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Un début de haut attendu à l’Assemblée

Quelle que soit l’issue que donneront les députés au projet de loi portant révision de la Constitution du 11 décembre 1990, il est illusoire de croire que les camps révisionnistes et antirévisionnistes se feront du cadeau.

Les derniers développements de l’actualité politique nationale présagent d’un scénario  très agité au Parlement  ce mardi 04 avril, dans le cadre de la plénière qui devra statuer sur la recevabilité ou non du rapport de la Commission des lois au sujet du projet de loi portant  ré-vision de la Constitution. Les travaux prévus à cet effet pour avoir lieu, dans un premier temps, hier lundi 03 avril 2017, ont été reportés de 24 heures. Un changement de dernière heure décidé par la Conférence des présidents, sans doute pour permettre aux membres de la Commission présidée par le Magistrat Alexis Agbélessessi, de présenter un rapport exempt de reproche ou tout au moins, qui rencontrera l’adhésion de la majorité des ¾  des députés. Une chose est certaine, au cours des débats généraux qui précéderont le vote, les différentes ten-dances vont s’objecter, chacune avec des arguments solides pour dé-fendre sa position. Déjà avec moult arguments, les deux camps s’évertuent à faire passer leurs opinions loin de l’Assemblée nationale. Ainsi donc, les acteurs n’ont pas attendu que le débat de haut vol se déroule au Parlement avant de commencer par ouvrir les hostilités, un peu partout dans le pays. Depuis le 15 mars où le projet de loi a été transmis à l’Assemblée nationale, le débat ne cesse de gagner dans les différentes instances des partis politiques, des syndicats. Il a lieu dans la rue, les services et même dans les Chancelleries étrangères au Bénin. En dehors de la tournée d’explication des députés dans leurs circonscriptions respectives, on assiste à un matraquage politique organisé tant par le gouvernement et ses soutiens  pour expliquer le bien-fondé  des réformes constitutionnelles, que le camp d’en face, avec l’omniprésence des hommes de droit et des politiques qui protestent par tous les moyens contre le projet.  En plus des débats de fond aux-quels ils se livrent, les antirévisionnistes organisent des manifestations de protestation  dans les rues de Cotonou et de Porto-Novo. En tête de cortège, les responsables du Parti communiste du Bénin et leurs alliés syndicalistes, d’autres leaders politiques. On a aussi vu dans les rues, les magistrats en robe noire, protester pour dire non aux réformes constitutionnelles. Puis, depuis quelques jours, le Front sursaut patriotique est à la recherche de soutiens. Il se rend chez des figures importantes de la politique béninoise, notamment le Professeur Albert Tévoédjrè, les anciens présidents de la République, Yayi Boni et Nicéphore Soglo. De toutes ces manœuvres entreprises pour barrer la route à la révision, il y a une qui fait  plus effet et suscite de sérieuses inter-rogations. C’est la position de l’ex-ministre de la défense, Candide Azannaï, jusqu’alors, considéré comme, un metteur en scène du Nou-veau départ. Son remplaçant à l’Assemblée nationale, Guy Mitokpè n’est pas allé par quatre chemins pour exiger le retrait du projet de l’Assemblée. Mais la suite à donner viendra des députés, qui feront le débat ce jour. Au regard de la mobilisation observée dans le pays, soit pour approuver le projet, soit pour demander son retrait, il y a lieu de prévoir une chaude ambiance lors des débats généraux. Face à tout ce-ci, le silence assourdissant du chef de l’Etat, et l’accueil réservé par les populations à leurs élus, laissent transparaître en filigrane, une issue favorable à l’initiative gouvernementale.                  
 FN 
Le 1er rapport soumis au vote ce jour
C’est un secret de polichinelle que la plénière qui s’ouvre ce jour mardi 04 avril 2017 au Palais des gouverneurs va décider de la poursuite ou non du dossier qui fait couler beaucoup d’encre et de salive, ces derniers jours. Il s’agit du dossier relatif au projet de révision de la Constitution qui est sur la table du Président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji. Inexo-rablement, l’examen de la question suit son cours, après que la conférence des présidents ait convoqué la plénière qui va statuer sur la recevabilité ou non dudit projet. Tous les regards sont donc tournés vers le Palais des gouverneurs où, dans l’hémicycle, un premier vote favorable ou non va avoir lieu après les débats généraux sur le premier rapport produit par la commis-sion des lois dirigée par le député Alexis Agbélessessi. A l’issue du vote des élus du peuple, si les ¾ requis par l’article 154 sont obtenus, le président de l’Assemblée nationale pourra renvoyer la commission au travail. 
 Martin Aïhonnou
(Coll)