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Faux-medicaments
Un mandat de dépôt a été décerné contre les grossistes de Atao impliqués dans l’affaire de faux médicaments

La lutte contre les faux médicaments n’épargne pas les responsables des structures officielles. Dans la soirée d’hier, mardi 20 février 2018, le Procureur de la République près le Tribunal de première instance de Cotonou a écouté les responsables de la Came, de l’Ubphar, de l’Ubipharm, de Promo Pharma et de la Gapob. Instants chauds d’audition au terme duquel, il a décerné un mandat de dépôt contre eux tous. Ils comparaissent ce jour au Tribunal de première instance de Cotonou. Le Directeur des pharmacies est également poursuivi.

S’approvisionnent-ils ou non chez Mohammed Atao Hinnouho? La vérité jaillira de l’une des salles d’audience du Tribunal de première instance de Cotonou ce jour. Les responsables des structures à qui la Nation a fait foi pour garantir la santé des populations justifieront chacun, leur niveau de complicité avec celui que l’on présente comme le faussaire en matière de vente de faux médicaments. Présentés au Procureur de la République dans la soirée d’hier, ils n’ont pas convaincu le magistrat. Les détails qu’ils apporteront ce jour au Juge de fond pourront sans doute permettre d’en savoir davantage. Comment en est-on arrivé-là ? En réalité, c’est le dossier Mohammed Atao Hinnouho qui a révélé de possibles soupçons de proximité et suscité une enquête judiciaire dans ce sens. Les informations reçues ont fondé la justice à étendre les investigations à ces responsables. A l’issue de l’enquête, et sur réquisition du Procureur de la République, les mis en cause ont été appelés pour être écoutés. L’exercice d’hier n’a pas été concluant et un mandat de dépôt a été décerné contre eux. Dans la foulée, deux collaborateurs du député Mohammed Atao Hinnouho dont l’un d’eux se dit délégué médical sont également poursuivis. Le motif de la détention est pratiquement le même. Il s’agit de la vente de médicaments falsifiés, de l’exposition, de la détention en vue de vente, de la mise en vente ou de la vente de substances médicamenteuses falsifiées ou toxiques. Le Directeur des pharmacies, des médicaments et des explorations diagnostic (Dpmed) est, pour sa part, poursuivi pour abus de fonction, car il est censé contrôler le marché et empêcher la commission de ces infractions. A travers leurs actes, les mis en cause enfreignent tous à l’article 32 de la loi sur la protection du consommateur en République du Bénin. Selon cet article : « Il est interdit à toute personne: de falsifier des denrées servant à l’alimentation humaine ou animale, des substances médicamenteuses, des boissons et des produits agricoles naturels ou transformés destinés à la vente ; d’exposer, de détenir en vue de la vente, de mettre en vente ou de vendre des denrées servant à l’alimentation humaine ou animale, des boissons et des produits agricoles naturels ou transformés qu’il aura falsifiés, corrompus ou rendus toxiques; d’exposer, de détenir en vue de la vente, de mettre en vente ou de vendre des substances médicamenteuses falsifiées, corrompues ou toxiques; d’exposer, de détenir en vue de la vente, de mettre en vente ou de vendre, connaissant leur destination, des produits, objets ou appareils propres à effectuer la falsification des denrées servant à l’alimentation humaine ou animale, des boissons ou des produits agricoles naturels ou transformés; de provoquer l’emploi des produits cités dans le présent article au moyen de brochures, circulaires, prospectus, affiches, annonces ou instructions quelconques ».

 Abdourhamane Touré