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Ollénicolle
Ollé-Nicolle ne compte pas recommencer l’aventure en Afrique

Après l’abrogation de son arrêté de nomination par le ministère des Sports, le sélectionneur national, Didier Ollé-Nicolle, a dû saisir la Fifa afin de se libérer de ses engagements vis-à-vis de la Fédération béninoise de football (Fbf). Face aux médias, le technicien français confie avoir vécu au Bénin dans un contexte tendu entre le président de la Fbf et le ministre des Sports. Lisez plutôt…

« Ce qui s’est passé, c’est que le ministre des Sports (Ndlr : Safiou Affo) a décidé d’abroger l’arrêté concernant le versement de mon salaire. Beaucoup de monde en a déduit que j’étais limogé mais ça n’est pas le cas. Mon contrat, je l’ai signé avec la Fédération béninoise de football, pas avec le ministère. Après, la Fédération et le ministère avaient trouvé un accord pour que ça soit ce dernier qui prenne en charge mon salaire mais, ça, ce sont leurs histoires. Pour l’instant, je suis toujours sous contrat avec la Fédération. Les engagements qui avaient été pris concernant les conditions liées à mon contrat (maison, salaires…) ne sont toujours pas tenus un an après mon arrivée et il y a vraiment peu de chances que ça soit le cas car la Fédération n’a pas de moyens. Mon avocat a donc saisi le Fifa et, si rien n’est régularisé, mon contrat devrait être cassé et je serais libre. En fait, le président de la Fédération est aussi un homme politique et il fait partie de l’opposition au pouvoir actuel. Lui et le ministre des Sports sont donc un peu en guerre et, moi, je suis au milieu de tout ça. C’est un vrai sac de nœuds. Franchement, être sélectionneur en Afrique, c’est aussi intéressant que compliqué. Au niveau purement sportif, j’ai pris mon pied à travailler avec des jeunes au degré d’écoute bien au-dessus de la moyenne. Il y a des garçons qui ont une grosse envie de réussir et qui, du coup, n’hésitent pas à faire les efforts et à être rigoureux. Il y a des garçons de 18-19 ans que j’ai lancé en sélection et qui, pour moi, ont le potentiel pour évoluer en National ou en L2. Même si je ne devais plus être sélectionneur du Bénin, je ne les laisserais pas tomber. J’ai envie de les aider ».

L’expérience a usé sa patience et ses nerfs…

 « On perd beaucoup de temps à régler des problèmes d’organisation. Il faut parfois se battre pour avoir ne serait-ce que des maillots pour jouer les matchs. Il y a même une fois où, avant un match international, on a été sommé de sortir de nos chambres d’hôtel deux jours de suite en pleine nuit car les factures n’avaient pas été payées. Il a fallu négocier toute la nuit et, à cause de cela, les joueurs ont passé une nuit blanche… Tout ce qui touche à l’argent est compliqué… Cela m’a conforté dans l’idée que je suis un entraîneur et pas un sélectionneur. J’ai besoin d’être au cœur de la mêlée au quotidien. Pour mon prochain projet, j’ai envie de retrouver une équipe professionnelle et, si possible, une équipe française ».

 Epiphane Axel Bognanho (avec la collaboration de www.paris-normandie.fr)