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cena 2019Conformément à son calendrier électoral, la Commission électorale nationale autonome (Céna) commence par réceptionner les dossiers de candidatures dans le cadre des législatives d’avril 2019, à partir du jeudi 21 février 2019. Mais au premier où, le siège de l’institution est encore semblable à un sanctuaire. Alors que la Céna est prête, les partis politiques traînent les pas.

Il ne règne pas un calme de cimetière à la Céna. Les occupants habituels que sont les Commissaires, les cadres et autres employés font des navettes dans l’enceinte de l’institution. Ils se croisent, s’arrêtent et échangent sur la réussite de l’opération de réception des dossiers de candidatures pour les législatives d’avril 2019. En dehors de ces mouvements propres à toute organisation interne, ceux qui y sont attendus prennent encore du temps avant de franchir le portail de la Céna. En somme, le siège de la Céna, jeudi 21 février 2019, est semblable à un sanctuaire que ne doivent violer des allogènes. En effet, aux alentours du siège de la Céna, on ne note rien d’inhabituel ou d’exceptionnel. Les parkings sont déserts à la direction du service de l’intendance de l’armée, la Devant de la Céna et à la sortie de secours. Aucun indice extérieur n’annonce un événement particulier à la Commission nationale autonome. A la guérite où sont postés des militaires chargés du filtrage à l’entrée, les occupants sont quelque peu désœuvrés. De temps à autre, ils soulèvent la barrière pour laisser entrer des véhicules Pickup estampillés Céna qui reviennent assurément de brèves missions dans la ville de Cotonou. Puis, plus rien d’autre. Les commissaires et les cadres de la Céna tournent les pouces. Ils jettent de temps à autre un regard furtif dans la cour à la vue des paparazzis, reconnaissables par leurs appareils de tournage, et de journalistes, dont l’attitude de quête d’informations ne trompe pas les habitués des médias.

 Une cour peu animée

 L’enceinte de la Céna est occupée par des véhicules des commissaires, des cadres et autres agents. Au beau milieu de la cour, est fixé un mât métallique au sommet duquel flotte le drapeau national à proximité d’un arbre hybride résultant probablement d’un greffage d’essence d’anacardier et de cola. Au nord-est de la cour se trouve un bâtiment décoré aux couleurs nationales. Un tapis rouge dressé pour la circonstance, conduit dans l’une des salles dudit bâtiment conditionnées à 18°C. A l’intérieur de la salle, des tables sont disposées en forme de « U » s’ouvrant sur un divan de couleur noire. Autour des tables, six cadres de la Céna sont disposés de manière à recevoir en face dans une position assise les mandataires des partis politiques pour l’enregistrement des dossiers de candidatures. Certains des accompagnateurs du mandataire installés dans le divan suivent le processus à l’intérieur de la salle. Le surplus est installé sur quelques chaises en plastique de couleur blanche disposées à l’entrée de la salle d’enregistrement des dossiers. En termes qualité et de niveau d’organisation, la Céna a fini de mettre les petits plats dans les grands et n’attend que ses hôtes pour réceptionner leurs dossiers et procéder à leur étude aussi bien sur la forme que dans le fond.

 Jean-Claude Kouagou

Les explications de la Vice-présidente de la Céna, Géneviève Boco Nadjo

«Nous sommes en train de mettre en œuvre de manière inexorable notre calendrier. Dans ce calendrier, il était prescrit que du 21 au 26 février 2019, nous allons recevoir les dossiers de déclaration de candidatures. Depuis ce matin, nous sommes en place. Le dispositif est installé. Il y a le nécessaire pour recevoir les mandataires qui viendront ou qui doivent commencer par venir. Nous les attendions. Nos cadres sont déjà installés avec tout le matériel qu’il faut pour recevoir les dossiers de déclaration de candidatures. Concrètement, nous avons prévu deux phases dans cette opération. Dans un premier temps, nous aurons la phase d’enregistrement des dossiers de déclarations de candidatures. Dès lors que le mandataire arrive et franchit la porte de la Céna, que nous appelons porte de non-retour, il y a une équipe censée le recevoir. Cette équipe enregistre le dossier de déclaration de candidatures en vérifiant la complétude des pièces. Immédiatement, tel que prescrit par la loi, il lui sera délivré un récépissé provisoire de dépôt de dossiers de déclaration de candidatures. A l’issue de  cette opération d’enregistrement des dossiers de candidatures, on passe à la deuxième phase qui consistera à examiner, au fond, la recevabilité de ces dossiers et la vérification de l’éligibilité des différents candidats qui seront proposés aux élections législatives d’avril 2019. C’est à l’issue de cet examen au fond qu’il sera délivré, soit un récépissé définitif qui est en quelque sorte le quitus qui permettra aux candidats de se présenter aux élections législatives du 28 avril 2019, soit il leur sera délivré un document intitulé « document de rejet d’enregistrement». C’est une décision motivée de la Céna qui est susceptible de recours devant la Cour constitutionnelle. Celui qui est concerné par cette décision de rejet d’enregistrement a la possibilité de saisir la Cour dans un délai de 48 heures. Il reviendra à la Cour constitutionnelle au bout de huit jours  de donner sa décision soit pour confirmer la décision prise par la Céna soit pour l’infirmer. Dans le dernier cas, nous allons le prendre en compte».

 Propos recueillis par A T

Le point de la première journée avec le commissaire Adam Soulé

«Dans la matinée, nous étions prêts. Tout le dispositif a été mis en place. Nos agents chargés de faire la première réception des documents et des premières vérifications se sont installés et aucun parti ne s’est présenté. Je voudrais leur rappeler que, conformément au Code électoral et au calendrier publié, ils ont jusqu’au 26 février 2019 pour déposer leurs déclarations de candidatures aux élections législatives. Par ailleurs, nous voudrions leur rappeler que l’article 46 du Code électoral a prévu des dispositions qui sont un peu contraignantes. Il faut qu’ils  s’assurent que leurs dossiers sont en nombre et contiennent toutes les pièces prévues par la loi avant de les apporter à la Céna, parce que le dernier alinéa de l’article 46 dispose qu’il n’y aura ni ajout ni modification, sauf en cas de décès d’un candidat. Chaque parti est invité à prendre ses responsabilités. De notre côté, nous sommes également prêts pour que dès qu’un dossier arrive, que nous commencions par l’étudier d’autant plus que le Code électoral nous donne huit jours pour les étudier. C’est après cela que nous allons faire connaître notre décision. Celle-ci, c’est le récépissé provisoire qu’on va délivrer aux partis et qui leur permet d’aller à la seconde étape d’étude de fond du dossier. Si c’est un rejet, il faut aller au contentieux avec la Cour constitutionnelle. Voilà ce que je peux dire pour le premier jour. Nous espérons toujours. Nous attendons que les mandataires des partis arrivent. Nos équipes sont en place du 21 au 26, y compris le samedi et le dimanche. Donc, nous sommes tous de permanence. Donc, tout le week-end, nous sommes là attendant les partis politiques qui vont apporter leurs déclarations de candidatures pour les législatives du 28 avril 2019. Nous sommes là de façon continue. Nous avons prévu anticiper en disant que le dernier jour c’est-à-dire le 26 février 2019, nous allons travailler toute la nuit. Par ailleurs, nous rappelons à tous les candidats que le dernier jour à minuit, le portail de la Céna sera fermé. S’ils viennent avant cela, ils seront les bienvenus».

Propos recueillis par Angèle Toboula