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La gouvernance du pdt rwandais, Paul Kagamé doit inspirer Patrice Talon

Il n’est pas parfait, mais le modèle de gouvernance du Rwanda séduit. Le Bénin ne perdra pas beaucoup à s’inspirer des aspects positifs de cette forme de gestion du pouvoir qui allie fermeté et gratitude.

Il est souvent taxé de dictateur, mais les Rwandais le réclament pour des années encore. S’il faudra admettre que le meilleur indicateur de gouvernance reste le peuple, Paul Kagamé, en dépit de sa fermeté, aura réussi le pari. Pour nourrir, la démocratie a de plus en plus besoin de fermeté, d’ordre et de reddition. Le Rwanda l’a compris. Le Bénin ne perdra rien à lui emboiter le pas. Sur le plan de la reddition, le pays de Paul Kagamé a connu une avancée notable. Pour Innocent M, ressortissant rwandais et membre de la société civile, le salaire du président de la République et le budget général de l’Etat sont connus du dernier Rwandais. « Demandez au dernier Rwandais, il vous dira le salaire du Président de la République et des ministres. Tout le monde connaît. A chaque vote de budget, le document est multiplié et distribué à tout le monde. Le dernier citoyen le reçoit », a-t-il déclaré. Toujours sur le plan de la reddition, affirme le citoyen rwandais, le Président a un droit de regard sur la gestion de tous les ministres, directeurs généraux et autorités communales et locales. «  Chaque année, le Président reçoit tout ce beau monde. Chacun dit ce qu’il a fait et ce qu’il entend faire. Si en cours d’exercice, on découvre qu’il ne fait pas ce qu’il a promis, il est relevé. Il peut être emprisonné selon le cas », a-t-il déclaré. Toujours dans le même ordre d’idées, ajoute Innocent, la décentralisation est axée sur les besoins réelles de la communauté. « Au Rwanda, c’est la population qui dit au Maire ses besoins au cours d’une séance publique. C’est sur la base de ces désidératas que l’autorité élabore sa feuille de route qu’il présente au Président de la République. S’il ne le fait pas, le pouvoir est donné à la population de le dénoncer. Le Président une fois saisi des plaintes de la population, ‘’s’occupe’’ de cet élu local défaillant », a-t-il déclaré. Sur le terrain de la compétence, la nomination des cadres de l’administration est subordonnée à un contrat de performance. « Ce n’est pas sur la base de votre diplôme ou de votre parcours que le président Kagamé nomme. Il nomme sur la base d’un contrat de performance. Le Ministre qui vient doit dire clairement ce qu’il est capable de faire et le délai dans lequel il le fait. Si en cours d’exercice, on découvre qu’il est paresseux, on lui applique la sanction. S’il commet l’erreur de détourner, il sait ce qui l’attend », a-t-il déclaré. La question de droit à l’information est aussi abordée par le natif du Rwanda. «  Le citoyen a un droit de regard sur la manière dont sa commune et son pays sont gérés. La rétention de l’information est punie. Dans le bureau de l’autorité, qu’il soit ministre ou non, il est affiché son nom, son titre, son contact et le contact qu’il faut appeler en cas d’insatisfaction. Il n’est pas rare de voir une autorité arrêtée et jetée en prison sur la base d’une simple plainte de citoyen», a-t-il déclaré. Sur le plan de la justice, Innocent affirme l’efficacité des tribunaux de conciliation au Rwanda. « Dans chaque commune et cellule, existe des tribunaux de conciliation.  C’est le premier niveau de règlement de conflit. Aucun tribunal formel n’accepte de dossier s’il n’est revêtu du certificat d’incompétence d’un tribunal de conciliation », a-t-il fait savoir. L’autre rendez-vous de reddition, c’est la séance d’échanges annuelle que tient le Président de la République avec les populations.  « Chaque début d’année, le Président parcourt plusieurs communes et échange avec les populations sur leurs problèmes. Ça peut être une maison du peuple ou un stade », a-t-il déclaré.

Hospice Alladayè