?
Oh ! Mon très cher frère Abiola. Qu’est-ce qui lui arrive ?
Propos transcrits par Hospice Alladayè