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coton-2Dans le cadre de l’atelier  portant sur le  bilan et la planification des activités de la recherche cotonnière sur les quatre dernières campagnes qui se tient à Dassa-Zoumè depuis mercredi 19 avril 2017, les invités de l’Association interprofessionnelle de coton (Aic) ont eu droit à plusieurs communications qui ont mis en exergue les résultats du travail des experts du Centre de recherches agricoles coton et fibres (Cra-Cf) de l’Institut national des recherches agricoles du Bénin (Inrab).
Des résultats de recherches effectuées par les chercheurs du  Centre de recherches agricoles coton et fibres (Cra-Cf) de l’Institut national des recherches agricoles du Bénin (Inrab) augurent un lendemain meilleur pour l’or blanc au Bénin. A Dassa-Zoumè, l’Association interprofessionnelle du coton (Aic)  a donné l’occasion  aux différents acteurs de la filière coton d’apprécier quelques-uns de ces résultats à travers quatre thématiques. Parmi elles, celle relative aux acquis et  perspectives des méthodes de lutte contre Helicoverpa armigera et autres ravageurs a le plus retenu l’attention des participants. De l’exposé de Gustave Bonni, chercheur au Cra-Cf de l’Inrab, on retient  que 500 ravageurs ont été identifiés sur le coton en Afrique. Parmi eux, on retrouve au Bénin un certain nombre repartis  en trois zones phytosanitaires au  plan national. Il s’agit  par exemple de l’Earias, Lactus, Crypto, Cétoine, de Helicoverpaarmigera, le plus redoutable des ravageurs et bien d’autres.  La  lutte contre ces ravageurs, a précisé   Gustave Bonni, se fait suivant  deux différentes méthodes. Il s’agit de la lutte chimique et la lutte intégrée. La lutte chimique est celle qui a recours au traitement du cotonnier avec les produits chimiques dont les plus usuels sont  Endosulfan et Tihan.  Malgré leurs efficacités, les recherches ont révéléqu’ils ne suffisent pas pour venir à bout de certains ravageurs qui de plus en plus développent des résistances et deviennent redoutables pour le cotonnier. D’où la nécessité d’associer à la lutte chimique, la lutte intégrée. Celle-ci prend en compte plusieurs pratiques culturales telles que  le labour profond, la  rotation des cultures, le bouclage des semis en 15 jours maximum. Il faut  éviter également  les semis denses ou serrés et éviter de faire le tournesol dans les champs de coton. Faire des récoltes tôt ou  faire plusieurs récoltes, cela suppose qu’on n’attende pas que toutes les capsules s’éclatent avant de commencer par récolter. Ces méthodes culturales sont recommandées parce qu’elles  ne facilitent pas la vie  aux ravageurs.
 Le traitement sur seuil, une technique efficace mais coûteuse
 Dans l’optique  d’améliorer le rendement de l’or blanc et permettre aux cotonculteurs de vivre de leur labeur, les  chercheurs  ont  expérimenté le traitement sur seuil.  C’est-à-dire traiter au fur et à mesure que les menaces apparaissent contrairement au traitement calendaire qui fixe un intervalle régulier entre les six traitements recommandés. Des différentes  interventions, on comprend aisément  que les ravageurs constituent un casse-tête chinois pour  les producteurs.  A en croire  Tamou Ganibarou, président de l’Association nationale des producteurs de coton, la période du traitement du coton est la plus éprouvante pour  le producteur.   « Sa conduite en ce moment précis détermine l’avenir de sa production.  S’il s’y prend mal, tout son effort est voué à l’échec», a-t-il déclaré. Il a précisé que  les résultats  issus de l’expérimentation effectuée par certains producteurs sur le terrain par rapport au  traitement sur seuil ont montré que cette pratique, même si elle est efficace pour lutter contre la résistance des ravageurs, revient tout de même  encore plus chère aux producteurs. D’après les explications de Tamou Ganibarou, au lieu de 6 traitements pour les autres insecticides, il faut faire 10 voire 12 traitements  si l’on est dans le cas du traitement sur seuil. D’autres participants ont proposé qu’en plus  des deux approches,  la  recherche s’inspire aussi des connaissances endogènes séculaires que les producteurs utilisaient pour combattre à leur manière les ravageurs. De ces connaissances endogènes,  ont-ils souligné, on  pourrait éditer des technologies de lutte efficace contre ces ravageurs résistants. Mais une fois des technologies trouvées, elles doivent être bien vulgarisées. 
 
Zéphirin Toasségnitché
(Br Zou-Collines)