Spread the love

erick-n'daLes enseignants vacataires du secondaire sont affolés. Ils craignent d’être poussés dans le dos hors des établissements publics par les nouveaux volontaires recrutés par le gouvernement. Ces enseignants vacataires se braquent mais l’Office béninois des services de volontariat des jeunes (Obsvj) affirme qu’il n’en est point question. La mesure, selon un responsable de cette structure, n’a nullement pour but de chasser les vacataires, mais de combler le gap.

Les nouveaux volontaires recrutés par le gouvernement annoncent déjà leur venue. La plupart déposent déjà leurs dossiers auprès des directeurs chez lesquels ils sont affectés. La menace est grande et les enseignants vacataires commencent par avoir froid dans le dos. Pour certains enseignants rencontrés, ces jeunes devront discuter leur place. Selon eux, ils ont réglementairement droit à 18 heures, un peu comme les titulaires, alors qu’eux, enseignants vacataires, ont droit qu’à 9 heures. Le jeu, selon eux, est donc simple. Un volontaire qui entre équivaut à deux vacataires qui seront d’office remerciés. Dans certains collèges, les choses vont déjà très vite. Selon Jules Gahounga, enseignant au Collège d’enseignement général Océan, la situation est désastreuse. « Ces volontaires lorsqu’ils vont venir seront considérés comme des permanents. Certains doivent prendre 16 ou 18 heures de cours. Mais, avec ces 18 heures de cours, il faut renvoyer au moins 3 vacataires. Encore, on a remarqué que ces volontaires n’ont pas les diplômes professionnels. Ces vacataires qu’on veut remercier aujourd’hui ont la main », a-t-il déclaré. Dans ce collège, ils sont 21 volontaires déployés, mais 6 se sont effectivement présentés. A ces six, il a été délivrés, les certificats de prise de service. Le Directeur du collège, Adrien Midogni, a salué l’initiative, mais manifeste son empressement de découvrir la contribution de ces enseignants, une fois à l’œuvre. Certains directeurs ont affirmé que dans le lot des enseignants déployés sur le terrain, certains n’ont pas les diplômes professionnels requis. Ont-ils l’expérience ? Beaucoup de directeurs d’écoles, par rapport à cette question, attendent de les apprécier à la reprise des cours en janvier 2015. « Nous ne les avons pas encore expérimenté. On attend de leur donner l’emploi du temps pour savoir, au vu de ce qu’on nous a envoyé, la contribution qu’ils pourront apporter. Mais, sur papier, ceux qui me sont pas envoyés ont le Capes et le Bapes. A priori, si on doit s’en tenir à leur diplôme, ils doivent pourvoir s’en sortir parce que ceux qui ont ces diplômes ont quand même le minimum », a déclaré le Directeur d’un collège public.

Aucun vacataire ne sera chassé

 L’Office béninois des services de volontariat des jeunes balaie du revers de main la crainte des enseignants vacataires. Pour une autorité de la structure qui a requis l’anonymat, l’Office n’a nullement pour objectif de chasser les vacataires. Il trouve tout de même contradictoire qu’on veuille combler un manque en chassant encore des gens. Pour lui, les volontaires seront là justes pour un an renouvelable une fois et devront répondre au besoin noté sur le terrain. Ils sont donc placés sous la direction des responsables des collèges et devront travailler en étroite collaboration avec tout le corps enseignant à savoir les titulaires, les vacataires et les contractuels. « Aucun vacataire ne sera renvoyé. Notre objectif n’est nullement de faire remplacer quelqu’un. Ils seront maintenus », a-t-il fait savoir. L’Office, affirme-t-il, se limite juste à envoyer l’effectif au niveau du Ministère qui se charge de répartir les enseignants. « Nous recevons les besoins et nous nous chargeons d’envoyer les volontaires. Nous avons déployé 2700 volontaires. Sur les 2700, 1000 sont allés au niveau de l’enseignement secondaire et 500 dans l’enseignement primaire. Une fois que l’effectif demandé est envoyé, notre mission s’arrête. Le Ministère prend le relais et les met à la disposition des directeurs de collèges. Maintenant, est-ce que ceux-ci ont les qualifications requises ? Nous avions envoyé les dossiers. S’il est constaté que l’individu ne possède ce qu’il a présenté, il doit être systématiquement sorti du lot. On ne force personne de les maintenir », a-t-il déclaré.

 Noel Chadaré : « On a péché dans la mise en œuvre »

 « La décision de mettre des volontaires à la disposition des collèges est une bonne chose. Malheureusement dans la réalisation de ce projet bien inspiré que nous apprécions qui peut régler quelque peu la pénurie chronique des enseignants, on a péché parce qu’on n’a pas consulté les partenaires. A la commission nationale de négociation, nous avions dit dans quelle mesure on pourrait sédentariser les vacataires parce que le système y gagnerait. Le gouvernement a fait cavalier seul en agissant ainsi. La conséquence est que nous avons des gens qui n’ont aucune expérience. Or le système éducatif aujourd’hui c’est l’approche par compétence. On devrait profiter de l’expérience capitalisée par les vacataires. Cela devrait se faire en étroite collaboration avec les syndicats pour voir quelle serait l’approche qui serait judicieuse. Là maintenant, ce sont des gens qui viennent sans aucune notion de l’Apc (Approche par compétence) et on leur donne des classes. Ils vont bégayer pendant un temps et les vacataires qui ont déjà l’expérience, on va peut être les laisser. Cela impactera négativement ».

 Hospice Alladayè