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todjinouPascal Todjinou : « On a organisé l’évasion »

Pascal Todjinou : « On a organisé l’évasion »

« C’est une réaction de surprise parce que moi j’étais à Womey. Ce qu’on nous avait montré n’était pas le corps de Dangnivo. Donc, en réalité, on a simulé des choses pour aller mettre quelqu’un en prison et, par la suite, on s’est organisé pour le faire partir. C’est cela que je mets dans ce qui se passe là. Si jamais, l’intéressé est parti, cela veut dire que c’est organisé de main de maître. C’est dommage ! C’est vous dire que Dangnivo n’est pas mort. Il faut qu’on fasse tout possible pour le retrouver en tout cas, tôt ou tard. Dangnivo doit nous revenir. Un assassin de ce niveau-là, si c’était vrai, pourquoi Amoussou qui est en prison depuis 6 ans n’est pas sorti jusque-là. C’est la vérité. Je ne suis pas surpris de cette affaire. Je me suis dit qu’on l’a mis en prison, histoire d’organiser son évasion afin que cela puisse finir. Mais on va toujours évoquer le nom de Dangnivo et son nom est collé à un régime. Ce régime, tôt ou tard, doit pouvoir rendre compte au peuple béninois.

 Mais le dossier est en instruction. Le fait de dire ce que vous dites là ne gêne pas un peu le travail de la justice ?

Cela ne gêne en rien. Il y a beaucoup de dossier en instruction et pourtant, les gens marchent. Vous ne voyez pas ce qui se passe à Cos Lépi ? A partir de cet instant, cela ne me gêne pas du tout et ne doit gêner aucun magistrat de mon pays pour se prononcer. Et puis, s’il y avait urgence, depuis ce temps-là on aurait pu se prononcer dessus jusqu’à présent. Non, ce dossier est envoyé dans les placards pour se moquer de nous. Cela devrait effectivement relancer la lutte syndicale. Cela devrait même amener à l’unité d’action syndicale.

Cette situation pourra-t-elle relancer les luttes syndicales ?

Dès lors que nous venons d’avoir l’information, nous allons nous concerter et voir ce qu’on peut faire ensemble. Dans tous les cas, quelles que soient les divergences entre nous, la question de Dangnivo est toujours d’actualité pour nous tous quelle que soit l’appartenance syndicale. Parce que Dangnivo est une identité de lutte syndicale que nous ne pouvons pas perdre comme cela.

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Laurent Mètongnon :« Nous nous approchons de la vérité »

Laurent Mètongnon :« Nous nous approchons de la vérité »

« Je suis troublé et consterné. Consterné dans la mesure où le 17 août 2010, où notre camarade était porté disparu, nous nous sommes battus au ministère des Finances et de l’économie, ainsi que d’autres travailleurs des différentes confédérations. Et lorsque nous avions exigé que le chef de l’Etat mette tous les moyens à la disposition d’une commission pour retrouver Dangnivo, nous étions à mille lieux de croire qu’un jour, on allait exhumer un corps à Womey où un prétendu charlatan du nom de Codjo Alofa qui ne peut même pas transporter Dangnivo de la chambre qu’on nous avait montrée pour une inhumation. C’était déjà un fait suffisamment troublant qu’un charlatan enterre sa victime dans sa propre concession. Nous avions estimé que le corps qu’on nous avait montré à Womey, n’était pas celui de Pierre Urbain Dangnivo. La famille l’a contesté, ses collègues du ministère des Finances l’ont contesté. Quand bien même on nous a parlé d’un test d’Adn, nous avions contesté. Il faut dire que plusieurs fois, on nous avait annoncé que ce charlatan était mort à la prison. Nos enquêtes nous ont révélé qu’il était bel et bien vivant. Qu’on nous dise aujourd’hui qu’il s’est évadé de la prison la plus sécurisée au Bénin, pour ne pas dire en Afrique, il y a anguille sous roche. C’est la Cpi (Cour pénale internationale) qui a financé la construction de cette prison avec toutes les normes d’une prison sécurisée. Alofa, s’évader de cette prison me parait déjà quelque chose de suspect et de bizarre. La sécurisation de cette prison est telle que si un charlatan présumé assassin, (parce que lui-même l’aurait dit au moment des faits) ne pouvait s’évader. Lorsque j’ai écouté le Procureur général, il disait qu’il restait un témoin très important qu’on n’a pas encore pris. Nous avions dit que dans ce cas, il faut très vite retrouver ce témoin pour qu’on sache de quoi il s’agit. Si Alofa a commencé par bavarder en prison pour que le 3 février dernier, il s’évade, je crois qu’il revient à la sécurité de notre pays, au ministère de l’Intérieur, au président de la République et à tous ceux qui doivent pouvoir faire cette recherche de nous retrouver Alofa. Je pense que la Police doit être mise à contribution depuis que sa disparition a été annoncée. On doit nous retrouver Alofa, parce que ce serait alors en finir avec tout ce qui s’est passé au niveau de Dangnivo que nous sommes toujours en train de contester. Nous avons dit que tôt ou tard, la vérité triomphera. Je crois que nous sommes à cette étape de la vérité qui doit triompher. Il faut que la justice nous aide. Il faut que les forces de sécurité nous aident. Il faut que le chef de l’Etat lui-même nous aide, parce que les tests de l’Adn ont été contestés et c’est le seul témoin qui doit, devant la justice, nous dire que c’est lui qui a tué Dangnivo. Le procès n’a pas eu lieu. J’ai été écouté. Mais jusque-là, le greffier ou le juge qui m’a écouté ne m’a pas encore dit que le dossier est vidé. Nous nous approchons de la vérité. Tôt ou tard, nous saurons ce qui s’était passé ce 17 aout 2010 ».