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yayi-azannaiLa conférence de presse qui devrait annoncer l’idylle naissante entre Candide Azannaï et Yayi Boni a été très expéditive, hier lundi 17 septembre 2018. Réunis dans un hôtel de Cotonou, Valentin Agossou Djènontin et ceux qui l’entouraient  n’ont pris qu’à peine 5mn pour finir leur besogne et vider les lieux. N’est-ce pas un mauvais présage ?

Depuis son départ du gouvernement Talon, Candide Azannaï, on se doutait bien, recherche un point de chute. Or,  pour avoir guerroyé fort contre le régime de Yayi, le célèbre « philosophe de Jonquet » ne devrait, en principe, plus pactiser avec le diable. Sauf, qu’en politique il faut s’attendre à tout, si possible, au croisement de deux lignes parallèles. Le cas Azannaï, du moins si le rapprochement annoncé arrivait à se faire, serait pathétique, et à la limite une tragi-comédie à plus d’un titre. En effet, malgré ses extravagances, l’homme continue de jouir d’une certaine aura auprès de la jeunesse de Cotonou et environs. Le bagout et le charisme du député de la 16ème circonscription électorale ne peuvent pas être remis en cause. Il aurait pu, de ce fait,  être un modèle en politique. Malheureusement. Une fois de plus, il manquera de lucidité. Lundi 17 septembre 2018, comme une trainée de poudre, la nouvelle a  envahi les réseaux sociaux. A grand renfort médiatique, un comité de médiation a donné rendez-vous à la presse. Lors de ce point de presse aussi court qu’expéditif,  le jeune député-rejeton de Candide Azannaï, Guy Mitokpè, a fait piètre figure.  A ses côtés, Valentin Djènontin, ex-ministre de Yayi, était tout aussi perdu. Il semblait embarrassé et peu convaincu. Il n’y a donc rien d’essentiel à se mettre sous la dent : un comité est à pied d’œuvre pour rapprocher l’ex-chef d’Etat, et son ministre. Juste pour ça, il a fallu ameuter une foule, et faire du raffut. Oui, le monde du « yayisme », nous l’avons expérimenté 10 années durant, n’est que de l’impréparation, de la « foutaise », de la précipitation et de l’improvisation permanente. Mais apparemment, entre l’ancien chef de l’Etat et le philosophe de Jonquet, quelqu’un tient à être au-devant des médias. Connaissant le caractère teigneux de Candide Azannaï, ça ne peut pas être lui. La réponse est donc tout trouvée. Mais au fond, la question n’est pas là. Elle est ailleurs, et peut tarauder plusieurs esprits. Les observateurs de l’évolution de l’actualité politique béninoise, doivent s’interroger sur les motivations du tacite rapprochement annoncé entre les deux personnages.

 Inconstances

 Car, si Candide Azannaï, malgré son expérience politique, après tant d’années dans la politique et dans les rouages du pouvoir, n’a rien trouvé de mieux que nous ramener en arrière, dans le monde des nombreux « éléphants blancs non encore élucidés », c’est qu’il y a un sérieux problème. Soit, il est à court d’idées, soit il est politiquement fini ou limité. A moins que ce ne soit l’homme d’affaires Sébastien Ajavon qui soit à l’origine de cette initiative plutôt moribonde pour se venger de Patrice Talon. Car, sauf à si méprendre, Candide  Azannaï, après avoir été jeté par Yayi, qu’il a servi, doit être meurtri dans l’âme d’avoir connu ce personnage pittoresque et « fantomatique ». Peut-être que candide Azannaï est masochiste, ou aphasique ? Du moins, même si en politique il faut s’attendre à tout, et même à l’invraisemblable, un possible rapprochement entre les deux, serait le degré zéro de la politique. Il faut être tombé bien bas, pour avoir quitté les Soglo, Yayi pour rejoindre Patrice Talon, retourner à nouveau sans vergogne et sans crier gare, à la « rivière », et à Yayi. Il ne resterait plus aucune crédibilité à notre fameux philosophe-politique

 Jean-Paul Mahougnon